‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 328 sur 676 · C. Palliogénie · texte numérisé non relu

C. Palliogénie

En possession de tous ces éléments on peut essayer aujourd'hui d'esquisser une pathogénie rationnelle de l'infection tétanique.

Le tétanos est une maladie infectieuse absolument comparable à la diphtérie, réalisant le type parfait de Vinfection localisée avec intoxication générale.

Le bacille, qu'on ne trouve qu'au niveau de la plaie, sécrète une toxine encore mal définie chimiquement, ptomaïne pour Brieger, ferment soluble pour Vaillard et Vincent. Cette toxine agit sur les centres nerveux d'une façon analogue à la strychnine ou à la brucine. Pour d'autres auteurs (Courmont et Dujont, Kund- Faber), cette toxine serait une diastase inoffensive en elle-même et qui élaborerait aux dépens de l'organisme une substance directement tétanisante.

Dans le tétanos comme dans la diphtérie, les accidents à distance (accès tétaniques dans le premier cas, paralysies et phénomènes toxiques dans le second) sont le résultat de la toxine sécrétée par le microbe en son point de culture. Mais en clinique il 3^ a une différence capitale, car dans la diphtérie l'infection locale est annoncée presque à son début, avant les accidents toxiques, par une manifestion locale, la fausse membrane, alors que dans le tétanos aucun phénomène local caractéristique ne vient annoncer l'infection à son début. Les contractures, seuls indices cliniques de l'infection tétanique, sont des symptômes d'intoxication avancée ; le trismus^ ce n'est pas le tétanos qui commence, c'est au contraire le tétanos qui finit.

Ces considérations nous expliquent entre autres choses les résultats peu satisfaisants du traitement par le sérum anti-tétanique du tétanos déclaré. A cette période l'intoxication est achevée, le sérum est dès lors presque impuissant. Il en serait de même si on n'employait le sérum antidiphtérique qu'à la période des accidents toxiques.

Les infections secondaires semblent surtout agir comme causes favorisantes de l'infection tétanique, le bacille de Nicolaïer absolument isolé, débarrassé de sa toxine et de toute association microbienne, paraissant incapable de réaliser l'infection de l'organisme.

Ces considérations nous permettent d'être brefs relativement au traitement.

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