‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 269 sur 676 · Adéno-phlegmons sous-steimo-mastoïdiens · texte numérisé non relu

Adéno-phlegmons sous-steimo-mastoïdiens

Le muscle n'est pas, au moins au début, englobé dans le processus inflammatoire. On constate souvent l'existence de troubles de la phonation, de la déglutition, de la respiration. La fluctuation est obscure.

Bj. Adénites chroniques :

a) Adénites syphilitiques :

a. On les observera surtout, nous l'avons dit, pendant la période secondaire. Elles succèdent en général aux syphilides cutanées ou aux plaques muqueuses des lèvres, de la langue, ou des amygdales si fréquentes à celte période, d'où le précepte de Ricord, de « tâter au cou le pouls de la vérole ».

Ces adénites sont remarquables par le nombre, le petit volume, la consistance, la mobilité, la disposition en chapelet des ganglions envahis (ganglions superficiels).

Ce qui est caractéristique de ces adénites secondaires syphilitiques surtout aux aines, c'est la parfaite indolence de ces ganglions

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enflammés qui permettent la marche et la pression des doigts.

On note d'autre part l'existence d'autres stigmates syphilitiques de la peau ou des muqueuses, d'autres ganglions engorgés dans diverses régions (aine, occiput, épitrochlée) ;

p. L'adénite primaire, beaucoup plus rare parce qu'elle ne survient pas dans toutes les syphiUs, à l'encontre de la précédente, est consécutive aux chancres de la bouche ou des lèvres, qu'elle suit « comme l'ombre suit le corps ». Ici comme ailleurs elle présente les caractères classiques de pléiade ganglionnaire dure, indolore, non suppurante, durant plusieurs mois.

Y. \J adénite tertiaire est encore plus rare et d'un diagnostic parfois fort difficile, d'autant que ses lésions n'ont rien de caractéristique. On tentera le traitement dit d'épreuve.

b) Adénites tuberculeuses.

La scrofule ganglionnaire, les écrouelles du cou sont l'apanage presque exclusif de la jeunesse.

Leur évolution est graduelle et progressive, lente (plusieurs mois, plusieurs années). Des ganglions indurés, indolores apparaissent, isolés, mobiles d'abord sur la peau et sur le plan profond, puis grossissent, s'étendent, se fusionnent, contractent des adhérences avec la peau et les parties profondes. Ils siègent avec une prédilection marquée à l'angle de la mâchoire, dans la région sous-maxillaire, dans la région carotidienne.

Arrivés à leur plein développement « les ganglions strumeux du cou, avec leurs extraordinaires productions de blocs caséeux, leur saillie énorme, leur fonte puriforme et leur tendance aux altérations atoniques, aux fistules, leurs cicatrices difformes, froncées, exemptes habituellement d'ulcérations bacil-

laires secondaires, leur pauvreté en bacilles tuberculeux, ont une physionomie bien à part ».

De plus, on reste dans l'ignorance presque constante de la porte d'entrée du bacille.

Ici comme ailleurs on peut assister à l'évolution vers deux terminaisons extrêmes :

Le ramollissement, la caséilication, la suppuration ;

La sclérose atrophique, la guérison spontanée.

Le diagnostic est surtout à poser avec le lymphadénome, nous le verrons dans un instant. Lorsqu'il existe des kystes ganglionnaires dans des ganglions tuberculeux anciens à coques minces, le diagnostic n'est possible que par la constatation d'autres adénites ou de cicatrices anciennes symptomatiques d'une vieille suppuration ganglionnaire.

c) Adénites cancéreuses.

Elles se présentent, nous l'avons dit, dans deux circonstances, ou bien elles sont symptomatiques d'un cancer du voisinage (face ou cavité buccale) : on les rencontre alors surtout dans les régions sous-maxillaire et carotidienne; ou bien elles sont symptomatiques d'un cancer viscéral éloigné abdominal. Les ganglions atteints sont ceux du creux sus-claviculaire gauche habituellement.

Dans l'un comme dans l'autre cas les ganglions, durs et isolés au début, grossissent, s'agglomèrent, se ramollissent parfois par places et donnent naissance à de grosses masses irrégulières, marronnées, assez fermes en général, et qui ne tardent pas à contracter des adhérences avec les plans profonds. Elles peuvent envahir la peau, l'inUltrer, l'ulcérer suivant le même processus que dans les autres régions et donner naissance à des ulcérations et végétations sanieuses et saignantes carac-

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téristiques. Généralement le malade est mort avant que ces ulcérations aient pu se produire.

d) Lymphadénome .

