MARCHE, DUREE, COMPLICATIONS
Marche. — Livré à lui-même, le rétrécissement de l'œsophage poursuit sans répit sa marche graduelle. La dysphagie unit par devenir complète et le malade passe successivement par toutes les angoisses de la faim et de la soif, celle-ci apparaissant en dernier ressort, le plus souvent avec brusquerie.
Durée. — La durée de la maladie, laissée à son évolution spontanée, est courte : une année en moyenne.
Les rétrécissements cicatriciels ont une marche plus rapide que les inflammatoires.
Complications. — La durée de la maladie peut être encore abrégée par l'apparition d'une complication qui peut être locale ou générale.
Complications locales. — Les complications locales
sont le fait de l'inflammation secondaire, cantonnée à l'œsophage ou propagée aux organes voisins. C'est ainsi que l'on peut observer la suppuration et la gangrène des parois œsophagiennes ; la production d'abcès pèriœsophagiens développés dans le médiastin ; l'usure et la perforation des organes voisins, tels que la trachée et les plèvres, donnant lieu à la vomique, à la bronchopneumonie, à Yasphgxie, à la pleurésie purulente ; enfin X ouverture d'un des gros vaisseaux de la poitrine, tels que Y aorte, les carotides, les sous-clavières amenant une hémorragie mortelle.
Complications générales. — Du fait de son état cachectique, le malade est en outre exposé à toutes les infections; la gangrène pulmonaire, signalée par Béhier, et surtout la tuberculose pulmonaire, sur laquelle ont insisté Peter et Porchaire, liaient le plus souvent la terminaison fatale.