‹ Recueil des antiquitéz du PercheChapitre 17 sur 67 · PRIEURÉS · texte numérisé non relu

PRIEURÉS

confirma la fondation et les donations faittes au dit prieuré et l'aumôna même de grands biens (1).

Prieuré de Chêne -Galon.

De l'autre côté de la forest de Bellesme et joignant icolle, près la paroisse d'Eperray, vers Mortagne, est un prieuré, nommé Chêne-Galon, dépendant de celuy de Grandmont, où il y a un prieur et quatre religieux du dit ordre de Grandmont. Je n'ai pu avoir des religieux de cette maison aucuns titres de fondation ny instruction pour servir à cette histoire (2j.

Fondation du Prieuré de Moutiers.

Le monastère de Moutiers est un prieuré sis au dedans du bailliage de Mortagne, de l'ordre de S' -Benoît, qui est à mon avis le plus ancien du Perche. La légende de S' Lhomer, reçue à l'église, contient qu'au temps de Glotaire, fils de 1 ancien Clovis qui régnoit en 540, le dit S' Lhomer (3), prestre et qui avoit été choisi œconome du chapitre de Chartres, se retira en une forest du Perche vers l'an 563 (4 , dans un hermitage autrefois habité mais pour lors en ruines iSi; il le rétablit par les libéralités du seigneur du lieu et y bâtit un monastère considérable qui fut appelé l'abbaye de Corbion. Ce lieu fut donné au saint abbé par Ragonitte G;, noble personnage, et où ses compagnons le suivirent; cet endroit est aussy connu sous le nom de S'-Lhomer le Moutier et ainsi qualifié par plusieurs légendaires, tels que M"" Lecomte. M'' Baillet, etc. : comme aussy Crenulphus et Valfrade, sa

(1) Le ms. de M. de La Sicotière donne la date de 1226. — Mais celle du ms. de Versailles est certainement la bonne. Seulement il ne s'agit pas là de Rotrou IV, mais de Rotrou IIL

Ce prieuré est aujourd'hui la propriété du comte Dubois de Saligny.

(2) Voir ce que nous en avons dit page 16.

(3) Var. « Ou Lauraer, Launomarus >^ (Ms. de M. de La Sieotière.J

(4) Add. « Et s'arrêta au lieu où est aujourd'hui Bellomer » (Ms. de M. de La Sicotière.' « en 558. » (Dict. Morêri.j

(5) Add. « Qu'il s'enfonça dans une autre forêt du pays; y trouvant les « ruines d'un ancien hermitage, il le rétablit... » {Ms. de M. de La S.J

(6) Var. « ou Ragowitz. » l'Id.J

femme, nobles ayant participé aux œuvres saintes du dit saint Lhomer, luy donnèrent les lieux, terres et métairies de la Brenotière et le Fay.

Autres luy donnèrent aussy des biens par le moyen desquels ils établirent au dit lieu un prieur et des religieux. Depuis, les comtes du Perche l'ont augmenté de grands biens et iceluy donné et incorporé à l'abbaye de S'-Lhomer de Blois bâtie par Raoul, duc de Bourgogne, durant l'usurpation qu'il avoit fait du royaume de France en l'an 929 (1). Par succession du temps, l'on a retranché du nom de ce lieu le mot Lhomer et luy est demeuré celuy de Moutiers seulement, de laquelle abbaye de S'-Lhomer de Blois et des bénéfices qu'il possède au Perche sera cy-après parlé, il ne se trouve aucuns titres de fondation du dit monastère ayant été perdus durant les gueres des Normans et les troubles des protestans.

S' Lhomer fut enterré dans les fauxbourgs de Chartres. Les religieux de son monastère de Moutiers enlevèrent par artifice les reliques de leur saint abbé en 595, mais en huit cent soixante et douze, les religieux se trouvant trop exposés aux insultes des Normans se retirèrent dans le diocèse d'Avranches, puis dans la ville du Mans en aportant avec eux le corps de leur abbé ; mais ne se croyant pas encore à l'abry des incursions des barbares, ils se retirèrent et s'établirent à Blois sur Loire vers l'an 874, où ils déposèrent leur thrésor. Le séjour leur parut si commode qu'ils ne parlèrent plus de transmigration et c'est ce qui donna lieu d'y fonder, le siècle suivant, sous la règle de S' Benoist, le monastère de S'-Lhomer qui a toujours subsisté depuis, lequel monastère fut bâti, comme nous l'avons dit, par Raoul, duc de Bourgogne, et qui, sous la fin du règne de Louis XIV, a été réuni au nouvel évèché de Blois; lequel évèque présente aujourduy aux bénéfices du f^erche qui étoient autrefois à la nomination des religieux et abbaye de S'-Lhomer du dit Blois.

Prieuré de S"-Gauburge.

A l'autre extrémité de la chatellenie du dit Bellesme, vers et joignant le pays du Maine, y a un fort beau et riche prieuré, fondé de S'*-Gauburge, qui est membre dépendant de l'abbaye de S'-Denis en France (2), c'étoit cette même abbaye qui en avoit

(1) Var. « En 923. » [Ms. de M. de La Sicotière.J

(2) Add. « Qui paroît d'abord avoir été donné à l'abbaye de Bonneval et

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