I. Causes
A. Etiologie.
à) Hérédité.
a. On n admet plus guère la transmission directe de la maladie ou même de la prédisposition à la maladie. Il semble que les cas indéniables de « familles rachitiques )) trouvent une explication plus rationnelle dans la reproduction familialedes mêmes fautes hygiéniques provoquant les mêmes effets de dystrophie générale. Les cas mêmes de rachitisme congénital sont impuissants à entraîner la conviction, des écarts de régime ou d'hygiène maternels suffisant amplement à les expliquer.
P. En revanche il est indéniable que le rachitisme peut être une conséquence indirecte de rhérédité, les maladies des parents (scrofule, tuberculose) prédisposant d'une façon évidente les enfants à l'athrepsie, à la dystrophie générale, au rachitisme.
y. C'est sans doute de la même façon banale et non spécifique qu'agit la syphilis des ascendants. Personne n'admet plus guère aujourd'hui la théorie de Parrot qui faisait de la syphilis héréditaire la cause unique du rachitisme. C'est le mérite de Four-
nier, de Comby, de Giraudeau d'avoir bien montré cliniquement etanatomiquement qu'il y avait eu là une confusion, une erreur de la part de ce grand observateur qu'était Parrot. « Ce qu'il y a de vrai au fond de cette discussion, c'est que la syphilis héréditaire ou acquise peut aboutir au rachitisme, la syphilis doit figurer au rang des causes du rachitisme, mais cette cause n'agit que d'une façon banale, par la débilitation organique qu'elle entraîne ; elle est dénuée de toute spécificité. » Comby.
b) Maladies antérieures, régime alimentaire.
a. Toute maladie aiguë ou chronique (bronchite» entérite, fièvre éruptive, etc.) frappant l'enfant pendant les trois premières années de son existence, toute faute hygiénique grave survenant pendant la même période, pourra être la cause occasionnelle, le point de départ d'un trouble durable de la nutrition se traduisant à plus ou moins brève échéance par le rachitisme.
p. A ce point de vue la grande cause du rachitisme paraît être incontestablement Vallaitement artificiel ou mixte, l'alimentation prématurée avec les féculents ou les viandes, l'usage des boissons fermentées, le sevrage précoce ou brutal. C'est ce qui explique que le rachitisme, très commun chez les pauvres, soit exceptionnel chez les riches chez lesquels ces fautes hygiéniques sont beaucoup plus rares.
(( La 7'épartition géographique du rachitisme met bien en relief cette origine alimentaire de la maladie : dans les départements à industrie nourricière, le rachitisme est très répandu ; il Test très peu ou manque dans les contrées où l'allaitement naturel est en honneur. (Comby.)
La médecine expérimentale est venue apporter son appoint à cette étiologie. Jules Guérin aurait rendu déjeunes chiens rachitiques en les soumettant à une alimentation exclusivement carnée.
c) Age.
Les considérations précédentes nous font pressentir que le rachitisme fera son apparition habituelle
dans le cours de la première dentition soit de six mois à deux ans. Le rachitisme est rare avant six mois, il est exceptionnel après deux ans. Le rachitisme tardif serait pour la plupart des auteurs identique à l'ostéomalacie.
d) Sexe-
Le rachitisme paraît être aussi commun chez les filles que chez les garçons.
B. Pathogénie.
Bouchard en fait une maladie par ralentissement de la nutrition consécutive à la non-absorption du phosphate de chaux nécessaire à la formation des os. Pour lui le processus interne serait le suivant : « A l'état normal, le phosphate de chaux n'est pas absorbé en nature ; il se dédouble : la chaux se combine avec l'acide chlorhydrique pour former du chlorure de chaux, tandis que l'acide phosphorique naissant se combine avec la glycérine provenant de l'action du suc pancréatique sur les graisses pour donner naissance à l'acide phospho-glycérique. Si le contenu de l'intestin devient alcalin ou si l'acidité de ce contenu est due à l'acide lactique, el c'est ce qui se passe dans le rachitisme, le dédoublement n'a plus lieu et l'absorption du phosphate de chaux devient insuffisante. D'autre part, l'acide tartique en excès passe dans le sang, imprègne tous les tissus et va dissoudre le phosphate de chaux. » Cette explication, tout ingénieuse qu'elle soit, ne doit être tenue que pour une simple hypothèse.