Diclay, Fournier en firent un rhumatisme réflexe
2. Lasègue le rapproche des arthrites des ma= ladies infectieuses, et voit en lui une pyohémic atténuée ;
3. Besnier admet une zone rhumatismale de Turèthre au niveau de laquelle pouvait naître le réflexe rhumatismal (théorie de Diday-Fournier), ou se faire la résorption du pus (théorie de Lasègue). Dans tous les cas il proclame l'assertion suivante : ce Tout rhumatisme dans la blennorrhagie est blennorrhagique. »
La question en était là au moment de la découverte du gonocoque par Neisser (1879). Alors Bourcy, élève de Bouchard, range le rhumatisme blennorrhagique dans la classe des pseudo-rhumatismes infectieux; mais tandis que les uns (Bousquet, Poncel) trouvent le gonocoque dans les articulations malades ; les autres (Straus, Mauriac, Dieulafoy et Vidal, Guyon et Janet) ne peuvent l'y découvrir.
Sur ce terrain s'établissent alors trois théories :
1. Les lésions du rhumatisme blennorrhagique sont dues aux produits solubles sécrétés (Guyon, Janet) ;
2. Les lésions du rhumatisme blennorrhagique sont dues à des agents d' infection secondaire (Julien, Patris de Broé) ;
3. Les lésions du rhumatisme blennorrhagique appartiennent aux deux classes suivantes : dans l'une il s'agit d'arthrite légère et le gonocoque est seul en cause \ dans l'autre, les lésions sont plus avancées, les microbes de la suppuration interviennent.
La question en est là actuellement, c'esl-à-dlre qu'elle n'est pas tranchée.
COMPLICATIONS DE LA BLEX NORRU AGIE 2967
l^ltiide clinique des couiplications €le la bleiiiiorrliagie.
I. CoMPLicATiOiNS LOCALES. — Lgs complications locales de la blennorrhagie doivent être divisées en deux, classes distinctes, suivant qu'elles sont dues à une auto ou héléroinoculation en un point du corps plus ou moins éloigne des organes génito-urinaires, ou suivant qu'elles reconnaissent pour cause une propagation de proche en proche du gonocoque à travers la longue filière uro-génilale chez l'homme et chez la femme.
.4. Complications par inoculation. — Il s'agit ici des accidents blennorrhagiques que l'on rencontre chez le sujet porteur de l'écouleraent uréthral ou chez un autre individu, et qui portent sur l'œil, sur l'anus, sur la bouche.
a) Complications oculaires. — Ces complications portent sur le nouveau-né et sur l'adulle.
a. Chez le nouveau-né. — La conjonctivite purulente se présente dans les trois ou quatre jours qui suivent la naissance. Elle est due aune hétéroinoculation au moment du passage de la tête fœtale dans le vagin pendant l'accouchement, dans les trois quarts des cas.
p. Chez V adulte. — La conjonctivite de l'adulte résulte du contact direct du pus blennorrhagique avec la muqueuse conjonclivale. Elle traverse les trois pe'riodes suivantes : 1° inflammalion catarrhale, gonflement considérable, rougeur, sécrétion de muco-pus ; 2° sécrétion considéiable de pus, chute de la paupière supérieure bombée par le pus sous-jacent, projection du pus au dehors lorsqu'on vient à ouvrir l'œil, pus concrète en pseudo-membranes devant la cornée, chémosis, adénite préauriculaire ; 3'' altération de la cornée, ulcération circulaire, perforation de la cornée, leucome adhérent ou panophtalmie, douleurs atroces.
b) Complications anales. Blennorrhagie ano-recfale. — Très rare, occasionnée par la sodomie, et ch< z la femme parle passage du pus dé la fourchette vuivaire à l'anus. Marge de l'anus érythémaleuse ou ulcérée
2oy •
296$ OUESTIOiNS d'iNTERxNAT
en carte de géographie (Jullien) ; muqueuse rectale tuméfiée, ulcérée ; écoulement muco-purulent, démangeaisons, brûlures, douleurs; spasmes du sphincter de l'anus, fissures concomitantes, épreintes, tenesme rectal. Cette afFection peut passer à l'état chronique et engendrer les condylomes ano-rectaux, les phlegmons ano-rectaux, les fistules, le rétrécissement du rectum. c) Complications buccales. — Exceptionnelles. Exanthème bucco-pharyngé pouvant être une cause d'inoculation uréthrale dans les cas de coït ab ore.
B. Complications par propagation.
Ces complications sont d'ordre différent chez l'homme et chez la femme. Tandis que chez l'homme les complications génitales sont de moindre importance et les complications urinaires très fréquentes, chez la femme, au contraire, les complications urinaires sont rares et les complications génitales occupent le premier rang.
a) Sexe masculin.
Nous étudierons tour à tour les complications qui portent sur le système génital et celles qui intéressent l'appareil urinaire.
a. Complications génitales.
1. Balano-posthite. — Coexiste presque toujours avec la blennorrhagie aiguë. Elle est favorisée par la longueur du gland et la malpropreté. Rougeur diffuse du gland, érosions à la couronne, gonflement œdémateux du prépuce, lymphangite, adénite inguinale.
2. Folliculite et cavernite dues à une infection mixte, gonocoque et microbes pyogènes ordinaires, inflammation des follicules du méat, nodosités dures contenant du pus qui s'écoule dans l'urèthre. Inflammation des follicules de la fosse naviculaire, formation d'abcès qui s'ouvrent parfois au niveau du frein. Inflammation des follicules de la région bulbeuse.
3. Coopériie ou coivpérite. — Apparaît environ trois semaines après l'infection ; pesan-
COMPLICATIONS DE LA 13 L E i\ i\ 0 H K il A G 1 E 29'6»
leur du périnée, vive douleur lancinante, exacerbation pendant la détécalion; tumeur grosse comme une noisette sur la ligne médiane entre les bourses et l'anus. Cette afîection peut aboutir à la résolution, à l'induration, à la suppuration avec ouverture dans l'urèthre ou au dehors, quelquefois des deux côtés,
4. Prostatite. — Simple congestion avec pesanteur du périnée, fréquence des mictions, douleur défécatoire, augmentation de volume saisie par le toucher rectal ; ou inflammation parenchymateuse plus rare avec les mêmes sj'mptômes que précédemment accompagnés , de douleurs lancinantes horribles, d'impossibilité de la miction, de fièvre, de suppuration avec ouverture dans l'urèthre et rejet de pus sanguinolent ou avec ouverture dans le rectum dans un tiers des cas. Complication très grave, mortelle dans un quart des cas.
o. Epididymite. — S'observe 20 fois sur 100 chez les malades d'hôpital, aussi fréquente à droite qu'à gauche ; double 1 fois sur 8. Apparaît vers la troisième semaine; causée par fatigues physiques, excès vénériens, injection mal faite. Débute par une légère douleur, puis par une pesanteur de l'un des testicules. Augmentation de volume de l'épididyme^ douleur à la pression, rougeur du scrotum, s'accompagne quelquefois d'hydrocèle.
6. De fèr entité. — Inflammation du canal déférent dans son trajet funiculaire et abdominal, s'accompagne de vésiculite du même côté et d'inflammation du lobe prostatique correspondant. Augmentation de volume du cordon, douleur, rougeur, fièvre; la suppuration est exceptionnelle ici comme dans l'épididymite.