C. Rétrécissements inflammatoires
a) Macroscopiquement.
a. Siège.
1° Région bulbaire ; 2° Fosse naviculaire ;
3° Tiers antérieur du pénis, tronçon scrotal, angle prépubien.
732 QUESTIONS D'iNTERNAï
D'une façon générale, on peut dire avec M. Guyon que « la filière uréthrale des blennorrhagiques se rétrécit de plus en plus à mesure qu'on se rapproche delà région périnéobulbaire. »
(3. Nombre.
Les rétrécissements inflammatoires sont uniques ou multiples. Lorsqu'il n'y a qu'un seul rétrécissement, il siège d'ordinaire dans l'urèthre postérieur ; lorsqu'il y en a plusieurs (ce qui est le cas le plus fréquent), ils sont distants les uns les autres par une portion d'urèthre sain variable. Quelquefois la réunion de plusieurs points rétrécis forme un véritable tunnel à lumière souvent excentrique, à disposition en entonnoir, de sorte que le point le plus rétréci est celui qui est le plus près du col vésical.
Y. Forme.
Très variable.
1° Brides vite franchies par le cathéter dans la partie antérieure de Turèthre ;
2° Défilés plus ou moins longs dans la région périnéo-bulbaire ;
3° En amont, dilatation; en aval, calibn normal ;
4° Tissu de sclérose, blanc jaunâtre \ lumière centrale, rougi de petits îlots hénioi rhagiques à la périphérie.
b) Microscopiquement.
A. Guérin croyait que le point de départ de néoformation fibreuse était dans une phlébite corps spongieux de l'urèthre.
Des recherches histologiques récentes on1 lo lise le point de départ du travail inflammatoi dans la muqueuse.
a. Lésions èpithèliales caractérisées (Halle Wassermann) :
RÉTRÉCISSEMENTS DE l/URÈTHRE 733
J. Par la kératinisation.
Sur coupe, on peut en effet observer :
1° Couche profonde de cellules cubiques;
2° Couche moyenne de cellules polygonales ;
3° Couche granuleuse chargée d'éléidine :
4° Couche cornée. Epithélium pavimenteux stratifié, coloré en jaune par acide picrique, comme couche cornée de l'épiderme.
II. Par « des îlots d'hypertrophie èpithèliale singulière » et dépôt de pigment.
1° Ilots formés par cellules volumineuses, claires, comme gonflées, jusque dans couches les plus superficielles ;
2° Espaces remplis de granulations pigmentaires entre les cellules de la couche profonde. Ces cellules elles-mêmes contiennent une grande quantité de pigment.
(3. Lésions dermiques.
1° Formation de saillies papilliformes à la limite du derme et de l'épiderme ;
2° Diapédèse des globules blancs ;
3° A la base ou dans l'intérieur des papilles, vaisseaux entourés d'un manchon de leucocytes ;
4° Fibres conjonctives très nombreuses ;
5° Glandes atrophiées ou dilatées en kystes.
Y. Lésions du corps spongieux.
Par propagation, infiltration embryonnaire d'abord, puis apparition de bandes fibreuses qui étranglent les aréoles du tissu spongieux.
Kn résumé, outre altérations épithéliales, transformation scléreuse de toutes les couches qui entrent dans la constitution de la paroi uréthrale.
La sclérose est totale ou partielle, c'est-à-dire qu'elle
est généralisée à toute la circonférence du canal, ou localisée sur un segment. Tantôt plus accusée à paroi inférieure, tantôt à paroi supérieure.
La division systématique de Brissaud et Segond en quatre secteurs (supérieur élastique, inférieur sclérose, latéraux indemnes) ne peut être conservée ; car elle n'est pas d'accord avec ce que nous enseigne l'anatomie pathologique. C'est un cas particulier.
Symptômes.
A. Signes fonctionnels.
Se résument presque tous en des troubles de la miction.
a) Modifications du • jet d urine.
a. Forme.