C. Un ligament latéral externe
D. Un ligament postérieur.
A. Ligaments antérieurs. — La partie antérieure de l'articulation radio-carpienne est renforcée par deux trousseaux fibreux qui, partis, l'un du radius, l'autre du cubitus, descendent sur la face antérieure du carpe, et semblent se croiser au niveau de la tête du grand os pour former un ensemble ligamenteux en forme de croissant à concavité supérieure. Cette disposition légitime l'appellation de ligamentuni arcuatum qui avait été donné à l'ensemble de ces ligaments. Weitbrecht le premier fit remarquer que chaque ligament avait son autonomie propre, une direction et une fonction différente et appela ligamentum ohliquum celui qui descend du radius et ligamentum rectum celui qui descend du cubitus. Sappey les a très minutieusement étudiés sous les noms de ligament antéro-externe pour le premier et de ligament antéro-interne pour le second.
a) Ligament antéro-externe. — Ce ligament s'attache à la partie antérieure de l'apophyse styloïde du radius sur une petite dépression triangulaire qui lui est exclusivement destinée.
D'autres fibres éparses, et beaucoup moins nom-
breiises, naissent de la moitié externe du bord antérieur de la facette radiale. Les libres se dirigent en dedans et en bas en décrivant un trajet plus ou moins oblique qui les amène en fin de compte au niveau de la face antérieure des os du carpe. Parmi ces libres les supérieures se divisent en superficielles et profondes, et passent transversalement au-devant du semi-lunaire. Les fibres supérieures profondes s'insèrent sur le semilumaire ; les fibres supérieures superficielles s'insèrent sur le pyramidal ; les fibres inférieures décrivent un plus grand trajet oblique et aboutissent à la face antérieure du grand os.
M. Poirier insiste sur la séparation très nette qui existe toujours entre le groupe des fibres inférieures très obliques de ce ligament antéro-externe. La dissection montre très souvent un prolongement synovial hernie entre ces deux chefs fibreux, au moment des mouvements de flexion de la main sur l'avant-bras.
Il existe un autre interstice de ce genre entre le rebord articulaire du radius et le bord supérieur du faisceau supérieur du ligament antéro-externe. Cet interstice laisse passer constamment un lobule graisseux, appartenant à l'articulation, qui fait hernie pendant les flexions forcées du poignet.
b) Ligament antèro-interne. — Ce ligament est comme le précédent très épais et très résistant. Il s'insère au tiers interne du bord antérieur de la facette radiale ; à toute l'étendue du bord antérieur du ligament triangulaire ; à la fossette creusée à la face externe de l'apophyse styloïde du cubitus. De ces différentes insertions partent des fibres grisâtres, en partie entrecroisées, qui se divisent bientôt en deux faisceaux dont l'un, l'interne descend avec une direction rectiligne sur le pyramidal et sur le grand os, et dont fexterne, presque transversal, se porte sur la face antérieure du semi-lunaire, après avoir pénétré au-dessous du faisceau supérieur du ligament antéro-externe.
Le rapport précédent indique que lorsque l'on voudra disséquer cette partie du ligament antéro-interne, il faudra au préalable réséquer toute la partie du ligament radial qui le recouvre.
Le faisceau interne forme un bande blanchâtre étendue de l'apophyse styloïde du cubitus au pyramidal. 11 se relâche dans les mouvements de pronation, et se tend dans les mouvements de supination qu'il contribue puissamment à limiter.
B. Ligament latéral interne. — Ce ligament apparaît dans une dissection aussitôt qu'on a divisé la gaine tendineuse du cubital postérieur. La synoviale de cette gaine le revêt. C'est un cordon cylindrique qui naît du sommet de l'apophyse styloïde du cubitus, qu'il semble continuer, et qui se divise inférieurement en deux faisceaux dont l'un se fixe au pisiforme, et l'autre, plus considérable, à la face postérieure du pyramidal. Voici comment Cruveilhier conçoit ce ligament : c'est un cordon creusé d'une cavité qui communique en bas avec l'articulation radio-carpienne, et dont l'extrémité supérieure s'attache non pas au sommet de l'apophyse styloïde du cubitus, mais aie milieu de la hauteur de cette apophyse à la manière d'une demi-capsule ; d'où il résulte que le sommet de l'apophyse styloïde du cubitus est libre. Il est encroûté de cartilage, est contenue dans la synoviale de l'articulation du poignet et entre en rapport avec le pyramidal ; il concourt donc à la formation de V articulation du poignet (Cruveilhier). Pour Sappey^ ce ligament latéral interne est encore un cordon creux. Pour Tesiut, le ligament qui nous occupe ne s'insérerait en haut qu'à la partie interne de l'apophyse styloïde du cubitus, en respectant le sommet, et présenterait sur toute sa longueur une excavation en forme de gouttière longitudinale qui embrasse la moitié inférieure de l'apophyse styloïde et fait partie de l'articulation radio-carpienne.
