‹ Recueil des arbitrages internationaux (volume 3)Chapitre 31 sur 192 · XLVIII POUVOIR PACIFIQUE DE L ARBITRAGE · texte numérisé non relu

XLVIII POUVOIR PACIFIQUE DE L ARBITRAGE

prises anglais jouent, dans ces travaux, qui sont anglo-américains, un rôle aussi naturel que peu favorable à leur action sur le droit des gens continental. Les commissaires reçoivent la doctrine de Grotius et de Vattel, et la jurisprudence de lord Stowell beaucoup plus qu'ils ne pensent par eux-mêmes : ces influences agissent sur euxb eau coup plus qu'ils ne réagissent contre elles. Et^mir tout \ dire, l'arbitrage est, au point de vue juridique, à cette époque, beaucoup plus un élève qu'un maître.

Instrument du droit, l'arbitrage s'effraie de son rôle et, pour un peu, s'intimide de sa mission. Il manque encore de l'autorité suffisante vis-à-vis de la doctrine, qu'il enregistre avec une passivité trop grande. Bien qu'il prenne à la notoriété de certains arbitres — les souverains — un certain rolief, il manque de force et de prestige : troj^^ souvent dépouillé de motifs, il se prive de l'autorité de la raison. Il n'ignore pas la doctrine internationale; mais, à ce moment, presque toujours, la doctrine l'ignore. Si faible vis-à-vis des autres sources du droit, à plus forte raison est-il, comme expression du droit, plus que faible vis-à-vis des puissances concurrentes, qui, mieux que lui, correspondent à ce qu'il y a de plus ancien et de plus tenace dans l'instinct primitif des hommes: la guerre qui correspond à la force; la diplomatie, qui n'est, dans la civilisation, que l'expression la plus policée de la ruse. Un jour verra sans doute la guerre, la diplomatie, la justice se partager le monde et mutuellement chercher à s'évincer les uns les autres. Depuis longtemps, la guerre et la diplomatie luttent à cet égard, sur le pied de l'égalité. Mais, dans la première partie du XIXe siècle, l'arbitrage est trop faible encore pour prendre, à côté d'eux, la place que lui fait espérer l'avenir.

4. Par rapport à la guerre, on ne mesure pas son action, car, vis-àvisd'elle,son pouvoir modérateur est nul. En 1793-94, la paix est sur le point de se rompre entre les États-Unis et la Grande-Bretagne : la prudence de Washington et Thabileté de Jay l'écartent par un heureux mélange de sacrifices et d'avantages ; si trois des points en lili^

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