PRÉFACE XV
pensant qu'à un moment donne une véritable cause de guerre pourra être écartée par une procédure judiciaire? Le plus souvent, ce ne sont pas des droits contestés (]ui amènent les guerres, mais plutôt une contrariété d'intérêts, ce ((iii est bien différent. Rationnellement on conçoit un iagc donnant une solution à une question litigieuse de droit ou de fail, mais non réglant des intérêts. En pareil cas, il faut un règlement amiable (jui peut être plus ou moins facilité par l'inlervention d'un médiateur. Par cela même qu'elle n'aboutit pas à une décision, la médiation a un cbamp d'action plus vaste que l'arbitrage.
J'indiquerai sommairement quebjues-unes des questions traitées à propos des arbitrages contenus dans ce volume : Droits et devoirs des neutres, exercice du droit de prise, responsabilité d'un gouvernement neutre pour bostilités commises dans un de ses ports, questions de délimitation, questions relatives à l'esclavage. Je signalerai spécialement l'affaire du navire Créole qui est très célèbre, mais qui, je crois, n'est pas généralement connue dans ses détails fort curieux. On voit la variété et l'importance des sujets, pour l'étude desquels le Recueil fournit de précieux enseignements. On n'a d'ailleurs qu'à parcourir la Table analytique pour s'en faire une idée complète.
Je termine en remerciant mes chers collègues d'avoir pensé à associer mon nom au leur poui' une publication qui fait grand honneur à l'enseignement du droit international public.
24 Octobre 1904.
Louis Renault.