‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 244 sur 676 · I. Symptômes · texte numérisé non relu

I. Symptômes

A. Début.

Le plus souvent il est insidieux.

a) Soit qu'une infiltration sanguine considérable voile les symptômes de la communication.

b) Soit que cette communication artérioso-veineuse ne se manifeste qu'à la longue (quatre ans dans un cas de Roux), en vertu d'un mécanisme encore controversé :

Etroitesse et défaut de parallélisme des plaies des deux vaisseaux (Richet).

Déplacement d'un caillot ayante au début, oblitéré l'artère (Follin et Duplay).

Quoi qu'il en soit, au bout d'un temps variable après un traumatisme (c'est celte cause, la plus fréquente, que nous avons surtout en vue dans notre description), l'anévrysme artérioso-veineux se trouve constitué et l'on constate l'ensemble des signes et phénomènes suivants :

ANÉVRYSMES ARTÉRIOSO-VE INE UX 2363

B. PÉRIODE d'anÉVRYSME CONSTITUÉ.

^j. Signes PHYSIQUES.

a) Inspection.

Au voisinage d'une cicatrice faite à la peau, en un point où le malade assure avoir subi un traumatisme, on voit une tumeur dont le volume varie de celui d'une noisette à celui d'un œuf.

b) Palpation.

a. Elle est molle, fluctuante, à parois peu résistantes, réductible par une compression modérée.

j3. Elle est pulsatile et présente des battements isochrones à la systole artérielle.

Elle est de plus frémissante. Le doigt appuyé légèrement sur la tumeur, surtout au niveau de l'orifice de communication, perçoit un frémissement particulier (thrill), continu, avec renforcement au moment de la systole ventriculaire. Le doigt appliqué fortement au point de frémissement maximum, correspondant à l'ouverture de l'artère, supprime les vibrations et fait presque entièrement disparaître la tumeur.

Ce frémissement est perceptible sur une étendue vasculaire plus ou moins grande. Quelquefois sur tout un membre. Il se propage moins sur les veines que sur les artères.

y. Par la compression des vaisseaux du voisinage, elle subit des modifications remarquables.

1. La compression de l'artère entre le cœur et la tumeur où l'élévation du membre la fait s'afïaisser et en diminue les pulsations.

2. La compression de la veine entre le cœur et la tumeur ou la déclivité du membre la fait se gonfler et renforce le frémissement.

Les efforts de toux procurent aux anévrysmes artério-veineux des membres infé-

rieurs un accroissement de volume assez considérable, par suite de la compression qu'ils exercent sur la veine cave inférieure par l'intermédiaire du diaphragme et des viscères abdominaux.

c) Auscultation.

Le stéthoscope appliqué sur la tumeur permet de percevoir :

a. Un souffle présentant les caractères suivants :

1. Il est isochrone au frémissement et relève de la même cause, savoir : le passage du sang à travers une ouverture de petit diamètre et la vibration consécutive.

2. Il est continu avec renforcement au moment de la systole cardiaque, comme le cours du sang lui-même dans les artères (continu avec maximum de vitesse au moment de la systole).

Le frémissement présente le même caractère.

3. Il est souvent intense et peut être entendu parfois fort loin de son foyer d'origine^ suivant la direction des vaisseaux. Dans un cas de Henry (anévrysme de la fémorale) il s'entendait de la plante des pieds au sommet de la tête, propagé probablement par les os. Au cou, il rend souvent tout sommeil impossible.

D'ordinaire il diminue assez rapidement à partir de son foyer d'origine pour n'être plus entendu qu'au moment de la systole cardiaque.

4. Son timbre est variable comparé par les observateurs au bruit du rouet, au bourdonnement de Tabeille, à l'ébuUition de l'eau, au bruit d'émission répété de la lettre r, etc. Quoi qu'il en soit, frémissement et souffle sont absolument équivalents et symptomatiques du passage continu avec renforcement du sang à travers un orifice membraneux étroit.

ANEVRYSMES ARTÉ RIOSO- VEINEUX 2365

d) Troubles de voisinage.

En examinant la région malade on constate en dehors de la tumeur un certain nombre de particularités intéressantes :

a. Les veines voisines sont souvent dilatées, épaissies, flexueuses, variqueuses enfin. Ces varicosités sont la conséquence de l'intensité anormale de l'impulsion du jet artériel vers le bout cardiaque de la veine et de la stase du sang veineux. Ces varices occupent le plus souvent tout le plan veineux du vaisseau lésé.

p. Dans les artères on constate quelquefois de l'affaiblissement du pouls au-dessous de l'anévrysrae et exceptionnellement une notable dilatation et un allongement flexueux du vaisseau au-dessus.

Y. Les troubles trophiques sont, on le conçoit, fréquents, avec une irrigation sanguine isi modifiée. On peut observer une coloration bleuâtre de la peau, de la sclérose du tissu cellulaire, des ulcérations et quelquefois une hypertrophie totale du membre atteint qui est augmenté de longueur et de volume.

Bç^. Troubles fonctionnels.

Le malade présente :

d) Des troubles de la sensibilité.

Engourdissement surtout de l'extrémité des membres augmentant par la marche ou la position déclive ;

Crampes, douleurs irradiées sur le trajet des nerfs.

La sensibilité objective, thermique en particulier, peut être pervertie ;

b) Des troubles de la motililé.

Sous forme de faiblesse musculaire notable ou de claudication continue ou intermittente ;

c) Des troubles divers en rapport avec la compression des organes voisins, compression du

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récurrent, du larynx, de l'œsophage dans les anévrysmes du cou.

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