‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 598 sur 676 · TESTE · texte numérisé non relu

TESTE

En 1896, première application du sérum à l'homme par Yersin. Sur 26 pestiférés dont 3 à Canton et 23 à Hanoï traités par Yersin, deux seulement succombèrent.

A ce moment éclata la peste, de Bombay il fallut envoyer des quantités énormes de sérum dans l'Inde et on se décida à tenter V immunisation des chevaux avec des cultures tuées par la chaleur en raison des dangers que présentaient les injections de bacilles vivants.

L'application de l'immunisation par ce procédé faite en 1896 et 1897 dans l'Inde par Yersin d'abord, puis par Slinaud, montra qu'il était insuffisamment actif pour le traitement de la maladie chez l'homme. Il réduisait la mortalité de 80 à 50 Vq.

A celte époque la Commission allemande et la Commission autrichienne pour Tétude de la peste dans l'Inde, concluaient dans leurs rapports que les résultats constatés à cette époque ne permettaient pas d'affirmer l'efficacité curative du sérum de Yersin.

Roux obtint un progrès très notable dans la préparation du sérum en vaccinant les animaux d'abord avec des cultures chauffées puis avec de la toxine soluble. Le sérum était beaucoup plus actif.

Enfin on finit par constater quon pouvait, sans aucun danger, injecter des microbes vivants à des animaux déjà habitués aux microbes morts et à la toxine soluble et qu'on obtenait alors un sérum vraiment complet capable de guérir les animaux quand la maladie était déjà en pleine évolution.

A ce moment (août 1899) éclata la peste d'Oporto.

MM. Calmette et Selimbéni envoyés par l'Institut Pasteur employèrent le sérum anti-pesteux malgré une certaine résistance de la part des médecins portugais, encore influencés par la publication des rapports des Commissions allemande et autrichienne l'année précédente.

II y avait en môme temps en présence un autre traitement de la peste : le vaccin Haffkine proposé par le D"" Ferrand de Barcelone.

La méthode n'HAFFKiNE, ancien élève de M. Metchnikoff consiste à injecter à des individus sains quatre centimètres cubes d'une culture en bouillon de bacille pesteux stérilisée à une température de 70°. L'individu a une réaction inflammatoire^ à l'endroit de Tinjection, accompagnée de tu-

méfaction douloureuse au niveau du paquet ganglionnaire correspondant, élévation de la température, céphalalgie, faiblesse générale. Deux ou trois jours aprèsl'individu est tout-àfait rétabli. Huit jours après la première, on fait une seconde injection suivie de phénomènes généraux moins intenses et l'individu est considéré comme vacciné pour trois mois.

La vaccination préventive par le sérum anti-pesteux de Yersin,^m est préférable à la vaccination par la méthode de Haflkine, n'est suivie d'aucune réaction générale ou locale.

Comme résultats du traitement par le sérum, l'histoire de l'épidémie d'Oporto donne un exemple :

Du 3 septembre au 18 novembre, 152 pestiférés entrent à l'hôpital du Boufim; 2 sont morts en arrivant, 10 n'ont pas reçu de sérum parce qu'ils étaient en convalescence avec leur bubon déjà en suppuration; 140 ont été traités par le sérum, 21 sont morts ; mortalité = 14,78 Vo-

Pendant le même temps on comptait en ville 72 pestiférés auxquels on n'a pas donné de sérum, 46 sont morts ; mortalité = 63,72 %. On a donc le droit de dire que sur 100 personnes atteintes de la peste, 49 doivent leur salut au sérum anti-pesteux.

L'injection de sérum a une action très nette sur le bubon.

24 h. après l'injection les douleurs diminuent ou cessent.

Si le bubon est récent il ne suppurera pas.

La température est notablement abaissée après chaque injection de sérum.

Le pouls se relève,

La tension artérielle augmente,

L'état général s'amende rapidement.

Si le délire persistec'est sousune forme calme, raisonnable.

La période de convalescence est plus courte.

Le nombre d'injections de sérum anti-pesteux varie avec la gravité des cas et des épidémies.

Mesures prophylactiques.

Destruction méthodique des rongeurs, rats, souris (marmotes en Mandchourie) ;

Sérothérapie de l'entourage d'un pestiféré ;

Désinfectionrigoureusedes locaux, linges, objets mobiliers;

Vaccination obligatoire de tout être ayant approché le foyer contaminé.

FASCICULE XVI

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