I. Petits abcès du foie
À. Division. — Ils surviennent dans deux conditions très différentes.
a) Ou bien au cours de pyémies d'origines diverses médicales ou chirurgicales ; ils répondent dans ce cas à une infection par la voie sanguine ; ils rentrent dans la catégorie des accidents métastatiques.
b) Ou bien ils se manifestent au cours d'une pèrian* giocholite : ils succèdent à une infection biliaire ascendante ; ils sont le plus ordinairement secondaires à une rétention biliaire prolongée, et surviennent par conséquent au cours d'un ictère chronique.
ABCES DU FOIE 459
B. Description.
B,. Abcès pyèmiques.
a) Ils ajoutent simplement au tableau général de la septicémie, au cours de laquelle ils surviennent, les symptômes de l'insuffisance hépatique ;
b) Ils s'accuseront donc par :
a. La teinte subictèrique.
La jaunisse des ictères infectieux graves, parfois si légère.
p. Les phénomènes ur inaires.
Oligurie, hypoazoturie, urobilinurie (ictère métapigmentaire).
Y. Les phénomènes locaux.
Foie gros et douloureux, le tout perdu dans le tableau général de la septicémie : l'examen du sang y décèle la présence de microbes pathogènes.
c) Ils échappent d'ailleurs à tout traitement.
B2. Abcès biliaires.
Nous prendrons comme type l'angiocholite suppurée survenant chez un ictérique.
a) Le signe capital est l'apparition de la fièvre qui peut présenter deux types :
a. Fièvre intermittente hépatique (Monneret) , fièvre bilio-septique (Chauffard).
Quelquefois tableau parfait d'un grand accès de fièvre paludéenne ;
D'autres fois, début vespéral, intermittences irrégulières, jours intercalaires plus ou moins nombreux.
La quinine est impuissante contre ces accès.
p. Fièvre hèpatalgique de Charcot.
Fièvre éphémère, accès atténués et solitaires.
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Y- La valeur diagnostique de ces deux variétés de fièvre parait à peu près égale, la variété paraissant dépendre du terrain sur lequel évolue l'infection, plutôt que de l'infection même ; c'est ainsi que chez le vieillard on voit des abcès biliaires même volumineux donner lieu simplement à la forme de Charcot.
b) Autres symptômes.
Inconstants ou peu marqués.
a. Examen du sang.
On y trouve rarement le microbe pathogène (Brieger, Netter, Dupré).
p. Examen des urines; souvent négatif.
Y- Examen local.
Foie gros et douloureux, il en est quelquefois de même de la rate.
c) Evolution.
a. Quelquefois chronicité.
p. Apparition des signes ordinaires de l'insuffisance hépatique (subictère, urobilinurie, etc.) ;
Y- Apparition des signes pyoémiques ou septicémiques ;
o. Résolution possible.
IL Grand abcès du foie.
A. Division. — Ils résultent de toutes les hépatites suppurées.
Le plus souvent ce sont des abcès dits tropicaux, succédant habituellement à la dysenterie ; ce sont eux que nous prendrons pour types de notre description.
On les a vus survenir dans nos climats, mais exceptionnellement au cours de quelques affections ulcéreuses de l'intestin ou de l'estomac, dysenterie (très rare), ulcérations gastriques, ulcérations typhiques, typhliles el appendicites.
L'infection se iait par la voie sanguine.
B. Description.
Br Première période. Période de début. Période d'hépatite, présuppurative.
a) Le début est ordinairement insidieux, lent, progressif.
Ce sont bientôt les signes d'une congestion hépatique aiguë sans autre caractéristique ; elle s'accuse par :
a. Un point de côté hépatique dans l'hypochondre droit, irradiant vers l'épaule, exagéré par la pression de la région hépatique ;
(3. Le foie devient gros et douloureux, l'accroissement se faisant par poussées successives ;
7. Il y a du subictère peu intense comme dans les ictères graves, avec hypoazoturie, urobilinurie ;
0. Les troubles digestifs sont constants, anorexie, diarrhée ; il y a parfois coïncidence de phénomènes intestinaux du type dysentérique.
e. La fièvre est notable, tantôt continue, tantôt intermittente.
b) \S évolution se fait par poussées successives avec rémissions plus ou moins longues ;
La durée habituelle de cette période est de 8 à 12 jours.
B2. Deuxième période. Période d'état. Période de formation de l abcès. Période de suppuration.
Le passage de l'une à l'autre de ces périodes se fait par transitions insensibles, aux symptômes précédents s'ajoutent ceux de l'abcès, et surtout le tableau clinique se fixe et se précise.
a. Le point de côté hépatique persiste tensif avec des paroxysmes, facilement exaspéré par l'exploration ;
p. \J hypertrophie hépatique progressive s'accentue, hypertrophie lisse, unilobaire ou diffuse.
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La région hépatique se déforme d'autant plus que l'abcès devient plus volumineux ;
La paroi parfois s'œdèmatie.
Les veines épigastriques se dilatent, indice de la gêne profonde, de la circulation porte ;
La main appliquée sur la tuméfaction perçoit parfois des battements et Y oreille des frottements.
■y. Autres phénomènes locaux et fonctionnels.