II. Glandes sébacées
A. Description morphologique.
Ce sont des glandes en grappe situées dans les parties superficielles du derme.
a) Considérées dans leurs rapports avec les autres cléments de la peau, on peut les diviser en trois catégories.
a. Glandes sébacées pilaires, ce sont de beaucoup les plus nombreuses ; elles s'ouvrent généralement au niveau du col du follicule pileux. Le plus souvent plusieurs s'ouvrent au même niveau formant une espèce de couronne péri-folliculaire. Leur volume est en raison inverse de celui du poil auquel elles sont annexées.
p. Glandes sébacées indépendantes s'ouvrant directement à la surface de la peau sans aucun rapport avec les poils. On ne les rencontre guère que ; sur les petites lèvres et sur l'aréole du mamelon. Y. Glandes sébacées annexées à un follicule minuscule.
Le follicule pileux et le poil existent; mais ont subi un arrêt de développement définitif, h) Considérées au point de vue morphologique, ce sont des glandes en grappe :
a. Dont les acini sécréteurs arrondis s'ouvrent dans :
p. Un tube excréteur court, cylindrique ou infundibuliforme de 12 à 30 f de diamètre.
B. Structure microscopique.
a) Paroi propre. — C'est une expansion de la membrane vitrée du follicule pileux ; elle est constituée par une membrane hyaline transparente, amorphe, doublée extérieurement d'une enveloppe connective dans laquelle se distribuent les vaisseaux. Le réseau élastique de cette couche conjonctive est d'autant plus serré qu'on se rapproche d'avantage de l'embouchure du canal excréteur.
1)) Epithélium glandulaire. — Il représente le prolongement de la gaine épilhéliale externe du follicule pileux.
Cet epithélium rappelle la constitution de l'épiderme dont il dérive; il est stratifié; sa couche profonde ou basale est de cellules cylindriques, parmi lesquelles on
observe de nombreuses figures cylindriques caryokynétiques, c'est-à-dire que, comme pour l'épiderme, cette couche de cellules est la couche génératrice, celle d'où dérivent les éléments des couches sus-jacentes ; mais tandis que des cellules basales aux cellules plus superficielles de l'épiderme l'évolution se fait pour aboutir à la cellule cornée, dans la glande sébacée l'évolution se fait des cellules basales à celles qui sont situées plus vers le centre du cul-de-sac, pour aboutir à la cellule sébacée déhiscente qui est une cellule graisseuse d'origine épithéliale (Mathias Duval). Ces cellules se chargent de granulations graisseuses d'autant plus riches que la cellule est plus éloignée de la membrane basale, au centre du cul-de-sac. La cellule n'est plus représentée que par une membrane d'enveloppe remplie de graisse. Quelques-unes des cellules de ces culs-de-sac sébacés subissent l'évolution cornée; « aussi trouve-t-on, entre les cellules sébacées, des cloisons formées par des cellules kératinisées semblables à celles de la couche cornée de l'épiderme ». Ranvier.
PHYSIOLOGIE
A. Opinion classiqne.
A^. Les GLANDES suDORiPARES sécrétcnt la sueur qu'elles déversent d'une façon continue à la surface de la peau.
a) Composition de la sueur.
La sueur est un liquide incolore, transparent, d'une odeur sut generisy d'une saveur salée, d'une réaction acide.
Elle contient de 5 à 12 p. 100 de matières solides, soit en moyenne quatre fois moins que le même volume d'urine. Elle renferme entre autres des acides gras volatils (butyrique, formique, propionique, etc.), faiblement combinés à des bases (soude ou potasse), formant ainsi des combinaisons peu stables d'où l'acide se dégage facilement, des graisses neutres et de la cholestérine ; de \urèe (1 gramme en moyenne par litre), des sels minéraux (chlorures surtout) et accidentellement des
principes toxiques ou médicamenteux (arsenic, iodure de potassium, camphre, etc.).
b) Rôle et usages.
La sueur est une voie importante de dépuration ; elle supplée dans une certaine mesure la sécrétion rénale; mais sa faible teneur en principes solides excrémentitiels nous montre qu'on aurait tort de compter sur la sécrétion sudorale pour remplacer la dépuration urinaire, dans les cas d'urémie par exemple.
¥A\e, ioViQ un rôle certain dans la régulation de la chaleur animale. L'élévation de la température du corps produit, entre autres phénomènes, une hypersécrétion sudorale et secondairement de la réfrigération par évaporation de cette sueur.
Enfin elle entretient un état onctueux de la peau très favorable au toucher.
c) Mécanisme de la sécrétio7i.
a) Phénomènes cellulaires. — La sécrétion sudorale est le type de la sécrétion dite mérocrine., c'est-à-dire de celle dans laquelle le produit sécrété représente seulement une partie de cellule glandulaire, cette cellule persistant intacte pour un nouveau travail. La cellule glandulaire, après élaboration au sein de son protoplasma des substances excrémenlitielles, évacue simplement ces substances et après celte excrétion elle persiste, avec son corps protoplasmique et son noyau, prête à recommencer à élaborer à nouveau et à excréter à nouveau dans la cavité de la glande (M. Duval).
