II. Corde du tympan
Deux opinions : Claude Bernard et Ludwig.
1° Claude Bernard.
La corde du tympan n'a qu'une action purement vasculaire sur la sécrétion sous-maxillaire, elle n'agit que parce qu'elle possède des fibres vaso-dilatatrices. En effet :
Quand la glande est au repos, le sang qui revient par les veines est noir ;
Quand la glande est en activité, les vaisseaux se dilatent immédiatement, le sang qui revient par les veines est rutilant, sa pression est considérablement accrue, sa vitesse quatre fois plus grande ;
Si on coupe la corde du tympan quand la glande fonctionne, les vaisseaux diminuent de calibre, le sang
reprend dans les veines sa couleur noire, la sécrétion s'arrête.
2° Ludwig.
La corde du tympan n'agit pas seulement par ses fibres vaso-dilatatrices, elle possède encore et surtout des fibres excito-sècrètoires directes.
En effet :
La pression de la salive dans le canal Warthon est supérieure à la pression du sang dans les artères de la glande ;
La température de cette salive est plus élevée que celle des mêmes artères ;
La ligature de ces artères ou la décapitation n'empêchent pas la sécrétion sous-maxillaire.
Plusieurs expérimentateurs sont venus à l'appui de la théorie de Ludwig :
Heidenhain et von Vittich.
Si Ton paralyse les nerfs sécréteurs par l'atropine, l'excitation de la corde du tympan ne produit qu'une injection vasculaire de la glande, sans aucune sécrétion ;
Si l'action de l'atropine est alors neutralisée par la fève de Galabar, la sécrétion apparaît aussitôt.
Strauss,
L'injection de pilocarpine provoque une abondante salivation, sans que cette sécrélion exagérée s'accompagne de vaso-dilatation.
Jolxjct et La fjord (I88;>).
Excitation du facial dans le crâne :
exagération de la sécrélion sousmaxillaire, sans injection vasculaire.
Excitation du lingual au-dessous du poiut où il reçoit la corde du tympan : exagération de la sécrétion sous-maxillaire avec injection vasculaire.
La corde du tympan possède donc, comme le sympathique, deux sortes de fibres sans compter les fibres g ustatives : des fibres vaso-motrices qui, contrairement à celles de même ordre du sympathique, sont vaso-dilatatrices, et des fibres excito-sécrétoires directes. L'excitation de ces dernières donne lieu à la sécrétion d'une salive claire, très liquide, albumineuse, dépourvue de mucine et sans éléments figurés. Les fibres excito-sécrétoires de la corde du tympan sont donc des fibres sécrétoires simples, en rapport avec les cellules albumineuses et provoquant V afflux liquide (Heidenhain).
Mais d'où viennent les fibres vaso-dilatatrices et sécrétoires de la corde du tympan?
Expériences deJolyel et Laffont (1879).
1° Section du facial dans le crâne :
abolition de la sécrétion sous-maxillaire.
Quinze jours après, l'excitation de la corde du tympan laisse intacts les phénomènes vaso-dilatateurs, mais les phénomènes sécrétoires sont toujours abolis. Les fibres sécrétoires viennent donc du facial.
2° Section du tronc du trijumeau :
l'excitation du bout périphérique provoque la dilatation des vaisseaux de la glande sous-maxillaire sans aucune sécrétion. Les fibres vaso-dilatatrices viennent donc du trijumeau en affectant le trajet suivant, double d'ailleurs dans ses premières étapes : nerf
340 QUESTIONS D'iNTERNAT
maxillaire supérieur ou nerf maxillaire intérieur, ganglion de Meckel ou ganglion olique, grand pélreux superficiel ou petit pélreux superficiel, ganglion géniculé, facial, corde du tympan.
b) Synthèse.
De l'élude analytique des phénomènes qui président à la sécrétion de la glande sousmaxillaire il résulte, synthétiquement, que l'acte sécrétoire est un rétlexe, dont nous connaissons les trajets centripète (nerf lingual) et centrifuge (corde du tympan et du grand sympathique).
Mais tandis que la voie centrifuge est invariable, il n'en est pas de même de la voie centripète ; car, si le plus souvent le point de départ du réflexe est dans la muqueuse linguale, au niveau des terminaisons du nerf lingual, il peut être aussi cependant au niveau des terminaisons du nerf optique (vue des aliments), du nerf olfactif (odeur des substances alimentaires), des nerfs de l'estomac (faim), ou même dans le cerveau (souvenir d'un bon repas).
De telle sorte que s'il existe un centre bulbo-spinal de la sécrétion salivaire, dont le siège serait pour Loeb à la base du quatrième ventricule, il doit aussi y avoir un centre cérébral, dont la localisation dans les circonvolutions antérieures du cerveau n'est pas encore précise.
Mais le réflexe ordinaire de la sécrétion sousmaxillaire qui se complique ainsi quelquefois, peut aussi se simplifier. Réduit alors à sa dernière expression, il a pour centre le ganglion sous-maxillaire, comme le prouve une expérience de CL Bernard, dont la valeur, niée par Schiff, a élé confirmée par Vulpian. On coupe le sympathique et le lingual au-dessus du ganglion : si l'on excite alors la muqueuse lin-
guale, l'impression est transmise au ganglion sous-maxillaire, d'où partent des excitations sécrétoires réflexes qui mettent la glande en état d'activité ; mais si l'on sectionne à ce moment le lingual entre la muqueuse et le ganglion, la sécrétion est arrêtée.
A l'état ordinaire, le ganglion sous-maxillaire semble jouer un rôle modérateur sur la sécrétion de la glande sous-maxillaire, car son ablation provoque une sécrétion continue. Les centres cérébro-spinaux seraient, par contre excitateurs.
Itihlio^rnpim» : D'Espine et Picot. Maladies des enfants. — Comby. Les Oreillons (Biblioth. Charcot-Debove). — Catrin. (Reçue générale, (ïaz, Hôpitaux (29 juin et 6 juillet 95) et Manuel de Médecine, T. VIII, p. 529. — Gazette Se bile au, 15 février 96. — Troitzky. Les Oreillons dans V enfance, in Médecine infantile, 95. — Dieulafoy. Manuel.