I. Etiologîe. Pathog'énie
A. Pathogénie.
a) Mécanisme général. — On a incriminé longtemps comme causes des varices les efforts prolongés, l'immobilité dans la position verticale ou assise, les marches forcées ; mais comme on Fa fait remarquer, les varices surviennent aussi bien chez les sédentaires que chez les grands marcheurs sitôt qu'une certaine prédisposition ordinairement héréditaire commence à intervenir.
a. Les varices spontanées^ celles qui ne se rattachent à aucune compression, ressortissent le plus habituellement à un état général, à l'artériosclérose, à la nutrition défectueuse du tissu conjonctivo-vasculaire. La preuve clinique en a été souvent faite. « Tous ou l'un quelconque des symptômes de la maladie [arthritismè) surviendront peut-être ultérieurement, si même ils n'ont précédé le développement des varices. La preuve n'en sera que plus complète. » (Letulle.) Ces varices se produisent donc sous l'influence d'une asthénie systématique des tuniques vasculaires. Ce sont de véritables varices de faiblesse ou mieux, des veines dégénérées.
p. Les varices symptômatiques résultent de la distension forcée des parois veineuses par un
obstacle quelconque à la circulation; elles relèvent de l'hypertension veineuse. Ce sont des varices de force, ou mieux, des veiiies forcées.
b) Conditions anatomiques. (Voy. Veines du membre inférieur.)
Le siège de prédilection des varices est le segment sous-diaphragmatique du corps, le domaine de la veine cave inférieure. Jl faut en chercher les raisons :
a. Dans V action de la 'pesanteur qui contribue à augmenter le relâchement des parois veineuses dans ce territoire.
p. Dans les rapports des gros troncs profonds avec les organes adjacents.
1. Peut-être faut-il chercher dans le croisement de la veine iliaque primitive gauche, dans son passage au-dessus de l'artère iliaque droite, dans la disposition de l'S iliaque, la raison de la fréquence plus grande des varices à gauche.
2. Il est de même possible que l'abouchement à angle droit de la veine spermatique gauche dans la veine rénale favorise le varicocèle gauche.
c) En thèse générale on peut admettre que : h'asthénie vasculaire de cause générale, dyscrasique
est le facteur dominant des varices spontanées des veines du segment sous-diaphragmatique ;
Les obstacles mécaniques, par lésion matérielle, à la circulation veineuse sont les causes essentielles des varices du segment sus-diaphragmatique.
B. Etiologie.
A peu près toutes les veines peuvent être atteintes par le processus variqueux. Nous allons passer en revue les causes occasionnelles des varices pour la plupart d'entre elles.
Bi. Veines superficielles.
a) Veines du membre inférieur.
a. Tumeurs pelviennes, grossesses, phlébites des veines iliaques.
p. Affections chroniques du foie, du cœur, pléthore abdominale des goutteux.
b) Veines sous-cutanèes abdominales.
a. Ascite, pyléphlébite, cirrhose atrophique. p. Tumeurs abdominales.
c) Thorax.
a. Cancer du foie, phlébite du tronc de la veine cave.
p. Anévrysme de l'aorte abdominale.
d) Membres supérieurs.
Leurs varices sont habituellement provoquées par la compression des veines profondes (axillaire, sous-clavière, tronc brachio-céphalique).
a. Ganglions tuberculeux^lymphosarcome du cou.
p. Tumeurs du médiastin.
e) Têle et cou (très rares) :
a. Compression tumorale.
p. Asystolie chronique.
B^. Veines profondes.
Les plus intéressantes sont :
a) Les varices des veines du cordon : varicocèle. Assez souvent symptomatiques d'une tumeur du rein.
b) Les varices des régions limitrophes entre les systèmes porte et cave.
a. Varices œsophagiennes : cancer du foie, pyléphlébite^ cardiopathies.
P. Varices stomacales.
Y. Varices ano-rectales : hémorrhoïdes. (Voy. Vaisseaux et nerfs du rectum.)