b) Phénomènes vaso-moteurs. — D'une façon absolue la sécrétion sudorale peut être indépendante de la circulation ainsi que le prouvent :
1 . L'exagération de la circulation périphérique sans hypersécrétion sudorale (stade de chaleur des fièvres) ;
2. L'hyperhydrose sans exagération de la circulation périphérique (sueurs froides, émotives, sueurs agoniques).
Cependant il est incontestable que, en dehors de ces cas et d'une façon générale, la fonction vasomotrice est en rapport étroit avec la fonction sudorale, que l'afflux sanguin est une des conditions de la sécrétion, puisque c'est aux dépens du sang qui circule dans les réseaux artériels péri-gloniérulaire et péri-canaliculaire que la cellule glandulaire produit et sécrète la sueur. Il faut seulement savoir qu'à côté du facteur vaso-moteur, on doit tenir compte, dans la sécrétion sudorale, du facteur nerveux agissant directement sur les éléments glandulaires sans l'iatermédiaire des vaisseaux.
c) Phénomènes nerveux. — Il existe des nerfs sudoraux se distribuant aux cellules sudorales ; ils se rencontrent dans le nerf sciatique pour le membre inférieur, dans le médian et le cubital pour le membre supérieur, etc —
On n'a pas pu cependant suivre les terminaisons nerveuses jusque dans les cellules glandulaires et l'opinion adoptée est que ces terminaisons nerveuses se terminaient entre les cellules.
Les nerfs sudoraux proviennent de la moelle ou du bulbe, où existent de véritables centres sudoraux qui peuvent être excités par diverses influences périphériques (excitation périphérique, névrite, pilocarpine) ou centrales (état asphyxique du sang, hj'perthermie sanguine, strychnine, acétate d'ammoniaque, etc.).
A^. Les GLANDES SEBACEES sont le type des glandes à sécrétion holocrine, c'est-à-dire de celles dans lesquelles la cellule tout entière tombe en déliquium, en déhiscence, pour constituer le produit sécrété.
La cellule sébacée est une cellule épidermique qui s'est chargée de graisse et dont l'évolution a pour terme la destruction et la mise en liberté du matériel formé au sein de son protoplasma, de sorte que le sébum, produit ultime de la sécrétion, est constitué non-seulement par des matières grasses, mais encore par les débris de la cellule dans laquelle ces matières grasses se sont formées. (Ranvier).
Cette théorie physiologique de la formation du sébum
s'applique également à la production du lait. Nous savons d'ailleurs que la glande mammaire est une glande sébacée géante.
B. Opinion de Unna et de Uleissncr.
Les glandes sudoripares sont-elles en réalité, comme on le conçoit communément, le siège d'une sécrétion de sueur et ne remplissent-elles pas un autre rôle ?
Les recherches de Unna et de Meissner rendent très vraisemblable cette opinion que les glomèrules sécrètent une substance graisseuse et non la sueur. Ils invoquent entre autres arguments ces faits :
1. Que les glandes sébacées en nombre restreint par rapport aux glandes sudoripares ne semblent pas pouvoir suffire à graisser toute la surface cutanée, mais seulement la région pilaire ;
2. Que certaines régions toujours bien graissées (paume des mains, plante des pieds) ne possèdent aucune glande sébacée.
Dans cette hypothèse la sueur serait sécrétée au niveau des papilles du derme si admirablement disposées en vue de cette sécrétion (anses vasculaires, disposition du tissu cellulaire, pénétration des papilles dansl'épiderme, analogie avec les villosités intestinales). Les pores sudoraux seraient les confluents de zones d'excrétion : ils recevraient à la foisi la graisse élaborée par le giomérule et la sueur issue des papilles. A partir des cellules épineuses il n'existe plus de canal à paroi propre; la graisse et la sueur, venues chacune de leur source respective, cheminent de concert entre les interstices des cellules et elles arrivent à la surface cutanée confondues l'une avec l'autre.
Oibllograpliie : Dieulakoy, Maniicl de pathologie interne, 12'^^'= édition. — CoMBY. Traite des maladies de l'enfance, p. 96. — Josias. In Traité de thérapeutique appliquée, de Robin, fasc. IV, p. 85, — ■ Barbier. Traité de la rougeole. — Granchér. Art. in Traité de médecine, de Brouardel, t. I, p. 291 et 300.
« La rougeole, surtout à l'hôpital, dans la caserne et dans certaines épidémies, se complique d'affections nouvelles, surajoutées, véritables infections secondaires qui peuvent évoluer avec la maladie, dès le début, et précéder même l'exanthème ou, plus souvent, apparaître dans le cours ou le déclin de la fièvre éruptive. Dans tous les cas, le malade est atteint de deux maladies microbiennes, sinon de plusieurs en même temps, et la rougeole semble avoir préparé le terrain. Telle est la conception moderne de la rougeole compliquée (Granchér).
Bard exprimait dès 1888 la même idée en déclarant que ces complications sont « des additions morbides dues à la germination parallèle de plusieurs parasites, côte à côte, dans un même organisme ».
L'examen bactériologique a servi de base à cette doctrine de Y infection secondaire . Mais on peut admettre que dans quelques cas ces complications sont dues à l'excès de virulence de l'agent pathogène.
Après avoir passé en revue ces complications en les groupant par appareils [groupement anatomique), nous essaierons, dans une vue d'ensemble de les grouper, suivant les éléments spécifiques qui leur ont donné naissance {groupement bactériologique), et suivant la période de l'évolution de la maladie pendant laquelle on devra s'attendre à les rencontrer [groupeinent clinique).
2866 QUESTIONS d'internat