DÉCLARATION DES TROIS COURS ALLIÉES À LA SUBLIME PORTE
Londres, 16 Novembre, 1828.
La déclaration du 11 Août, 1828, (*) qui a été remise au Reis Effendi par M. l'Ambassadeur des Pays-Bas, au nom de la France, de la Grande Bretagne et de la Russie, a fait connaître à la Sublime Porte le motif et le but de l'expédition de Morée. Le résultat immédiat que les trois Puissances se proposaient d'obtenir par cette expédition, a été heureusement atteint; le départ d'Ibrahim Pacha, et l'évacuation des forteresses par les troupes Turco-Égyptiennes, ont fait cesser dans la Morée l'effusion du sang humain, et rendu le calme à cette contrée.
Mais l'ouvrage des Puissances serait imparfait, si, par le départ de Leurs troupes, les habitans de la Morée se trouvaient exposés à de nouvelles invasions. Elles doivent à leur propre dignité de les en préserver.
C'est dans cette vue qu'au moment où les forces alliées se disposent à se retirer de Morée, après y avoir accompli leur mission pacifique, les trois Cours déclarent à la Sublime Porte, que jusqu'à ce qu'un arrangement définitif, fait de commun accord avec Elles, ait réglé le sort des provinces que l'Alliance a fait occuper militairement, Elles placent la Morée, les îles attenantes, et celles communément appelées Cyclades, sous Leur garantie provisoire, et qu'à ce titre, Elles regarderaient comme une agression contr Elles-mêmes, l'entrée d'une force militsire quelconque dans ces pays.
Eo portant cette résolution à la connaissance de la Sublime Porte, la France, la Grande Bretagne et la Russie aiment à reconnaître l'esprit de sagesse avec lequel Elle a évité de prolonger sans utilité les maux de la guerre dans la Morée ; Elles espèrent que, guidée par le même esprit, Elle Se sentira animée du désir de mettre enfin un terme à des
{(*) Voir la note XIV.
para, τὰ ὁποῖα ἀπὸ ὀκτὼ γοόνων χκρατοῦσιν ὅλην τὴν Εὐρώπην εἰς στά-σιν ἀνησυχίας καὶ ταραχῆς, καὶ ὅτι θέλει συγκατατεθῆ νὰ ἔμβη μὲ τὰς τρεῖς Αὐλὰς εἰς διαπραγματεύσεις ὅλως φιλικὰς καὶ εὐνοϊκὰς διὰ τὴν τύnv καὶ τὴν τελείαν εἰρηνοποίησιν τῆς Ελλάδος.