IV. CompHcations
Les variqueux sont exposés à un certain nombre de complications dont les plus communes sont : les ruptures
externes ou interstitielles, la phlébite aiguë, les éruptions, les ulcères.
A. Ruptures.
a) Ruptures externes.
Elles résultent de ramincissement trophique de la peau au niveau d'une ampoule veineuse et sont ordinairement consécutives à un traumatisme ou à un effort. Elles se produisent le plus souvent au niveau des varices sous-muqueuses (anales, vulvaires), mais souvent aussi aux membres inférieurs. L'hémorrhagie qu'elles déterminent est presque toujours abondante parce qu'elle se produit sans douleur, sans que le malade soit prévenu et que le sang n'a pas de tendance à se coaguler. Elle peut parfois entraîner la mort ; on y remédie assez facilement par la compression.
b) Ruptures interstitielles .
a. Profonde^ elle peut être prodromique et constituer le syndrome dit « du coup de fouet » (douleur brusque en coup de fouet) suivie d'ecchymose avec gonflement des parties profondes. La thrombophlébite qui en résulte est ordinairement bénigne, aseptique.
P . La rupture sous-cutanée se traduit par une large ecchymose précoce, étalée, très lente à se résorber.
B. Phlébite aiguë.
a) Elle est consécutive à une affection locale à porte d'entrée cutanée (eczéma, éraillure, ulcère) ; à \ine infection générale charriée par le sang (grippe, fièvre typhoïde, tuberculose, etc.). Elle est surtout fréquente dans les varices serpentines anciennes. La grossesse et les maladies infectieuses y prédisposent.
b) Elle peut être tronculaire ou se localiser à un paquet variqueux.
a. Si la phlébite tronculaire est superficielle, elle se caractérise par de la douleur sur le trajet du vaisseau enflammé, par de l'empâtement de la région et la présence d'un cordon dur, noueux et douloureux à la place de la veine. Elle peut rester
localisée ou envahir tout le tronc et être l'origine d'embolies. Son allure est subaiguë, ses récidives faciles.
Si la phlébite tronculaire est profonde, il y a peu de signes ; cependant la douleur, rempâtement profond, l'œdème, la fièvre peuvent permettre le diagnostic.
p. Si la phlébite envahit un paquet variqueux, elle forme une véritable tumeur inflammatoire constituée par la peau et le tissu cellulaire souscutané et s'accompagnant de troubles fonctionnels et généraux graves.
c) Quelle que soit la variété anatomique de phlébite à laquelle on ait à faire, la phlébite peut se terminer avec ou sans suppuration.
Soit que la veine se sclérose, s'indure, s'oblitère, soit qu'elle suppure, donne naissance à de véritables phlébophlegmons. Dans l'un et l'autre cas, la phlébite variqueuse peut être le point de départ à^embolies qui, si elles partent de phlébites suppurées « donnent lieu à tous les signes de la septico-pyohémie et tuent généralement les malades ».