II. Signes et diagnostic
A. La tumeur appartient-elle aux ganglions lymphatiques ?
a) Les éléments de ce diag?2ostic anatomique seront tirés :
a. Du siège de la tumeur : dans une région ganglionnaire (région sous-maxillaire, sus-claviculaire, carotidienne, sus-sterno-mastoïdienne) ;
p. De sa forme marronnée, arrondie, comparable à un haricot, à une dragée roulant sous le doigt, si un ganglion est seul pris, ou si les ganglions restent isolés, comparable à une grappe de raisin si plusieurs ganglions sont agglomérés ;
Y. De l'existence parfois constatée de ganglions
ADENITES CERVICALES 2385
engorgés en d'autres parties du corps (aine, aisselle, etc.).
On appréciera les limites de la tumeur, sa mobilité, ses adhérences, ce qui permettra d'affirmer l'existence ou l'absence de péri-adénite concomitante.
h) Le diagnostic d'adénite ne devra être posé
qu'après qu'on aura élimmé avec soin suivant les cas :
. Les lipomes : mous, indolores, lobules, à
évolution lente, rares d'ailleurs dans les régions
ganglionnaires ;
p. Les pseudo-lipomes sus-claviculaires des rhumatisants, des diabétiques et des nerveux sont constitués par un œdème facilement appréciable du tissu cellulaire sous-cutané ;
Y- Les gom77ies intra-miisculaires du sternomastoïdien participent aux mouvements de ce muscle ;
2. Les kystes du cou séreux, congénitaux ou dermoïdes, sont caractérisés par leur siège, leur fluctuation, leurs rapports avec les autres organes de la région cervicale.
£. Les ahcès par congestion s'accompagnent de déformation, de douleur et d'impotence de la colonne cervicale, de contraction des muscles de la nuque. L'abcès est pédicule et quelquefois réductible.
l. Les anévrysmes des vaisseaux du cou sont animés de battements expansifs, des souffles sont facilement constatables, la tumeur est réductible, il y a modification des pulsations artérielles audessus de la tumeur. Ce diagnostic doit être fait avec soin, surtout dans la région carotidienne où les ganglions peuvent adhérer aux vaisseaux et subir l'impulsion des battements des artères.
Tj. Les tumeurs du corps thyroïde ont un siège spécial, leur forme rappelle souvent le corps thyroïde ou un de ses lobes; elles suivent les mouvements du larynx (il est vrai de dire qu'il en est de même de quelques adénites adhérentes à cet
organe). Le diagnostic différentiel est surtout difficile quand il s'agit d'une affection des thyroïdes accessoires (V. Tumeurs du corps thyroïde).
B. Quels sont la nature, l'origine et le uegré de l'adénite?
Bj. Adénites aiguës inflammatoires .
a) Elles s'accusent par la présence, dans les régions ganglionnaires, de tumeurs ovoïdes, mobiles sous le doigt, douloureuses à la pression. La douleur devient chaque jour plus vive, en même temps que le processus inflammatoire se propageant aux tissus péri-ganglionnaires, la mobilité diminue ou disparaît. La peau envahie à son tour devient chaude, rouge, douloureuse, œdémateuse. Il n'est pas rare à ce moment de constater l'existence de quelques phénomènes généraux d'ordinaire peu intenses : fièvre minime, soif, inappétence.
b) A une période quelconque du cycle évolutif précédent, l'affection peut tourner court et évoluer vers :
a. La résolution. Elle est fréquente quand l'inflammation n'a pas envahi le tissu cellulaire ; elle est très lente. Elle est plus rare quand le tissu cellulaire a été envahi. La douleur et la rougeur disparaissent assez vite, mais l'induration peut persister fort longtemps, des mois, voire des années.
L'adénite peut, dans des cas inverses, évoluer vers :
p. La suppuration et suivant que le ganglion ou le tissu péri-ganglionnaire suppurent seuls, ou, qu'au contraire, ganglion et tissu cellulaire soient détruits l'un et l'autre par le processus, on a : l'adénite suppurée, la périadénite, ou l'adéno-phlegmon.