M. Poirier pense que le ligament latéral interne se présente bien rarement sous cette forme tubuleuse, que le plus ordinairement son insertion supérieure coiffe le sommet de V apophyse styloïde cubitale et de là se dirige en cordon pleiyi à ses deux insertions inférieures carpiennes. M. Po«rzer explique l'erreur des classiques par ce fait que la synoviale radio-carpienne envoie constamment un prolongement qui remonte à la partie antérieure de l'apophyse styloïde du cubitus.
C. Ligament latéral externe. — Ce ligament a une direction verticale très courte, une forme semi-conoïde ou triangulaire à sommet supérieur. Il s'insère par son extrémité supérieure au sommet de l'apophyse stjdoïde du radius et aux bords de cette apophyse avoisinent le sommet. De là il se dirige en bas, en suivant une direction rectiligne, et s'élargit à mesure qu'il descend pour aboutir au scaphoïde, immédiatement en dehors du revêtement cartilagineux articulaire de cet os. Les plus antérieures des fibres de ce ligament se continuent en avant jusque sur le tubercule du scaphoïde, puis se confondent avec les fibres de la gaine du long abducteur du pouce, enfin se fusionnent sans ligne de démarcation avec le ligament antéro-externe de l'articulation radio-carpienne. Les plus postérieures des fibres du ligament latéral externe se continuent de même avec le ligament postérieur. Le ligament latéral externe est en rapport : par sa face interne, concave avec la synoviale ; par sa face externe, convexe, avec le tendon du long abducteur du pouce ; en avant avec le ligament antéro-externe de l'articulation ; en arrière avec les tendons du long et du court extenseur du pouce.
D. Ligament postérieur. — Sappey décrit à la face postérieure de l'articulation radio-carpienne un arrangement de faisceaux ligamenteux analogue à l'arrangement du ligament antérieur, savoir :
a) Ligament postéro-externe. — Ce ligament très large et très mince s'attache : en haut, au tiers moyen du bord postérieur de la facette radiale ; en bas, à la facette correspondante du semi-lunaire et du pyramidal. Il présente une direction oblique en bas et en dedans et possède quelques fibres superficielles qui se prolongent jusque sur le grand os.
b) Ligament postéro-interne. — Ce ligament membraneux, extrêmement mince, s'attache : en haut, au au bord postérieur du ligament triangulaire et à la partie adjacente du radius ; en bas, à la face postérieure du pyramidal.
Poirier, qui n'admet pas cette division du ligament postérieur en deux ligaments secondaires, le décrit de la façon suivante : c'est une lame très résistante, très
forte, très large, qui s'insère à tout le bord postérieur de l'extrémité inférieure du radius et se dirige de là en bas et en dedans pour se terminer sur la face dorsale du pyramidal (c'est le ligament postéro-externe de Sappey). En dedans la capsule fibreuse va insérer ses libres clairsemées sur la face postérieure du scaphoïde et du semi-lunaire.
C'est ce que Sappey décrit sous le nom de ligament postéro-interne.
Synoviale.
Elle s'étend du pourtour du revêtement cartilagineux supérieur au pourtour du revêtement cartilagineux inférieur. Elle revêt la face profonde de la capsule articulaire. Elle est lâche en arrière où elle n'est recouverte dans sa partie interne que par quelques fibres très minces de la capsule. Elle est revêtue partout ailleurs par des fibres ligamenteuses éparses qui la fortifient et dont la présence a fait admettre par certains anatomistes l'existence d'une capsule articulaire pour l'articulation radio -carpienne. L'existence de cette capsule articulaire, comme nous l'avons vu, a été mise en doute depuislesanatomistesclassiques, Cruveilhier, Sappey,Testut, puis exhumée de nouveau, admise et décrite par Poirier.
La synoviale se moule exactement sur les dépressions, saillies et anfractuosités de l'articulation, en accentuant les reliefs, de sorte que l'étude des ligaments par leur face articulaire présente plus de netteté.
La synoviale radio-carpienne présente un certain nombre de prolongements ; savoir :
a. Un prolongement qui fait communiquer l'articulation radio-carpienne et l'articulation radio-cubitale inférieure par un oritice situé à la base du ligament triangulaire. Ce prolongement existe dansletiers des cas. p. Un prolongement qui fait communiquer l'articulation piso-pyramidale. Ce prolongement existe dans la moitié des cas.
Y. Un prolongement pré-styloïdien, situé en avant de
l'apophyse stj^loïde du cubitus dans la majorité des cas,
situé à l'intf'rieur du ligament latéral interne lorsque
ce dernier est creux. Ce prolongement est constant.