II. Signes
A. DÉBUT : PÉRIODE PRODROMIQUE.
Des troubles généraux précèdent l'apparition des déformations ; Trousseau et Lasègue en ont laissé une admirable description.
a. Le premier symptôme est le changement de caractère de V enfant qui devient morose, maussade, cesse de jouer, cherche la solitude, ne veut plus sortir de son lit et pousse des cris si l'on veut le
soulever. A ce moment l'affection a quelquefois été prise pour une méningite tuberculeuse.
p. Les troubles digestifs apparaissent en même temps, ou peu après. L'appétit est diminué, la diarrhée s'établit, les forces s'affaiblissent, l'amaigrissement commence.
Y. Quelquefois se produisent des 5Mez«'5 /?ro/^^5e5 dont la localisation à la face et à la tête peut acquérir une certaine importance diagnostique.
8. Dans les cas très aigus, heureusement assez rares, on observe un cer^am degré de fièvre, 38 à 39°.
Ces troubles généraux, d'une intensité variable, suivant la gravité des cas, sont à peu près constants pour un observateur attentif.
Cette période prodromique dure en moyenne quelques semaines.
B. Etat ; Période des déformations.
Il faut distinguer trois formes : les formes légère, moyenne et grave, suivant le degré des déformations.
B^. Forme légère.
a)\jQ& phénomènes généraux soni à' '\idQ.i[.û\.è, moyenne: les digestions sont difticiles, l'appétit capricieux, la soif vive, le ventre ballonné, les selles irrégulières, l'éruption dentaire retardée.
b) Le retard de développement est léger et ne s'accuse que par un retard dans la période de la marche (quinze, seize, dix-huit, vingt mois) ; les jambes sont faibles, les chairs molles, la station sur les jambes impossible.
Les os ne sont pas sensiblement déformés, l'incurvation et les nouures manquent, les lésions sont en somme nulles ou fugaces.
c) La maladie dure quelques semaines, quelques mois ' et disparaît sans laisser de traces appréciables.
Cette forme, qui est accompagnée des symptômes prodromiques précédents plus ou moins marqués est d'une fréquence extrême. Mais elle passe souvent inaperçue, confondue qu'elle est avec l'entérite, les troubles de l'évolution dentaire, etc.
Bç^. Forme moyenne.
Elle est beaucoup plus rare, mais aussi beaucoup plus caractéristique que la précédente.
a) Phénomènes généraux.
a. La gastro-entérite est fort nette.
p. Le ventre prend im développement considérable à cause de la dilatation et de la distension gazeuse de l'estomac et de la masse intestinale. Il est large, affaissé, étalé : c'est le ventre de grenouille typique. Il est souple, non tendu. La percussion méthodique permet de constater le plus souvent du clapotage épigastrique perceptible jusqu'au-dessous de l'ombilic ; ce serait pour M. CombyTindice d'une dilatalion de l'estomac qui jouerait, nous l'avons vu, un rôle prépondérant dans la pathogénie de l'affection.
'(. Quelquefois la perte de tonicité des musles droits détermine une éventration « analogue à celle des multipares ».
b) Déformations du squelette.
Ce sont ces déformations qui impriment à la maladie sa physionomie clinique si caractéristique, a. Crâne.