III. Vaisseaux
(Voir Circulation rachidienne).
PHYSIOLOGIE I. Corne antérieure.
A. Fonctions motrices.
a) Les cellules de la corne antérieure sont chargées de transmettre l'incitation motrice appointée par les fibres
pyramidales ou les fibres soisitives des racines postérieures.
On est depuis longtemps fixé sur la réalité de la fonction motrice des cellules des cornes antérieures.
a. Preuves expérimentales : expérience de Magendie, section des racines antérieures, qui ne sont, nous l'avons vu, que les prolongements des cellules des cornes antérieures : paralysie.
p. Preuves anatomô-pathologiques ; dans la paralysie infantile, dans la paralysie spinale aiguë de l'adulte, les lésions siègent très nettement dans la corne antérieure et ne dépassent pas ordinairement en arrière le col de celle-ci.
b) Quelle est la nature de Vincitation motrice transmise par le faisceau pyramidal ? Cette question renferme celle de la nature de la fonction des cellules des cornes antérieures (V. Faisceau pyramidal).
Ici deux théories absolument opposées sont en présence.
Pour M. Charcot, c'est une incitation excito -motrice. La cellule, dans cette hypothèse, n'a qu'un rôle de transmission, c'est la touche de piano qui, mise en mouvement par l'influx pyramidal, transmet cet influx aux fibres centrifuges motrices.
Pour M. Marie, le rôle du faisceau pyramidal serait un l'Ole d'arrêt « analogue, toutes proportions gardées, à celui du pneumogastrique sur le cœur ».
« Dans cette hypothèse, la substance grise médullaire serait la véritable machine motrice, mais une machine motrice toujours sous pression, toujours apte à fonctionner. Le faisceau pyramidal aurait pour mission de servir de frein à cette machine, d'empêcher son fonctionnement intempestif et incessant. Si la volonté intervient pour suspendre temporairement cette action inhibitrice... aussitôt les muscles se contractent pour l'exécution du mouvement désiré. Que cette action soit suspendue d'une façon permanente par destruction des fibres du faisceau pyramidal^, la machine privée de son frein fonctionne indéfiniment... la contracture survient et persiste. » (P. Marie).
c) Nous verrons à propos de l'étude des réflexes quelle est la nature de l'excitation apportée aux cellules radiculaires antérieures par les racines postérieures.
B. Fonctions trophiques.
a) La moelle par sa substance grise antérieure exerce une actio?i trophique sur les muscles. — Le fait est indiscutable, les preuves en sont multiples.
a. Preuves anatomo-pathologiques : la lésion primitive et constante de l'atrophie musculaire progressive siège dans les cornes antérieures de la substance grise, et la lésion est localisée d'abord à la cellule nerveuse.
p. Preuves expérimentales : M.Roger est parvenu récemment (1892) à produire expérimentalement des atrophies musculaires avec atrophie constante des cornes antérieures de la moelle par injection à des animaux de cultures de streptocoques.
b) Comment s'exerce cette action ? Ici l'accord est loin d'être fait.
a. Pour les uns (Brown-Séquart, Charcot) l'atrophie serait due à une irritation du nerf et serait consécutive à un excès d'action déterminant la dénutrition du muscle.
p. Pour les autres (Vulpian, Hayem) cette atrophie serait due au contraire à un défaut d'action du nerf qui transmettrait mal au muscle correspondant le pouvoir trophique reçu de la moelle.
C, Fonction de coordination entre divers segments médullaires.
Cette coordination résulte des articulations nombreuses et d'ordre différent des divers segments de la moelle entre eux (collatérales des libres moyennes et longues des cordons postérieurs, cellules des cordons, etc.). De cette coordination des segments et par suite des mouvements résulte la formation de centres réflexes spéciaux échelonnés aux différents étages de la moelle; nous rappellerons plus loin les principaux.