C. Quel traitement employer
Le traitement peut être :
Ct. Curatif.
a) Traitement spécifique : le plus souvent absolument inutile. Pour M. Quénu, le rétrécissement dit syphilitique est au-dessus des ressources de l'art.
b) Dilatation :
a. Lente.
p. Brusque.
c) Rectotomie.
a. Interne.
p. Externe.
d) Rectectomie, extirpation.
C2. Palliatif.
Anus iliaque.
Une discussion récente de la Société de Chirurgie (octobre 1896) montre que l'accord est loin d'être fait sur les indications relatives de ces diverses méthodes.
C'est ainsi que, pour M. Berger, il est peu partisan des opérations radicales qui, à son avis, ne donnent pas de véritables guérisons ; il s'en tient à la dilatation^ méthode excellente, dit— il , qui doit être pratiquée avec prudence, lenteur et patience et à la rectotomie postérieure. 11 rejette à peu près complètement l'extirpation qui expose aux récidives et aux incontinences. M. Reynier adopte la même conduite.
Au contraire, M. Quénu résume à peu près son opinion : « J'ai volontiers recours à la dilatation dans les cas très légers, à V extirpation quand elle est facilement exécutable, à Y anus contre nature dans les cas graves. » Mais, partisan convaincu de l'extirpation, il déclare la préférer à toute autre méthode et surfout à la rectotomie qui occasionne une suppuration beaucoup plus abondante. Les récidives que l'on invoque contre la rectectomie, surviennent parfois très tard, hait ans dans une de ses observations ; douze ans dans une de Schwartz qui déclare partager la manière de voir de M. Quénu.
Bibliographie : Sappey — Testut — Sebileac. Démonstrations d'Anatomie. — Gegknbadr. Ânatomie comparée. — Viaolt et Jolyet. Phytioîogie. — >i : \U médicate de Parts, 5, \2. 19 octobre 189o.
Définition.
La sous-maxillaire est une glande salivaire mixte.
Par ses fonctions, sinon par son volume qui est bien inférieur à celui de la parotide, elle est sans contredit la plus importante «les glandes annexées à la cavité buccale, et les physiologistes ont, de tout temps, expérimenté de préférence sur elle pour établir les principes généraux de la - rétion glandulaire.
Développement.
La glande sous-maxillaire, comme toutes les autres glandes de la cavité buccale, se développe aux dépens d'un bourgeon épithélial plein qui, parti de l'épithélium buccal, s'enfonce dans le ti>>u mésodermique sous-jacent, s'y ramilif un grand nombre de fois et se creuse ultérieurement d'une lumière. Primitivement située dans l'épaisseur de la muqueuse buccale, la glande sous-maxillaire ne tarde donc pas, en raison de ! ssi ment de son volume, à se pla
extérieurement à cette membrane et à n'avoir plu> dans
lle-ci que son orifice excréteur.
I b «m geon épithélial, qui donne naissance à la sousmaxillaire apparaît vers la sixième semaine, dans l'esji humaine. Les autres glandes ouvertes dans la cavité buccale ne se développent qu'après elle : la parotide ne se mon
que vers la huitième semaine, la sublinguale qu'un peu plus tard, et les glandules des lèvres, des joues, de la langue et du palais que vers le quatrième mois.
A na to mie comparée.
« Les organes glandulaires annexés à la cavité buccale, analogues en cela aux glandes de l'œil et aux glandes cutanées, ne se montrent phylogénétiquement que lorsque l'animal passe de la vie aquatique à la vie terrestre »(Testut). Ils manquent donc totalement chez les Poissons et presque complètement chez les Amphibiens. Primitivement destinés, comme chez la plupart des Reptiles, à humecter simplement la muqueuse buccale pour en prévenir le dessèchement, ces appareils glandulaires se différencient peu à pen en vue d'une fonction spéciale, l'insalivation, à mesure que l'animal s'élève en organisation. Déjà, chez les Serpents, la glande à venin constitue un organe particulier ; chez les Tortues, une paire de glandes, placée sous la langue, peut être considérée comme constituant des glandes salivaires. Chez les Oiseaux et chez les Mammifères, la distinction en glandes sublinguales, sous-maxillaires et parolidiennes est effectuée. C'est chez les Herbivores que les trois paires de glandes salivaires atteignent leur volume le plus grand ((iegenbaur). Mais tandis que la parotide, glande séreuse, et la sublinguale, glande muqueuse, sont remarquables par l'homogénéité de structure qu'elles présentent chez toutes les espèces animales qui en sont pourvues, la sousmaxillaire a, au contraire, une constitution variable : uniquement séreuse chez le lapin et le cobaye, totalement muqueuse chez le chien, elle est à la fois séreuse et muqueuse dans l'espèce humaine.
