V. Syniptonies
Nous pouvons, de façon un peu schématique, diviser en quatre périodes l'évolution du mal perforant plantaire : période pré-ulcérative, période ulcérative, période de désorganisation profonde, période de réparation enlln^ qui peut faire suite à Tune quelconque des trois périodes précédentes.
A. Période pré-ulcérative.
Elle peut être caractérisée :
a) Par de la dermo-synovite : un durillon se forme, une bourse séreuse accidentelle se développe au-dessous, s'enflamme, s'ouvre, le pus s'élimine, laissant une lésion suppurative qui n'a aucune tendance à la cicatrisation.
b) Par un épanchenient sanguin sous un durillon. Cet épanchement s'élimine, du pus remplace le sang et l'ulcère se forme.
c) Par une simple vésicule sanguine ou séreuse qui crève laissant le derme nu et suppurant.
Quel que soit le mode de début, la lésion qui lui succède se creuse, s'ulcère et déjà on peut constater autour, des troubles divers de la sensibilité.
B. Période ulcérative.
a) La lésion siège habituellement, nous l'avons dit, à la face plantaire du pied, au niveau des articulations métatarso-phalangiennes des orteils, surtout du premier au cinquième ; fréquemment à la face plantaire du gros orteil, au niveau de l'articulation des première et deuxième phalanges, exceptionnellement en un autre point (face dorsale des orteils, talon, etc.).
b) L'ulcère est arrondi, d'un diamètre de quelques millimètres à un centimètre, ses bords sont taillés à pic,
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décollés, limités par un bourrelet épidermique épais parfois de un centimètre : cratère épidermique de Follin.
Le fond est tomenteux, secrète un pus horriblement fétide, formant des croules qui recouvrent l'ulcération ; quand les gaines synoviales et tendineuses sont atteintes, les mouvements de l'orteil deviennent impossibles.
c) On constate en môme temprs, du côté malade, de l'abaissement de la température, une anesUiésie absolue de l'ulcère et des parties environnantes s'étendant parfois à une grande distance et des douleurs spontanées violentes.
En même temps on constate d'autres troubles trophiques : lésions diverses des ongles (épaississement, cannelure, incurvation), allongement des poils, état lisse et luisant de la peau (glossy-skin), pigmentation, vililigo, hijperhydrose, etc.
La lésion traitée à ce moment guérit toujours ; abandonnée à elle-même, la dystrophie progresse et envahit les tissus profonds.