La graisse sous-cutanée
3. Un tissu lamelleux contenant les veines superficielles de l'avant-bras, si importantes pour la saignée, des filets nerveux sous-cutanés, appartenant au brachial cutané interne et au musculo-cutané, des lymphatiques ;
4. Un plan aponévrotique renforcé par l'expansion aponévrotique du biceps ;
5. Un plan vasculo-nerveux sous-aponévrotique comprenant : l'artère humérale et ses veines satellites, le nerf médian^ les artères récurrentes radiales et cubitales, les lymphatiques profonds;
6. Un plan musculaire formé par le tendon du biceps, le brachial antérieur, les groupes épitrochléen et épicondylien et contenant dans son épaisseur le nerf radial ;
7. Un plan ligamenteux qui réunit les ligaments antérieurs de l'articulation du coude et le ligament annulaire de la tête radiale ;
8. Un plan osseux formé de trois os : extrémité inférieure de l'humérus, extrémités supérieures du cubitus et du radius avec leurs saillies et leurs dépressions.
Oibliograpliie : Le Dentu. — Diet. Jacoud. — Poulet et Bousquet. — FoLLiN et DuPLAY. — Traité de chirurgie. — Manuel des quatre agrégés. — J.-L. Faure. Chirurgie clinique et opératoire.
Définition.
Autrefois appelé érysipèle gangreneux, érysipèle phlegmoneux, inflammation ofthecellular texture, le phlegmon diffus avait été défini : l'inflammation aiguë, non circonscrite, du tissu conjonctif sous-cutané ou profond. Les connaissances spéciales qui ont été acquises depuis sur la question et les études bactériologiques légitiment la définition suivante : le phlegmon diffus est Ve^isemble des phénomènes infectieux 'provoqués dans le tissu cellulaiî'e par l'invasion de microorganismes divers, et en particulier du strepiococcus pyogènes, phénomènes caractérisés par une tendance à l'envahissement des couches celluleuses voisines et à la mortification des tissus.
Pathogénie.
Le streptocoque pyogène, qui, lorsqu'il envahit la trame du derme, donne lieu à l'érysipèle, provoque l'éclosion du phlegmon diffus s'il envahit les espaces celluleux sous-cutanés. Cependant ce micro-organisme n'est pas le seul qui puisse donner naissance au phlegmon diffus. Tous les microbes pyogènes, s'ils évoluent sur un terrain préparé, surmené (maladie des docks), affaibli, dyscrasique (diabète), aboutissent à la même lésion ; mais il n'en est pas moins vrai que le streptocoque est le plus souvent en cause, ce qui explique la fréquence si grande de l'érysipèle à côté du phlegmon diffus, et la façon dont autrefois on mêlait les deux affections dans une même description.
Etîologie.
Donc, le plus souvent, la cause déterminante du phlegmon
diffus est le streptocoque. D'autres colonies microbiennes, les staphylocoques entre autres, et surtout le stap/iylococciis aureus, doivent figurer à l'étiologie.
Les causes prédisposantes appartiennent au terrain de l'individu. C'est ainsi que les convalescences longues de maladies aiguës, les intoxications prolongées par l'alcool ou le plomb, les grandes diathèses, la misère physiologique en un mot, préparent le terrain dans lequel doit évoluer l'agent pyogène.
Les causes occasionnelles comprennent les lésions qui permettent aux microbes de pénétrer l'organisme. Les écorchures, les plaies contuses à bords irréguliers, les morsures, toutes les plaies anfraclueuses doivent figurer ici. Les cavités séreuses, gaines synoviales, bourses séreuses infectées, l'infection puerpérale, sont également des occasions qui vont permettre au streptocoque d'entrer en scène. Mais en définitive il y a toujours solution de continuité de l'enveloppe protectrice qui garde notre organisme, et cette solution de continuité siège sur la peau ou sur les muqueuses (aphtes buccaux, cystites, métrites, etc.).
Anatomie pathologique.
A. Au DÉBUT. — On rencontre tout d'abord un œdème inflammatoire de coloration ambrée, opaline, rosée qui siège autour d'une plaie non cicatrisée, surtout aux membres, et en particulier au membre supérieur, plus exposé.
Cet œdème est formé par une sérosité abondante, sérofibrineuse, rappelant la pulpe d'orange ou la gelée de groseille, entourant les vaisseaux sanguins et lymphatiques.
B. A LA PÉRIODE d'État. — La sérosité a changé de couleur. Elle est jaunâtre plus épaisse^ gélatiniforme, s'écoule mal par les incisions cutanées que le praticien est amené à faire à cette époque. Elle contient une foule de globules blancs issus des capillaires et formant des manchons épais autour d'eux. Continuant à évoluer, le liquide change encore de nature, le pus est formé. Ce pus, verdâtre, consistant, m/?//re les mailles du tissu cellulaire, qui ne s^ affaisse pas à la coupe et présente une tranche verdàtre (purée de pois secs), striée de blanc par des travées conjonctives.