STRUCTURE
Celle des veines en général, sauf que la quantité du tissu musculaire est plus abondante.
La musculature de la veine porte est formée par une couche interne de fibres circulaires et une couche externe de libres longitudinales.
Pas de valvules.
PHYSIOLOGIE
t. Mécanique.
Placée entre deux systèmes capillaires, la veine porte se trouve dans des conditions très défectueuses au point de vue de la mécanique respiratoire ; cependant le cours du sang est assuré par certaines particularités physiologiques, mises en évidence par les expériences de Rosapelly.
a) Pression.
Expériences chez le chien.
Pression dans la veine porte = 7 à 20 millimètres de mercure. Cette pression est donc moindre que celle des artères. Mais la pression dans les veines sus-hépatiques est toujours très faible (3 à 4 millimètres de mercure), et même négative dans l'inspiration ( — 7 à — 8 millimètres de mercure). Dans ce dernier cas, cette pression négative au delà du foie produit le même effet qu'une pression positive en deçà de la glande hépatique.
ILes mouvements respiratoires ont donc une grande influence* sur la circulation porte.
ï. \J inspiration, par la pression négative qu'elle produit dans les veines sus-hépatiques, est extrême-
ment favorable à cette circulation. De plus le diaphragme, en s'abaissant, comprime les organes de la cavité abdominale et exprine le sang veineux dans le système porte. La pression dans la veine porte atteint alors son maximum, surtout si le système veineux abdominal est gorgé de sang par la digestion.
IL Y! expiration a au contraire une influence défavorable.
Elle augmente, en effet, la pression sus-hépatique et diminue la pression porte.
b) Vitesse.
Dans la veine porte = 33 millimètres par seconde. Dans les veines sus-hépatiques = 16 millimètres.
B. Composition du sang.
Résultats contradictoires.
On peut admettre cependant qu'il y a plus d'eau, plus de matières grasses dans le sang de la veine porte, plus de cholestérine et moins de fibrine dans les veines sus-hépatiques.
Mêmes contradictions pour les éléments figurés.
Cependant la majorité des auteurs trouve que les globules rouges sont plus nombreux dans la veine porte qup dans les veines sus- hépatiques. Les globules rouges se détruiraient donc dans le foie pour former le pigment biliaire.
C, Rôle de la veine porte.
a) Dans la sécrétion de la bile.
Fournirait les éléments de cette sécrétion. Opinion combattue par Gré. Aujourd'hui on admet qu'elle fournit la plus grande partie de la bile, une petite parlie seulement étant fournie par l'artère hépatique.
b) Dans l absorption des matières alimentaires .
Absorbe surtout les matières albuminoïdes et nn peu des graisses. Malgré l'absorption des albuminoïdes, la veine porte ne contient pas de peptoncs. Pour expliquer ce fait, Ilofineisler suppose que les peptonelocalisent sur les globules blancs ; mais l'hypothèse le
plus généralement admise est celle qui suppose que les peptones se transforment en albumine par le passage au travers des membranes intestinales.
c) Dans l'absorption des substances toxiques.
Les poisons absorbés par la veine porte sont arrêtés et transformés par le foie. Ce fait explique la différence d'action des médicaments suivant qu'on les introduit sous la peau ou qu'on les donne par la voie digestive.
D. Ligature de la veine porte.
a) Ligature progressive, survie. La circulation complémentaire s'est établie grâce aux anastomoses.
b) Ligature brusque, mort rapide.
a. Par intoxication due à l'accumulation des poisons normaux que le foie devrait transformer (Schifï et Lautenbacli).
P. Par congestion de l'intestin et anémie cérébrale (Cl. Bernard).
Bibliographie : Chauffard. In Traité de médecine. Gharcot, Debove. — J. Casser. In Manuel. Debove, Achard. — Gazette Sébileau. In Notes d'internat, 1895. — Traité de chirurgie, de Duplay, VII, 224. — Aubert, Thèse, 1891. — Laveban et Teissier. Manuel. — Martinet. Des variétés anatomiques d'abcès sous-phréniques. Th. Paris, 1898.