Globules gauches à noyau
En somme, la rate est essentiellement constituée par du tissu réticulé se présentant sous deux formes :
— Tantôt très dense, à réticulum serré, à cellules lymphatiques, sans mélange (corpuscules de Malpighi).
— Tantôt à réticulum lâche, renfermant à la lois des cellules lymphatiques et des globules rouges pulpe splénique).
C, Vaisseaux et nerfs.
a) Artères.
Proviennent d'artère splénique qui se divise un peu avant d'arriver au hile en 6 à 8 branches.
Les divisions artérielles, dans l'intérieur de la rate, se détachent à angle droit du tronc générateur.
Accompagnées d'abord par veines et lymphatiques profonds, s'en séparent lorsqu'elles n'ont plus qu'un calibre de 1/3 ou 1/4 de millimètre.
Se résolvent en un pinceau de fines artérioles (penicilli) qui se perdent dans corpuscules de Malpighi et dans pulpe splénique.
Sont des artères terminales et divisent la rate en territoires ayant chacun la valeur d'un lobe ; mais cette indépendance s'arrête au réseau capillaire dont les mailles communiquent toujours entre elles.
b) Veines.
Contrairement aux artères, sont anastomosées entre elles ; suivent le trajet des artères à partir des divisions artérielles du calibre de 1/3 à 1/4 de millimètre.
Au hile 6 à 8 branches veineuses comme les artères, et placées sur un plan postérieur à celui occupé par ces dernières.
Forment, par leur réunion, la veine splénique qui va se réunir derrière le pancréas à la grande mésaraïque pour former le tronc delà veine porte.
c) Continuité des artères avec les veines.
a. Les artérioles terminales se jettent directement dans les veinules (Gray, Billtrotth, Kôlliker, Schweiger-Seidel) .
p. // existe un réseau intermédiaire (Axel Key, Stieda).
Ce réseau est :
1. Un système lacunaire, dépourvu de paroi propre, et dans lequel le sang est directement en contact avec les éléments histo logiques
de la rate (Frey et ses élèves Olga StolT et Sophie Hasse).
2. Un système de véritables capillaires à mailles très serrées, et revêtus d'une enveloppe endothéliale non interrompue (Robin, Legros).
d) Lymphatiques .
Signalés par Jean Vesling pour la première fois. Ruysch et Mascagni les figurèrent.
Division : Superficiels et profonds.
a. Superficiels.
Mis en doute par Sappey. Ont été injectés par Robin et Legros.
Forment sous le péritoine périsplénique un riche réseau muni de valvules, chez les ruminants et chez le cheval.
p. Profonds.
Sortent au niveau du hile au nombre de 6 à 8 troncs, comme artères et veines.
Suivis dans leur trajet intra-splénique, cheminent dans les gaines vasculaires de la capsule de Malpighi et entourent les artères à la manière d'un manchon (Tomsa, Robin et Legros).
S'anastomosent avec les lymphatiques superficiels en suivant les cloisons de la raie (Tomsa).
L'origine des lymphatiques serait, pour Tomsa, dans un réseau spécial de la pulpe splénique, mis en doute par Frey et Kolliker.
Pour Kyber, il existerait dans l'intérieur d< la rate des fentes lymphatiques limitées par des faisceaux de tissu connectif ou lamineux, sur lesquels on trouverait de place en place des cellules endo thé lia les»
Les lymphatiques de la rate se porlent dans un petit groupe de ganglions situés dans l'épaisseur de l'épiploon pancréatico-splénique.
e) Nerfs»
a. Origines.
Viennent du plexus solaire en enlaçant l'artère splénique. Se composent en grande partie des fibres de Remak. Surtout développés chez les animaux dont les trabécules de la rate sont riches en fibres musculaires lisses.
Pour Giesker, le plexus diaphragmatique enverrait un filet qui passerait par le ligament phrénico-splénique.
(3. Terminaisons.
Subdivisions intra-spléniques suivent les artères correspondantes ou ont un trajet indépendant.
Forment plexus au sein de la pulpe splénique, pourvu de cellules nerveuses polygonales à 4 ou 5 prolongements (Fusari).
Du plexus partent fibrilles terminales pour réseau trabéculaire, corpuscule de Malpighi, pulpe, vaisseaux ; terminaison par extrémités libres ou petits corpuscules arrondis.
lysiologie.
Fonctions de la rate très obscures.
A. Extirpation.
Peut être pratiquée sans affecter la vie. L'absence congénitale de la rate aurait d'ailleurs été observée.
Extirpation amène augmentation de volume des ganglions lymphatiques et l'hématopoièse paraît devenir plus active dans la moelle des os.
L'extirpation serait suivie de formation nouvelle de rates dans l'intestin (grenouille), dans Fépiploon (cheval, chien).
Après l'extirpation de la rate, la thyroïdectomie n'amènerait pas d'accidents. La rate fabriquerait donc le principe toxique que la glande thyroïde est destinée à neutraliser (Zanda).
B. Contraction.
L'excitation de la rate, de ses nerfs ou de leurs centres (moelle, de lre à 4e cervicale, et bulbe) produirait diminution de volume de l'organe.
Volume augmenté quelques heures après la digestion. Or, à ce moment le tube digestif a accompli sa fonction et renferme moins de sang. La rate serait donc un appareil régulateur de la circulation des organes digestifs. Son extirpation est parfois suivie de troubles circulatoires, en particulier de phénomènes d'hypertension.
D'après Roy, la circulation de la rate dépend non seulement de pression du sang, mais encore des contractions rythmées des fibres musculaires lisses de l'organe, contractions qui durent une minute.
Paralysie des nerfs splanchniques dans paludisme, fièvre typhoïde, serait cause de l'augmentation de volume de la rate. Section de ces nerfs produit en effet le même résultat.