IV. Muqueuse
La muqueuse de l'estomac : tunique veloutée de Fallope, tunique glanduleuse de Willis, revêt sans discontinuité toute la surface interne de l'organe. Elle fait suite en haut à la muqueuse œsophagienne, elle se continue en bas au niveau du pylore avec la muqueuse de l'instestin grêle.
Par sa structure, ses fonctions, ses maladies, elle constitue une des membranes les plus importantes de' l'économie, et son importance justifie pleinement les nombreuses recherches dont elle a été l'objet.
A. Aspect macroscopique.
a) Couleur, épaisseur, consistance.
a. Il est difficile de se faire dans une autopsie une idée exacte de la coloration de la muqueuse à l'état sain, car la mort l'altère rapidement en lui dounant une teinte relativement foncée, moitié rougeâtre, moitié grisâtre, quelquefois jaune ou verdâtre par imbibition biliaire.
L'expérience la montre, chez les animaux vivants, rouge quand l'estomac est vide, simplement rosée quand il est distendu par les aliments.
p. La muqueuse stomacale mesure 2 mm.
& épaisseur environ au voisinage du pylore.
Son épaisseur n'est plus que 1 mm. dans la région cardiaque, elle se réduit à 1/2 mm. sur certains points de la grosse tubérosité.
Y. « A l'état sain la muqueuse stomacale, sans égaler sur ce point les muqueuses pharyngienne et buccale, présente une certaine fermeté et une grande résistance. On peut, en effet, la laver, l'éponger avec un linge, promener sur elle le dos du scalpel, et cela sans la déchirer ou même l'entamer superficiellement. » (Testut).
Mais cette consistance s'altère rapidement après la mort, surtout quand l'estomac renferme des liquides. La muqueuse alors se ramollit, devient pulpeuse, se laisse enlever avec facilité et souvent même s'en va en bouillie sous l'action du frottement. Une déchéance aussi profonde et aussi rapide de la muqueuse stomacale est sans doute le résultat de la décomposition cadavérique et d'autodigestion par action du suc gastrique sur les éléments histologiques frappés de mort.
La consistance de la muqueuse n'est pas partout uniforme. Dans la région œsophagienne, au niveau de la grosse tubérosité notamment, la muqueuse plus mince, plus molle, plus vasculaire, ne s'enlève guère que par lambeaux.
Dans la région pylorique, plus épaisse, plus résistante, plus ferme, elle peut être enlevée dans toute son étendue.
b) Aspect extérieur.
a. Quand on l'examine plus attentivement, on constate que la surface est ridée par des replis ayant une direction'générale parallèle à son grand axe et s'effaçant quand on vient à étendre le fragment de paroi qui les supporte.
D'autres replis plus petits et orientés en sens inverse vont de la petite à la grande courbure et en croisant les premiers sous des incidences
diverses, ils décomposent la surface interne de l'estomac en de nombreuses dépressions ou vacuoles fort irrégulières, qui, bien formées quand l'estomac est vide, disparaissent complètement quand celui-ci est arrivé à Fétat de réplétion moyenne.
p. Examinée plus attentivement encore, à la loupe par exemple, la surface libre de la muqueuse nous présente des sillons circulaires et tout superficiels qui ont pour effet de diviser cette surface en une multitude de petits départements plus ou moins irréguliers et saillants, des mamelons de formes diverses.
Ils se montrent criblés de trous dans le fond desquels viennent déboucher les tubes glandulaires.
On n'y rencontre ni papilles, ni villosités, cependant au voisinage du pylore on voit de fines villosités, filiformes, lamelleuses, atteignant une hauteur de 0mm,05 qui donnent l'impression d'un anneau garni de franges, ce qui différencie nettement le pylore dont les parois sont d'ailleurs, nous l'avons vu, plus résistantes, dont l'ouverture est étroite, difficile à dilater, et où il existe en outre un anneau musculaire et un repli muqueux qui constituent le sphincter et la valvule pyloriques.
B. Aspect microscopique.
En examinant la muqueuse au microscope, on constate qu'elle se composé d'un épithélium de revêtement, de glandes en tube plus ou moins ramifiées, d'un tissu cellulaire lâche dans lequel existent de nombreux capillaires sanguins, çà et Jà des amas de tissu lymphatique et enfin d'une mince couche de fibres musculaires reposant ellesmêmes sur la celluleuse. Cette dernière couche de libres musculaires porte le nom de muscularis mucosœ. Elle joue un rôle important dans l'évolution d'un grand nombre de processus pathologiques.
a) L'épithélium.
a. Tapisse la surface des mamelons de la muqueuse et se continue dans la cavité des orifices glandulaires jusqu'en un point rétréci séparant la partie sécrétante du canal excréteur, jusqu'au collet de la glande.
£. Les cellules qui le composent sont cylindriques, prismatiques ou pyramidales tronquées à six pans. On les rencontre sous trois formes principales :