Configuration extérieure et rapports.
Couleur. — Gris jaunâtre, à l'état de repos ; gris rosé, pendant la mastication ; rouge plus ou moi ns foncé, lorsqu'on excite la corde du tympan.
Poids et volume.
1° Poids. — 7 à 8 grammes, le quart environ du poids de la parotide.
2° Volume. — Celui dune amande. Bien moins volumineuse que la parotide, elle l'est trois fois plus que la sublinguale (Testut).
Situation. — La glande sous-maxillaire occupe, d'une façon générale, la région sus-hyoïdienne latérale; mais sa situation exacte fait l'objet de deux opinions :
1° Opinion classique. — Pour Cruveilhier, Sappey, Richet, Tillaux, Testut, la glande, placée au-dessus du tendon du digastrique, qu'elle peut déborder cependant légèrement par en bas, est en somme encadrée par les deux ventres de ce muscle.
2° Opinion nouvelle. — Pour Ricard, il faut absolument considérer la glande sous-maxillaire comme située non au-dessus mais à la face externe du digastrique et en particulier de son ventre postérieur ; de plus, la partie visible de la glande est située tout entière dans la moitié postérieure de la région sus -hyoïdienne latérale ; la glande sous-maxillaire occupe donc une situation beaucoup plus inférieure et postérieure qu'on ne le croit généralement. 11 en résulte que, pour faire la ligature de l'artère linguale, il convient de se garder d'une incision trop élevée, trop rectiligne et trop antérieure (Ricard, Bull, de la Société anatomiquc, 188*0.
Quoi qu'il en soit, la glande sous-maxillaire est renfermée, comme la parotide, dans une loge ostéoiibreuse, la loge sôus-maxillaire, à la constitution de laquelle prennent part l'aponévrose cervicale superiicielle et l'os maxillaire inférieur.
Loge sous-maxil laire . — Au-dessus de l'os hyoïde, l'aponévrose cervicale superficielle se dédouble en deux feuillets : l'un, superficiel el sus-jacent à la sousmaxillaire, va s'insérer en haut au bord inférieur du maxillaire ; l'autre, profond, monte entre la glande el le muscle hyo-glosse et vient se fixer à la ligne oblique interne du maxillaire; en avant et en arrière de la glande, l<is deux feuillets aponévrotiques se fusionnent. De celle disposition de l'aponévrose résulte la forma lion d'une loge prismatique el triangulaire, fermée de toutes paris, sauf en haut el en avant où elle communique avec la loge sublinguale.
GLANDE SOUS-MAXTLLAIRE 321
Forme. — La glande sous-maxillaire affecte la même forme que la loge qui la renferme. On peut lui considérer, pour l'étude de ses rapports, trois faces : une supérieure, une inférieure ou externe, la troisième interne ; deux extrémités, l'une antérieure et l'autre postérieure ; enfin un canal excréteur.
A. Face supérieure.
La face supérieure de la glande sous-maxillaire répond à la face interne de maxillaire inférieur, légèrement excavée à son niveau. Mais, d'après Ricard, la glande est loin de s'élever aussi haut qu'on le suppose : « elle répond presque tout entière à l'insertion inférieure du muscle ptérygoïdien interne et très peu à la prétendue fossette sous-maxillaire, qui ne loge, le plus souvent, qu'un petit prolongement ».
Entre le maxillaire et la glande s'insinuent quelques ganglions lymphatiques, à grand axe parallèle au bord de l'os, et cheminent l'artère et les veines sousmentales.
B. Face inférieure ou externe.
Cette face et aplatie est nullement convexe (Ricard). Pour la découvrir, on traverse successivement les plans suivants :
1° La peau, recouverte de poils dans le sexe masculin ;
2° Le tissu cellulaire sous-cutané, décomposé en deux assises : Tune superficielle est le fascia superficialis, dédoublé pour engainer le peaucier du cou ; l'autre profonde est le pannicule adipeux, qui prend chez certains individus un développement énorme et forme des bourrelets disposés en double ou triple étage ; dans le tissu cellulaire sous-cutané cheminent les rameaux cervicaux du facial et la branche transverse du plexus cervical superficiel ;
6° Le feuillet superficiel de la loge aponévrotique
322 QUESTIONS D'iNTERNAT
formée par l'aponévrose cervicale superficielle ; la glande est alors mise à découvert et l'on aperçoit, cheminant à sa surface, la veine faciale, qui croise obliquement sa face externe, dans son tiers postérieur, pour aller se jeter tantôt dans la jugulaire externe et tantôt dans l'interne ; quant à l'artère faciale, elle se creuse sur l'extrémité postérieure de la glande un sillon plus ou moins profond.