‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 303 sur 676 · Forme bilieuse^ etc · texte numérisé non relu

Forme bilieuse^ etc

Actuellement on ne reconnaît plus, en dehors de la description précédente, qu'une forme à'érysipèle phlegmoneux caractérisée par une poussée érysipélateuse siégeant dans l'épaisseur du derme. Cette poussée érysipélateuse s'étend sous la peau et gagne le tissu cellulaire superficiel. La suppuration est la règle. Cette forme est une hybridité pathologique due au même microbe siégeant plus ou moins profondement dans les tissus ou dans des tissus différents.

Diagnostic.

Au début^ le phlegmon diffus superficiel peut être pris pour ^«^ érysipèle de la face ou d'un membre. Mais en dehors des cas hybrides signalés plus haut, l'érysipèle, avec son début franchement fébrile, la présence d'un bourrelet cutané autour de la zone inflammatoire, la dureté de l'œdème, l'extension en tache d'huile, ne sera pas longtemps confondu avec le phlegmon diffus.

Dans la lymphangite^ la lésion est beaucoup plus superficielle, les traînées rouges qui sillonnent la peau, les cordons durs qui courent sous elle, et que l'on sent nettement, serviront à poser le diagnostic. Nous savons d'ailleurs que la lymphangite accompagne souvent le phlegmon diffus.

La septicémie gangreneuse présente les symptômes suivants : marche foudroyante, plaques bronzées de sphacèle, marbrures noirâtres qui dessinent les veines sous-cutanées, présence de gaz.

Dans quelques cas, Vostéomyélite aiguë peut en imposer

pour un phlegmon diffus profond. Cette affection s'accompagne de douleurs plus localisées, d'un gonflement moins accentué, avec conservation de la couleur et de l'état de la peau dans la plupart des cas.

Traitement.

Nous avons vu que rares sont les cas où la résolution arrive spontanément. En présence d'un phlegmon diffus, superficiel ou profond^ à quelque moment qu'il soit de son évolution, il faut intervenir.

Si l'on attaque le phlegmon tout à fait à son début, et qu'il semble devoir présenter une marche peu rapide, l'application de nombreuses mouchetures dans le tissu souscutané, avec une lancette, permettra aux liquides infectés de sortir au dehors et aux antiseptiques d'aller agir à l'intérieur. Un vaste pansement humide remontant jusqu'à la racine du membre malade remplit cette seconde indication. Dans tous les autres cas de phlegmon diffus il faut appliquer de grandes incisions. Ces incisions doivent pénétrer profondément jusqu'au foyer du mal. Elles ont pour but de faire sortir le liquide purulent ; elles seront aussi nombreuses que les points secondaires mortifiés dont la fluctuation aura été sentie par la palpation. De gros drains seront appliqués dans le trajet des fusées, et des lavages nombreux seront pratiqués. Un bain antiseptique chaud et prolongé accentuera les bons effets des lavages; un pansement humide les continuera.

Le traitement médical ne devra pas être négligé. Le rhum, les toniques, les cordiaux relèveront les forces du malade et lui permettront de faire les frais d'une suppuration et d'une cicatrisation parfois longues. Les phlegmons diffus qu'on voit dans les hôpitaux survenant neuf fois sur dix chez des alcooliques, on n'oubliera pas d'administrer une potion cordiale laudanisée pour éviter l'attaque de delirium tremens.

FASCICULE XVI

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