‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 327 sur 676 · C. Enfui rappelons pour mémoire · texte numérisé non relu

C. Enfui rappelons pour mémoire

La théorie équine du tétanos, soutenue surtout par Verneuil ; — nous savons aujourd'hui que le cheval n'est qu'un agent de contagion médiat entre la terre et l'homme.

La théorie paludéenne, un moment soutenue et presque aussitôt abandonnée par Kelsch.

D. L'origine tellurique du tétanos, soutenue par Nocard bien avant la découverte du bacille spécifique dans le sol, devait recevoir de la bactériologie une confirmation éclatante, et aujourd'hui tout ce long chapitre étiologique peut se résumer en cette brève formule : Le tétanos se développe à la suite de plaies traumatiques, physiologiques [accouchement, cordon ombilical), ou chirurgicales, qui ont été souillées par le bacille tétaniciue, ce bacille se trouvant habituellement dans le sol.

V. Baclérîolo2:îe. — AnaloMiie pathologique. — Palliog'éiiie.

A. Bactériologie.

La cause spécifique du tétanos est donc un bacille décrit par Nicolaïer en 1885. Nous en rappellerons les principaux caractères.

a) Morphologie. Réactions colorantes.

Dans les plaies tétaniques on le rencontre sous deux formes.

Bacill'es minces et petits, fins, comparables à des cheveux, quelquefois longs et filamenteux, mobiles, à mouvements lents et flexueux.

Bâtonnets à spore terminale réfringente (forme en baguette de tambour).

Dans les cultures les spores n'apparaissent que le deuxième ou le troisième jour et sont d'autant plus nombreuses que les cultures sont plus anciennes. Ces spores sont très virulentes et extrè-

mement résistantes à raction des agents physiques. On s'est servi de cette propriété (Kilasato) pour obtenir des cultures pures.

Sous ses deux formes il se colore (sauf la spore) par les couleurs d'aniline et tient le gramni.

b) Habitat.

Dans le sol il vit en saprophyte dans les couches superficielles (terre des champs, des rues, des maisons, des jardins) ; le famier, les excréments d'animaux en contiennent un grand nombre ; ainsi s'expliquerait le rôle du cheval comme agent de transmission.

Dans l'organisme atteint de tétanos le bacille ne se trouve qu'au point d'inoculation et non ailleurs. Comme le bacille diphtérique il ne se généralise pas, ce n'est que d'une façon absolument exceptionnelle qu'il difîuse dans les tissus quelques instants avant la mort.

c) Cultures.

C'est un microbe anaérobie qui ne se développe que dans les milieux privés d'oxygène.

Par 'piqûre sur gélatine il se développe sous forme de petits points floconneux d'où part à angle droit un manchon de fines aiguilles.

Par piqûre sur gélose la culture présente les mêmes caractères.

Sur plaques de gélatine dans le vide, au bout de huit jours, à 18-22°, colonies en houppe ou graines de chardon.

d) Tnoculatioxs.

Les animaux les plus réceptifs sont ; la souris, le cobaye, le rat blanc.

L'inoculation est la méthode de choix pour le diagnostic bactériologique ; elle est beaucoup plus sûre que l'examen microscopique. L'animal devient d'ordinaire tétanique au bout de vingt-quatre heures. Les contractures débutent dans les muscles au voisinage du point inoculé.

e) TOXINIÎ.

Le bacille de Nicolaïer sécrète une toxine extrêmement énergique dont nous verrons dans un instant le rôle pathogénique.

B. Aiialoniie pathologique.

a) TÉTANOS EXPÉRIMENTAL.

A l'autopsie on ne trouve qu'une légère suffusion sanguine à l'endroit inoculé avec la culture pure, de la congestion pulmonaire, des ecchymoses souspleurales. S'il y a du pus au point d'inoculation, c'est que la culture employée était impure.

Le bacille ne se rencontre qu'au niveau de la plaie. 11 ne passe dans le sang et dans les organes qu'à l'état d'unités quelques instants avant la mort.

b) TÉTANOS HUMAIN.

Les mêmes lésions s'observent.

On a décrit, du côté du système nerveux, de la névrite ascendante, de la dégénérescence granuleuse des cellules de la moelle, de la prolifération de la névroglie. Mais ces lésions sont inconstantes et peut-être secondaires et surajoutées.

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