GAINES SYNOVIALES DE LA MAIN
dans lequel un fin stylet peut quelquefois à peine entrer. Ce point rétréci est formé par la présence du ligament orbiculaire de l' articulation mélacarpo-phalangiimne du pouce qui maintient les os sésamoïdes attachés à la première phalange et réunis entre eux. En outre, la présence, à ce niveau de libres arciformes, applique le tendon du fléchisseur propre du pouce étroitement contre l'articulation. Au-dessus et audessous de ce point, la séreuse se dilate pour prendre la forme que nous lui avons assignée. Quand on a ouvert la cavité séreuse, on constate que lé tendon du fléchisseur du pouce n'y est pas tout à fait libre, mais qu'il reçoit un méso-tendon qui se jette le plus ordinairement sur son côté interne, et qui l'accompagne jusqu'au niveau du doigt. La longueur totale de cette séreuse est de 10 à 12 centimètres, si l'on comprend le prolongement digital. Au point de vue de ses rapports, la gaine radio-palmaire répond : dans le doigt, à la face interne du canal ostéo-fibreux ; dans l'érninence thénar, aux muscles adducteur et court fléchisseur du pouce ; au niveau du poignet, à la partie radiale du canal carpien en dehors, au nerf médian, aux tendons fléchisseurs de l'index et à la séreuse palmaire cubitale en dedans.
Le cul-de-sac inférieur, situé au niveau de l'insertion du tendon sur la phalange, est annulaire et présente de chaque côté un repli falciforme. Le cul-de-sac supérieur est arrondi et répond à la partie inférieure du radius. Dans ce cul-de-sac la séreuse présente toujours un repli qui se détache de la paroi cubitale, enveloppe le tendon du fléchisseur du pouce à la façon d'un cornet dont le bord libre vient faire saillie dans la cavité séreuse tandis que la pointe remonte vers l'avant-bras, le long du tendon (Poirier). Les auteurs classiques décrivent, comme nous l'avons vu, cette terminaison supérieure comme une terminaison en fuseau.
ÏV. Bourses séreuses. Accessoires.
Signalées par la plupart des anatomistes, ces gaines synoviales accompagnent les tendons fléchisseurs de l'index et peuvent rester indépendantes, intermédiaires aux deux synoviales précédentes cubitopalmaire et radio-palmaire. On en décrit deux qui sont : la séreuse palmaire moyenne postérieure et la séreuse palmaire moyenne antérieure.
A. SÉREUSE PALMAIRE MOYENNE IOSTÉRÎEURE. Cette sé-
reuse existe, suivant Poirier, huit fois sur dix. Elle s'élend du rebord saillant du radius à un point plus ou moins inférieur du tendon du fléchisseur profond de l'index. Elle est située dans le canal carpien entre les deux grandes gaines synoviales extrêmes, et c'est par son intermédiaire que les deux gaines communiquent entre elles lorsque la conimunicalion existe.
B. SÉREUSE PALMAIRE MOYENNE ANTÉRIEURE. — Cette séreUSC
existe, suivant Poirier, cinq fois sur dix environ. Elle est sur un plan superficiel à la précédente, entre le tendon superficiel et le tendon profond du fléchisseur de l'index. Elle est, comme la précédente, peu développée, et sa conslilution montre qu'elle n'atteint jamais un degré complet d'organisation.
Variétés anatomiques des gaines interne et externe.
1. Premier type. — Gaine externe complète, gaine interne complète, communication de la gaine digitale et de la haine palmaire de la synoviale cubito-palmaire.
2. Deuxième type. — Gaine externe complète, gaine palmaire cubitale indépendante, gaine digitale auriculaire indépendante.
3. Troisième type. — Disposition plus rare. Une seule gaine réunissant la gaine externe et la gaine interne complètes. Disposition acquise.
i. Quatrième type. — Gaine externe, gaine interne complète ou divisée en deux compartiments, gaine palmaire moyenne postérieure sous le tendon fléchisseur profond de l'index.
5. Cinquième type. — Gaine externe complète sur un plan profond^ gaine interne superficielle qui envoie un diverticule sous les tendons fléchisseurs des doigts jusqu'au bord interne de la paume de la main.
6. Sixième type. — Plus rare. Gaine externe palmaire indépendante de la gaine du pouce coïncidant avec l'un des cinq types précédents.
7. Septième type. — Quelle que soit la disposition des gaines interne et externe, les deux séreuses palmaires moyennes, antérieure et postérieure, existent, etc.
i.AIXES SYNOVIALES HE LA MATX 29t)l
SIriicliii't*.
a. Une couche externe de tissu conjonctif ot élastique dans laquelle les fibres élastiques sont en quantité prépondérante.
p. Une couche interne, endothéliale^ composée de cellules régulières^ aplaties. Cette couche, qui double le feuillet externe de la partie pariétale de la gaine, forme à elle toute seule un feuillet viscéral. Sur ce dernier feuillet les cellules sont grandes, allongées et engrenées les unes dans les autres.
Y- U)U' mince couche de liquide: est interposée aux deux feuillets de la gaine.
\ îiisseaiix el nerfs.
a) Artères. — Les vaisseaux, qui viennent des arcades palmaires, semblent se tamiser en traversant le tissu périsvnovial et se distribuent en grande abondance à la surface même du feuillet pariétal. Leurs ramifications sont disposées en arborisations très fines, très grêles et très longues qui, protégées par les niésos, gagnent les tendons.
b) Lymphatiques. — Décrits en grand nombre dans les tendons par Ludwig et Schweigger-Seidel, lesl3'mphatiques doivent gagner les mésos et se comporter au niveau des parois de la gaine comme les Ij^mphatiques du péritoine, de la plèvre et de toutes les séreuses ; mais aucune injection suffisante n'a pu les mettre en relief à ce niveau.
c) Nerfs. ■ — Sappey les a décrits. Ceux de la séreuse carpo-phalangienne interne proviennent de deux sources de même que ceux de l'externe, du nerf médian et de ses collatérales d'un côté, des branches du cubital de l'autre. Ces branches nerveuses se rendent surtout sur la paroi antérieure de la gaine, ceux de la paroi postérieure sont plus rares. La branche profonde du cubital fournit souvent, avant de pénétrer dans l'adducteur du pouce, quelques ramuscules à la gaine du pouce.
Dé vel oi>peiiienl.
Toutes ces gaines sont produites par les mouvements de glissement des tendons fléchisseurs. Indépendantes au début, elles se fusionnent suivant les types signalés plus haut d'après des règles qui dépendent de l'âge et des professions manuelles des individus sur lesquels on les étudie.
Physiologie.
Leur rôle est important au point de vue du jeu des tendons dont elles facilitent le glissement, dans une région où les tendons abondent et reposent sur un plan ostéo-fibreux. Elles servent en outre à la nutrition des tendons qu'elles enveloppent.
La gaine préputiale des doigts est en rapport avec le mouvement de retrait et de sortie du tendon : dans l'extension, la gaine est à son minimum de profondeur ; au contraire, quand la flexion, attirant en haut le tendon, paraît le raccourcir, le tendon s'invagine dans son repli préputial dont la profondeur s'accroît. La gaine préputiale calote et décalote tour à tour le tendon (Poirier).