‹ Recueil de questions d'internat (volume 2)Chapitre 648 sur 676 · COMPLICATIONS DE LA BLENNORRHAGIE · texte numérisé non relu

COMPLICATIONS DE LA BLENNORRHAGIE

Bibliographie : dicUonnaire Dechambre. — Trailc de niédecine. • Alanuel de médecine. — Dieulakov, Hayem et I^aiwe.ntjer {Rer. de inéd., 1888. — Perrin. Annales de dermatologie, 1890). — Van as. Semaine médicale, 1890. — Charrier. Péritonite blennorrhagique chez la femme, Paris, 1892. — Marcel Sée. Thèse de Paris, 1890. — Annales de Vlnstitut Pasteur, 'Zo août 1897. — Traite de Brouaruel, Gilbert et Girode.

Définition.

La blennorrhagie est une maladie infectieuse due à la pullulation du gonocoque de Neisser^ et caractérisée, quelle que soit sa localisation primitive (urèthre^ vulve, vagin, conjonctive'^ par un e'coulement purulent abondant.

BactérioI02,ie«

Le gonocoque, découvert en 1879 par Neisser, est constitué par un diplocoque facilement colorable par les couleurs daniline, et qui se décolore par la méthode de Gram. Ces diplocoques sont formés par la réunion de deux « coccus » ayant l'aspect d'un grain de café, se regardant par leur face plane et séparés l'un de l'autre par un espace clair. Ils se groupent en amas, sont mobiles, habitent les globules de pus et les cellules que l'on trouve dans le liquide purulent. Le gonocoque se développe assez bien sur un milieu acide. Sur du sérum de sang humain il forme au bout de deux jours une tache grisâtre qui disparait bientôt, parce que le gonocoque n'a pas la vie longue. L'inoculation aux animaux n'a jamais reproduit la blennorrhagie.

Syniptoniatologîe.

La blennorrhagie est caractérisée chez l'homme par les symptômes suivants : rougeur du méat, douleur de l'urèthre qui est à la fois induré par places, moniliforme ; écoulement

29r,4 QLEîîTlONS D IXTËR.NAT

d'abord muco-puruleiit, puis neltement purulent, vorrlàtre; sensation de chaleur au méat, douleur de cuisson pendant les mictions le long de l'urèthre, érection et éjaculation très douloureuses; altération de VtHat grnêral. Quelquefois tîèvre, toujours dépiession, pâleur du malade, anémie par l'insomnie, etc.

Chez la femme les symptômes intéressent à la fois l'urèthre, la vulve et le vagin, l'état général. Le début est marqué souvent par un peu de lièvre le soir, par une sensation de cuisson portant sur l'urèthre et la vulve. On rencontre ensuite les symptômes suivants : gène de la marche par gonflement de la vulve, miction fréquente et cuisante, pesanteur dans le bas-ventre et douleur dans les cuisses, tuméfaction des grandes et petites lèvres, rougeur du méat, douleur au toucher sur le trajet de l'urèthre, teinte violacée de l'entrée du vagin, quelquefois vaginisme. En même temps on rencontre un écoulement abondant de pus qui agglutine les poils, une faiblesse et une pâleur particulières, quelques frissons et un peu de lièvre.

Division des eouiplicalioiis.

L'étude qui précède nous a montré l'existence du gonocoque sur une muqueuse de l'organisme, sa pullula' ion, les symptômes locaux et généraux auxquels il donne lieu.

La blennorrhagie est en elfet une maladie générale à préférences locales marquées du côté des organes génitaux urinaires, et l'étude de ses complications doit nous faire distinguer :

A. Les complicatiorts locales;

B. Les complications générales.

Patliog'énie des complications.

Tandis que la pathogénie des complications locales est facile à saisir, la pathogénie des complications générales est encore enveloppée de mystères, et malgré la foule des théories mises en avant son étude est encore à faire. En effet, la pathogénie d'une complication locale de la blennorrhagie n'est pas différente de la palhogénie de la blennorrhagie elle-même.

Il s'agit ici encore du transport du gonocoque en un point quelconque de 1 organisme, soit que ce transport soit fait

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par propagation, en vertu de la mobilité si grande du gonocoque, soit que ce transport soit dû à une auto-inoculation, dans les cas de conjonctivites blennorrliagiques, par exemple.

La pathogénie d'une complication générale de la blennorrhagie ne comporte pas une si grande facilité d'explication, et nous allons exposer les phases qu a traversées la question à propos des manifestations articulaires de la blennorrhagie.

Historique.

Selle, Swiedam, Hueter signalèrent les premiers, vers la lin du xviu" siècle, la présence simultanée de l'écoulement uréthral et du rhumatisme. Peu à peu on fit du rhumatisme blennorihagique une variété spéciale du rhumalisme, un pseudo-rhumatisme. Ricord étendit l'étude du rhumatisme blennorrhagique et en compléta l'étude sj^mptomatique en décrivant, à la suite de la blennorrhagie des manifestations abarticulaires.

C'est peu à peu que l'attention se porta vers d'autres lésions des divers appareils de l'organisme consécutifs à la blennorrhagie, que l'étude de ces lésions put être faite et que se trouva formé le lot si nombreux des complications générales de cette infection générale. En 1866, eut lieu à la Société médicale des Hôpitaux une discussion restée célèbre et à laquelle Peler, Fournier, Lorain prirent une part brillante. 11 en résulta les deux théories suivantes :

a. Pour les uns, le rhumatisme concomitant à la blennorrhagie était toujours le rhumatisme vulgaire,

1. Féréol pensait que la blennorrhagie créait la diathèse rhumatismale;

2. Charcot, Guéneau de Mussy , Pe/er avançaient que la blennorrhagie réveillait le rhumatisme latent.

p. Lorain, le premier, créa une diathèse blennorrhagique', pour lui^ la blennorrhagie est une maladie générale.

Sur cette assertion se fonda la seconde théorie; savoir :

y. Le rhumatisme blennorrhagiquc est un rhumatisme spécifique.

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