I. Généralités
A. De la fièvre typhoïde comme de toute autre maladie, il existe un type étalon : fièvre typhoïde de gravité moyenne chez un adulte aboutissant à la guérison.
B. Mais ce type général de fièvre typhoïde commune que nous décrirons tout d'adord, peut être profondément modifié.
à) Suivant le terrain sur lequel l'affection évolue (âge, surmenage, affaiblissement, maladies créant des lieux de moindre résistance), d'où les formes individuelles dans une même épidémie.
b) Suivant la virulence du bacille, nos connaissances sont très limitées à ce sujet, et cependant il est incontes table que cette virulence doit jouer un rôle dans les formes particulières à telle ou telle épidémie, dans ce que les Anciens appelaient la constitution médicale
c) Suivant enfin les infections secondaires surajoutées qui altèrent le type primitif.
C. La complexité des types morbides ainsi produits nécessite une division précise. Nous suivrons celle que
M. Thoinot a indiquée dans son article du Traité de Brouardel, et avec lui nous décrirons successivement :
a) Les formes empruntant leur aspect spécial à la prédominance d'un symptôme ou d'un groupe de symptômes.
b) Les formes empruntant leur aspect spécial aux conditions propres au sujet (âge, états pathologiques).
c) Les formes résultant de conditions extérieures au sujet, telles que le climat.
IL Fièvre typhoïde commune.
Il est classique de diviser l'évolution normale de la fièvre typhoïde telle qu'elle est décrite par Wunderlich en quatre périodes basées sur la ligure thermométrique :
Période d'incubation : apyrétique ;
Période d'invasion ou d'augmentation avec température ascendante, 3 à 4 jours ;
Période d'état ou stationnaire à température stationnaire, 8 à 9 jours ;
Période de déclin ou de' défervescence à température descendante, 5 à 6 jours.
C'est le cycle classique d'évolution en 3 septénaires.
A. Incubation.
Cette période s'étend de l'infection de l'individu à l'explosion des premiers symptômes.
La durée de cette période est difficile à préciser car les deux limites de cette phase (moment de fa contamination, début des accidents) sont également délicats à déterminer.
Souvent elle semble constituée par un état de malaise vague, de fatigue, de troubles digestifs fugaces ; d'autres fois les prodromes sont nuls.
]t. Invasion ou début.
a) Suivant deux modes :
a. Exceptionnellement brusque par malaise, frisson, élévation de température;
p. Ordinairement graduel, progressif, lent; dans ce cas l'alitement peut être tardif, il en résulte que la température reste le seul critérium certain du début.
b) La maladie constituée on note :
a. Des troubles nerveux :
1° Généraux : pendant la veille : céphalalgie, obtusion de l'intelligence, prostration, abattement, vertiges ; le sommeil fait défaut ou est agile.
2° Spéciaux : éblouissements, tintements d'oreille, bourdonnements, rachialgie, épistaxis.
p. Du côté du système digestif.
1° Les signes ordinaires de l'embarras gastrique qui simule parfois si bien la fièvre typhoïde (bouche amère, pâteuse, langue saburrale).
2° Du côté du ventre : du météorisme, de la douleur de la fosse iliaque droite avec gargouillement, indice de la diarrhée qui succède bientôt à la constipation du début ;
3° La rate se tuméfie et devient parfois douloureuse.
Y. Le système respiratoire est atteint, la toux est commune et l'auscultation fait percevoir des râles sibilants et ronflants disséminés çà et là dans Tét^ndue de la poitrine.
ô. Vurine est rouge, rare, chargée, quelquefois albumineuse.
z. La température s'élève graduellement jusqu'à 40°, le pouls est ample, résistant, souvent dicrote, bat au moins 100.
Ç. Enfin à la fin de cette période apparait une éruption typhoïdique caractéristique.