C. DÉVIATIONS DU RAGHIS
Ces déviations ont été mises en évidence surtout par les travaux de Charcot, Babinski, Brissaud ; elles constituent un phénomène à peu près constant dans la sciatique.
a) ha, scoliose est e7i général croisée^ c'est à-dire, le tronc est incliné du côté opposé à la sciatique, la hauteur du flanc opposé à la lésion diminue considérablement et devient parfois nulle ; cette altitude hanchée détermine dans le flanc rétréci la formation d'un ou plusieurs plis cutanés horizontaux dont M. Babinski a bien montré l'importance diagnostique.
Le rachis présente une courbure à convexité du côté malade. Cette courbure de la région dorso-lombaire entraîne une courbure en sens inverse des parties supérieures du rachis de façon à établir l'équilibre.
De cet ensemble de déformations résulte une hauteur inégale des deux épaules et une attitude plus ou moins bizarre du malade (attitude hanchée).
Cette déformation résulte de l'attitude que prend instinctivement le patient pour atténuer la douleur par le déplacement du centre de gravité du corps. Elle se montre toujours lorsqu'un membre inférieur est douloureux, et a pour but d'éviter tout travail à ce membre légèrement fléchi.
b) La scoliose peut être homologue^ c'est-à-dire inclinée vers le membre malade. Le rachis décrit une courbe à convexité : regardant le côté sain, la déformation est donc en sens inverse de la précédente. « Comme conséquence la presque totalité du poids du corps porterait sur le membre douloureux si le sujet n'avait soin de faire saillir fortement la hanche saine , en sorte que, suivant la remarque de M. Brissaud, l'attitude est celle d'un individu qui porte un seau à bout de bras en évitant de se mouiller. »
Cette scoliose homologue se montre dans les cas où la partie supérieure du sciatique et du plexus sacré sont atteintes. Elle résulte des efforts que fait le malade pour relâcher les muscles pelviens à cause de l'hypéresthésie
NEVRALGIE SCIATIQUE 2797
profonde plus ou moins marquée de la fosse iliaque due à la névralgie des branches du plexus lombaire.
c) La scoliose enfin peut être (dans des cas d'ailleurs rares) alternante, c'est-à-dire que le malade peut présenter tour à tour une scoliose croisée et une scoliose homologue, tantôt sous la seule influence de la volonté, tantôt par suite de l'évolution simple de la maladie. La pathogénie de cette variété de scoliose est encore controversée.
d) A la scoliose enfin s'associe toujours un certain degré de rotation et de cyphose ; cette dernière déformation peut même dans certains cas prendre le pas sur la scoliose.
D. Troubles urinaires.
La polyurie est le plus fréquent de ces troubles — elle est presque constante dans les sciatiques douloureuses. La quantité d'urine émise est de 2 à 4 litres. Elle suit une marche parallèle à l'évolution de la sciatique. On peut dans les mêmes cas en rapprocher Yazoturie et la glycosurie.
L'évolution de la sciatique, le groupement des signes précédents, le tableau clinique sont' fort variables suivant les cas ; d'où la nécessité de grouper ces variétés si disparates, d'en faire des catégories, d'en décrire des formes.