III. Réflexes et centres réflexes
A. La moelle — l'axe gris en particulier — est par excellence l'organe de l'action réflexe ; action réflexe essentiellement constituée par trois éléments :
Une excitation périphérique transmise à la substance grise, aux cellules antérieures spécialement, par un nerf périphérique et son prolongement dans les racines postérieures (collatérales réflexes).
La transformation de cette excitation en une impulsion motrice par les cellules de la corne antérieure ;
La traiismission de cette impulsion motrice par les racines antérieures et un nerf centrifuge jusqu'au muscle qui se contracte.
B. Nous avons vu que la coordination possible de divers segments médullaires donnait naissance à des réflexes d'ordre plus élevé. On appelle centres réflexes les régions de l'axe gris dans lesquelles se fait pour un acte physiologique donné l'élaboration qui constitue le deuxième temps de l'acte réflexe.
Sans rappeler les lois qui président à l'élaboration des réflexes simples, coordonnés ou désordonnés, nous mentionnerons pour finir la situation dans l'axe gris de quelques centres réflexes spéciaux particulièrement importants :
a) Centre cilio-spinal.
a. Etendu de la partie supérieure de la région dorsale ^ la partie inférieure de la région cervicale. p. Il préside à la dilatation de l'iris.
b) Centres des muscles respiratoires .
Muscles abdominaux : huitième dorsale environ. Intercostaux : première dorsale.
Diaphragme : quatrième cervicale,
c) Centre ano-spinal.
p. Situé vers les sixième et septième lombaires. T. Commande la tonicité musculaire et la contraction réflexe du sphincter.
d) Centre vèsico-spinal,
a. De quatrième à cinquième lombaire suivant les espèces animales.
P. Contient les deux centres antagonistes. Du sphincter de la vessie.
De la miction.
e) Centre génilo-spinal.
a. Au niveau de la quatrième lombaire.
p. Préside à l'érection et à l'éjaculation.
Dibliog-rapliie : Dictionnaire Jac coud. F oi,hm et Duplay, t. III. — Poulet et Bousquet, t. IL — Pathologie externe, t. II. Kirmisson. — Traité de chirurgie. Duplay et Reclus. — Traité de médecine, t. \l. ~ Manuel de médecine.
Considérations générales.
Le volume de la moelle par rapport au conduit osseux qui la contient, la présence des méninges et du liquide céphalo-rachidien à titre de protecteurs de l'axe médullaire, la disposition des ligaments fibreux qui la maintiennent en place et des plexus veineux qui l'entourent, expliquent pourquoi la moelle échappe si souvent aux compressions légères puisqu'elle est garantie d'une façon si complexe. D'autre part, la disposition des trous de conjugaison fait comprendre comment certains produits pathologiques peuvent fuser le long des nerfs et des racines rachidiennes pour venir comprimer la moelle.
Les compressions dont la moelle peut avoir à souffrir sont de deux ordres, suivant qu'elles sont dues à des traumatismes ou bien à des lésions pathologiques. D'autre part elles peuvent se présenter dans des circonstances très différentes. Tantôt elles se produisent lentement, déterminant dans la moelle des modifications peu sensibles et se traduisant d'abord par des symptômes peu accusés, mais qui progressent peu à peu et indiquent la présence de lésions définitives ; tantôt elles sont subites et surprennent l'organe dans l'intégrité de ses fonctions. La compression est lente ou brusque ; nous allons décrire tout d'abord la compression lente, qui est la forme la plus intéressante pour le clinicien et qui présente une étude plus complexe.
COMPRESSION LENTE Etiologie.
La compression lente est produite dans la grande majorité des cas par des tumeurs qui se développent dans les os et le périoste voisins de la moelle, dans le tissu cellulo-adipeux périméningé, aux dépens des racines rachidiennes et des troncs nerveux qui en partent. Elle reconnaît aussi pour cause les néoformations ou les collections qui se développent soit dans les méninges, soit dans la moelle.
L'étiologie de la compression lente de la moelle comporte r donc :
A. Les tumeurs intra-spinales ;
B. Les tumeurs méningées ;