C. Diagnostic de la cause
Deux questions :
Est-ce une occlusion par obstacle ou sans obstacle mécanique?
Si l'occlusion est due à un obstacle mécanique, quelle est la nature de ce dernier ;
a) Est-ce une occlusion par obstacle ou sans obstacle mécanique?
a. Forme aiguë.
Dans les occlusions sans obstacle mécanique et en particulier dans la péritonite par perforation :
1° Les vomissements sont rarement fécaloïdes ;
2° La constipation n'est pas absolue, l'émission des gaz par l'anus est ordinairement conservée ;
3* La douleur se généralise plus rapidement et est plus superficielle ;
4° Jl y a quelquefois de la matité dans les flancs et à l'hypogastre indiquant un épanchement péritonéal ;
5° Le début de l'affection est souvent marqué par un frisson (Henrot) ;
6° La température est généralement audessus de la normale après le début et avant la période terminale.
En somme, « le diagnostic ne repose que sur des nuances parfois bien délicates à saisir » .
p. Forme chronique.
L'entéro-colite chronique, la péritonite tuberculeuse ou cancéreuse peuvent aussi simuler à s'y méprendre l'occlusion chronique
par obstacle mécanique. L'étude des commémoratifs, la palpation et la percussion de l'abdomen donnent souvent des renseignements précieux ; mais parfois on reste dans l'incertitude et on en est réduit à ne porter « qu'un diagnostic de probabilité ».
b) Quelle est la nature de l'obstacle ? a. Forme aiguë.
Nous sommes en présence :
Soit d'une hernie intra-abdominale ; Soit d'un volvulus, d'une coudure, ou d'un étranglement par bride ou diverticule ; Soit d'une invagination aiguë.
I. — YJ invagination aiguë peut seule être diagnostiquée avec certitude (Duplay)-
1° Les malades sont le plus souvent des enfants ;
2° La douleur est relativement peu intense, mal localisée, caractérisée surtout par du ténesme rectal ;
3° Les vomissements sont tardifs et ne sont qu'exceptionnellement fécaloïdes ;
4° La constipation ne s'établit que peu à peu et est souvent troublée par des selles séro-sanguinolentes, parfois môme franchement hémorrhagiques et dans lesquelles on peut retrouver des détritus de l'intestin sphacélé ;
5° L'invagination étant fréquemment iléo-caecale, on peut constater dans le flanc droit une tuméfaction ovoïde, douloureuse, en môme temps que le flanc gauche est relativement aplati ;
G0 Le toucher rectal permet, dans certains cas, de sentir l'extrémité inférieure du boudin invaginé.
11. — Les autres causes de l'occlusion aiguë par obstacle mécanique sont caractérisées, d'une façon générale :
1° Par un début brusque et une marche rapide ;
2° Par des douleurs atroces, une constipation absolue, des vomissements rapidement fécaloïdes ;
3° Par un état général effrayant.
En particulier :
1° Le volvulus se montre surtout dans la vieillesse, siège souvent sur l'S iliaque : la douleur et le ballonnement débutent ordinairement du côté gauche ; les vomissements sont relativement tardifs.
2° \1 étranglement par bride permet souvent de relever dans les antécédents du malade l'existence d'une péritonite antérieure ; il est surtout caractérisé par une grande faiblesse musculaire et un aspect horriblement anxieux du visage (Trêves).
fi. o rme chronique.
On peut incriminer, comme cause des accidents :
Soit une invagination chronique ;
Soit une compression de l'intestin ;
Soit un rétrécissement organique ;
Soit un corps étranger (masses fécales, calculs).
I. — \1 invagination chronique, très souvent méconnue, pourra cependant être diagnostiquée, d'après Rafinesque, à l'aide des éléments suivants :
1° Douleur intermittente ou paroxystique, symptôme constant ;
2° Selles muco-sanguinolentes, accompagnées de ténesme ;
3* Présence d'une tumeur mollasse, cylin-
drique faisant quelquefois issue par l'anus ou accessible par le toucher rectal combiné à la palpation.
II. — Les tumeurs abdominales, capables de comprimer l'intestin, seront au contraire d'un diagnostic en général facile.
III. — On songera à un cancer de l'intestin s'il s'agit d'un homme ayant dépassé la quarantaine, si l'obstacle peut être localisé sur la fin de l'intestin grêle ou sur le gros intestin, particulièrement aux angles des côlons. On admettra un rétrécissement plutôt qu'un cancer, si, dans les antécédents, on relève une dysenterie, une fièvre typhoïde, ou si le malade présente des symptômes de tuberculose.
IV. — Chez des femmes adultes, hystériques ou chez des aliénés, l'existence d'une tuméfaction pâteuse, gardant l'empreinte du doigt, ou bien d'une série de masses arrondies, dures et mobiles, au niveau de la losse iliaque gauche, feront songer à une occlusion par masses fécales.
Des antécédents de coliques hépatiques chez une vieille femme rendront probable le diagnostic d'obstruction intestinale par calculs biliaires.
Remarque importante.
Mais il faut bien savoir que la plupart des causes d'occlusion chronique peuvent avoir, pour première manifestation symptoma'tique, une attaque d'occlusion aiguë; un cancer a pu faire croire à un volvulus, les accidents provoqués par des m artères fécales ont été attribués à un étranglement interne, etc.
Il importe donc de conserver la plus grande réserve lorsqu'il s'agit de porter le diagnostic de la cause de l'occlusion intestinale
SOMMAIRE DES FASCICULES 1 A 12 (Suite)
Anatcmje Lobule hépatique. I fiî. Anatcmje. Cirrhoses alcooliques.
ATHCi.oo:B, IctèTes infectieux. I SV Patbolgoib Kystes hydatiqnes.
FASCICULE VIII ànatomib Vésicule biliaire. j 1]J Anatomib. Veine Porte.
Pathcloo.s Lithiase binaire. I JV Pathclooie Abcès du foie,
Anaiomib. Pancréas. I III. Anatomih. Rate.
rtiOLo«iB. Diabète. I IV. Pathoi ooiis Hémocythémie.
iatomib. Rapports des ieins. 111. Anaiomib. Tumeurs du rein
anoi.ooiK. Phlegmons péri-néphré- IV. Paiuoi.ooie. Albuminurie, tiques.
Anatomtb. Tubes uiiuifères. I III. Anatomik. Uretère.
Patholooib. Urémie. » IV. Pathologie. Néphrites infectieuses
Anatomib. Capsules surrénales. I III. Anatomie. Rapports de la vessie.
Patholooib. Séméiologie de Pictère. ' IV. Pathologie. Tumeurs de la vessie.
A. MALOINE, Libraire-Éditeur