XXIX. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES DÉMOTIONIDES
Le rapprochement de l'inscription des Démotionides avec l'inscription des Labyades (n° xxvm) s'impose et nous insisterons sur la procédure d'admission dans l'une et l'autre phratrie.
La phratrie des Labyades est formée d’un certain nombre de πατριαί (δ À et p. 195); celle des Démotionides, d’un certain nombre de thiases (8 8-13 et p. 221).
La patria vote d’abord sur l'acceptation de l'offrande, c'est-àdire sur l'admission du nouveau phratère (8 4); chez les Démotionides, le premier vote est émis par le thiase (8 9).
Chez les Labyades comme chez les Démotionides l'assemblée générale de la phratrie statue en seconde et dernière instance (XXVIIL $ 4 et 7, XXIX, 8 9-11).
Le décret des Labyades insiste sur les devoirs des tages, qui président l'assemblée ($ 4-8, 11), et l’on notera que dans le serment prêté par les tages, ils s'engagent « à se conformer aux lois de la cité et à celles des Labyades ». Delphes, pas plus
1305-1306, 23-25; 1319, 67 et 69. Pour certifier qu’il a été admis dans une phratrie, Euxithéos invoque le témoignage de ses συγγενεῖς et des γεννῆται, mais on n'en peut conclure qu'il faisait partie d'un γένος. --- c. Nééra, 1364, 55-1366, 64. Le γένος des Βρυτίδαι refuse d'admettre dans le γένος et dans la phratrie le fils du requérant. Le père intente une action contre le yévos et les deux parties vont devant l'arbitre.
Phratrie. — Isée, Succession de Philoctémon (vr), 21-26. Cf. 64. Le fils légitime du requérant s'oppose à l'admission d'un νόθος dans la phratrie et le père doit emmener sa victime (21, ἀπηνέχθη τὸ κούρειον). Plus tard un arrangement intervint entre le fils légitime et le père, et le νόθος fut admis dans la phratrie (24). — Isée, Succession de Ciron (vu), 19. — Isée, Succession d’Aristarchos (x), 8, 15, 21. — Démosthène, c. Bæotos I, 995, 4. La présentation a lieu lors de la fête des Apatouria. Cf. 1000, 20 et 21 ; 1003, 29 et suiv. — C. Bœæolos 1, 1011, 11. À la suite d'une sentence arbitrale, Mantias est forcé de présenter à la phratrie et de faire inscrire les deux fils de Plangon. — C. Macartatos, 1053, 41-1054, 46. Il s'agit d'un fils adoptif. Les phratères prennent leur bulletin de vote καομένων τῶν ἱερείων, ἀπὸ τοῦ βωμοῦ φέροντες τοῦ Διὸς τοῦ Φρατρίου (14). On voit plus loin que chacun des phratères, au moins de ceux qui ont voté pour l'admission, prend sa part de la victime (1078, 82). Le vote était secret. — C. Léocharès, 1092, 41. Inscription irrégulière d'un fils adoptif sur le φρατεριχὸν γραμματεῖον. ΕΞ
qu'Athènes, ne pouvait se désintéresser de la constitution de l'état civil.
Voici, d'après les deux inscriptions, les offrandes qui étaient présentées à l'une et à l’autre phratrie.
Démotionides. — Toutes les offrandes sont faites à Décélie, le troisième jour de la fête des Apatouria ($ 6).
Il y en a de deux sortes, μεῖα et χούρεια.
Les μεῖα sont offerts : 4° à l’occasion de la naissance des enfants, garçons ou filles ;
2° À l’occasion du mariage d'un phratère.
Les χούρεια sont offerts un an avant la demande d'inscription du nouveau phratère.
Labyades. — Toutes les offrandes sont faites à Delphes.
Il y en a de deux sortes, δαράται et ἀπελλαΐα.
Les δαράται (p. 194) sont offertes : 15 à l'occasion de la naissance des enfants, garçons ou filles (δαράτα nadia, $ 4);
20 À l’occasion du mariage d’un phratère (δαράτα γάμελα, ἃ 4).
Les ἀπελλαῖα sont offerts sans doute à l’occasion de la majorité civique des fils (8 4 et 5 et p. 195).
L'offrande des Apellaia a lieu lors de la fête des Apellai ($ 5). Tout retard expose le phratère à une amende (β 6).
Ces analogies sont frappantes et pourtant nos deux inscriptions, presque contemporaines, nous laissent une impression très différente. De ces deux phratries, l’une est vivante et active : ce sont les Labyades. Les liens qui les unissent les uns aux autres ne se sont pas encore relâchés et ils sont nombreux. Leurs obligations sont multiples et il nous suffira de renvoyer le lecteur à la longue liste des frairies prescrites par la loi (8 20), ou bien à la loi sur les funérailles ($ 17-19), que la cité remet en quelque sorte à la garde de la phratrie. Tout autre est la phratrie des Démotionides et nous pouvons ajouter : tout autres sont depuis Clisthène toutes les phratries athéniennes. Elles sont sans vie, sans autorité, sans influence ; leurs réunions sont peu nombreuses, leurs fêtes sans éclat. Seule l'inscription des Labyades nous permet de nous représenter la phratrie athénienne telle qu'elle était au vr° siècle avant J.-C. el même au temps de Dracon; nous avons