Ses caractères sont assez semblables à ceux de l'adénite tuberculeuse et c'est avec cette dernière affection que son diagnostic se pose. On se basera sur ce fait que le lymphadénome est aussi rare que l'adénite tuberculeuse est fréquente; que la consistance du lymphadénome est régulière, comparable à celle du parenchyme rénal, que celle de l'adénite tuberculeuse est inégale, dure en certains points, ramollie en d'autres ; le lymphadénome ne suppure jamais, l'adénite tuberculeuse suppure souvent, la fluctuation suffira donc à éliminer la première hypothèse. Le volume du l3^mphadénome est plus considérable. On constate ailleurs l'existence de ganglions (aine^ aisselle) ou de tumeurs de même nature (peau, testicule). L'hypertrophie concomitante des amygdales et du corps thyroïde plaide en faveur du lymphadénome. On recherchera enfin la leucocythémie, mais elle peut manquer.

Malgré tous ces éléments différentiels accumulés, on devra avoir toujours présente à l'esprit cette proposition quelque peu décourageante de ce grand clinicien qu'était Trélat : « Je ne connais pas de caractères physiques qui puissent différencier en clinique le lymphadénome ganglionnaire de l'adénite chronique tuberculeuse ».

Seule la bactériologie permettrait de poser un diagnostic affirmatif intéressant d'ailleurs la clinique seule. En cas de doute persistant, les coupes, les ensemencements, les inoculations d'un fragment ganglionnaire extirpé, trancheraient la question.

En présence d'un lymphadénome confirmé,

on devra rechercher histologiquement si la tumeur présente des caractères nets de bénignité ou de malignité. Dans le premier cas les deux éléments du tissu adénoïde (réticulum et cellules) semblent également frappés par le processus néoplasique ; dans le second cas, l'hyperphasie porte surtout sur le tissu réticulé : d'ailleurs celte dernière forme se caractérise même cliniquement par son évolution rapide, ses dimensions considérables, le développement remarquable du réseau veineux, et à un certain moment la généralisation.

Biblios^rapliie : Cruveilhier — Sappey — Testut — Poirier — Tillaux

RiCHET

Définition.

L'articulation de l'épaule ou articulation scapulo-humérale met en contact la glène de l'omoplate et la tête de l'humérus. Elle appartient au type des énarthroses dont elle constitue le type le plus parfait.

Surfaces articulaires.

A. Humérus.

La surface osseuse est représentée par la tête de l'humérus, qui regarde en haut, en dedans et en arrière, lorsque l'os a été mis en position, et qui ofTre à l'examen une surface lisse et unie ayant à peu près le tiers d'une sphère. Cependant des mensurations précises montrent que les dimensions verticales de cette surface l'emportent sur les dimensions antéro-postérieures de quelques millimètres, ce qui lui donne wie forme légèrement allongée dans le même sens que la cavité glénoïde. Les dimensions sont 46 millimètres environ dans le sens vertical et 43 seulement dans le sens antéro-postérieur. Cette surface est limitée par un sillon circulaire dirigé en bas et en dedans, et qui s'appelle le col anatomique de l'humérus. Ce sillon est bien moins marqué au niveau de l'intervalle osseux qui sépare la grande de la petite tubérosité humérale, et c'est à ce niveau qu'on trouve le commencement de la gouttière bicipitale. L'axe de la tète forme avec l'axe du corps un angle obtus de 133° environ ouvert en dedans et en bas.

Le revêtement cartilagineux de la tête humérale

s'arrête aux limites du col anatomique. Sappey pense que ce revêtement a partout la même épaisseur de 2 millimètres environ sur la tète, et qu'il n'est plus mince seulement qu'aux confins du col anatomique. C'est aussi l'avis de Poirier. Les autres anatomistes ont avancé que, le revêtement cartilagineux était plus épais au niveau du centre de la tète humérale. Au niveau de la dépression osseuse qui surmonte le trochiter humerai, le cartilage forme une échancrure qui répond à un faisceau capsulaire de renforcement.

B. Omoplate.

La surface articulaire est représentée par la cavité glénoïde qui est une dépression grossièrement ovalaire à grand diamètre vertical, à grosse extrémité inférieure. Cette dépression est limitée par un rebord osseux, qui présente vers sa partie antéro-interne une échancrure dite échancrure glénoïdienne. Dans son tiers inférieur on voit sur la dépression un croissant osseux qui circonscrit un tubercule très peu marqué : le tubercule glénoïdien.

Le revêtement cartilagineux est plus mince au centre qu'à la périphérie, plus épais dans le tiers inférieur de la dépression glénoïde. Enfin^ au niveau du tubercule glénoïdien le revêtement cartilagineux est mince, translucide, jaunâtre ou grisâtre.

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