‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 121 sur 235 · XXIX. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES DÉMOTIONIDES · texte numérisé non relu

XXIX. RÈGLEMENTS DE LA PHRATRIE DES DÉMOTIONIDES

l’année qui précèdera le jour où l'assemblée se réunit. On se rappelle que le décret d'Hiéroclès avait mis une année d’intervalle entre l'offrande du Aoureion et le vote d'admission (ὃ 2). C'est dans cet intervalle que le père de famille remettra sa déclaration au phratriarque ; elle comprendra le nom du père et le nom de son dème, les noms de la mère, de son père et du dème de celui-ci. Les affiches, rédigées de même, seront apposées : par les soins du phratriarque à Athènes, à l'endroit où se réunissaient d'ordinaire les gens de Décélie et que nous a fait connaitre Lysias, — par les soins du prêtre de Léto à Décélie, dans le sanctuaire de la déesse. La seule difficulté du paragraphe est d'ordre grammatical, et nous avons adopté la solution proposée par M. Dittenberger (1). Le délai d'un an (et non de deux ans), prévu par le décret de Ménéxénos permettra aux phratères de se renseigner et de contrôler les indications portées sur l’affiche. Il est clair que toutes ces précautions étaient rendues nécessaires par la facilité avec laquelle de faux frères s’introduisaient dans la phratrie et, plus tard, dans le dème. Est-il besoin de rappeler qu’en 346, peu d'années par conséquent après le décret de Ménéxénos, le peuple athénien ordonna la révision générale de tous les ληξιαρχικὰ γραμματεῖα (2)? Le mal, auquel ces διαψηφίσεις devaient porter remède, datait de loin : Nicodémos et Ménéxénos s'étaient efforcés pour leur part de le combattre dans la phratrie des Démotionides.

À ce commentaire nous n’ajouterons qu'une observation générale, qui s'applique aux statuts de toutes les phratries et de tous les γένη. Nous avons cité plus haut le texte d'Aristote, où il est dit que Clisthène ne porta pas atteinte aux gentes ni aux phratries. Les unes comme les autres gardent donc leurs lois et les modifient à leur gré, mais nous n’en conclurons pas que ces lois sont souveraines et que genies et phratries disposent souverainement du droit d'admettre ou de rejeter qui elles veulent. Au-dessus de ces lois particulières, il y ἃ la loi athénienne; au-dessus de

(1) Sylloge 3, n° 439, note 48.

(2) Voy. B. Haussoullier, La vie municipale en Atliique, pp. 38 et suiv.

l'assemblée minuscule d’un γένος ou d'un thiase, au-dessus de ces cours d'appel formées de l'ensemble des phratères, il y a les tribunaux populaires qui dominent tout ce petit monde, dont la vaine agitation ne doit pas nous faire illusion. 1] n'entre pas dans notre sujet d'étudier la valeur légale et l’utilité pratique de l'inscription des jeunes Athéniens sur les registres de la phratrie (1): qu'il nous suffise de dire que l'Athénien exclu de la phratrie ou du γένος ἃ toujours la suprême ressource d'un appel devant les tribunaux populaires. Bien plus, tout Athénien peut dénoncer aux mêmes tribunaux toute inscription, qu'il juge illégale, sur les registres de la phratrie ou du γένος (2). En dernière analyse l'état civil des Athéniens est à la merci des tribunaux populaires(3).

(1) Sur cette question, voy. de Sanctis, ouv. cité, p. 61, note 6 et p. 68. La phratrie n'était chargée que de constater Ja légitimité des enfants et il se pouvait que la cité ne fit pas de la légitimité une condition indispensable à la jouissance des droits politiques. Ainsi en 403, sur la proposition d’Aristophon, de même qu'en 451/0 sur la proposition de Périclès, Athènes décida qu'il fallait être né de père athénien et de mère athénienne pour être citoyen; mais, sur la proposition de Nicoménès, il fut décrété que la loi n’atteindrait pas ceux qui étaient nés avant Euclide (Athénée, 577 b, c. — Schol. d'Eschine c. Timarque (1), 39). Nous avons vu plus haut que le décret d'Hiéroclès (8 1), rendu en 396/5, avait remis indistinctement en question l'état de tous ceux qui n'avaient pas encore été soumis au vote d'admission, conformément au statut des Démotionides. Peu lui importait qu'ils fussent nés avant ou après Euclide.

(2) Cf. un texte de loi cité par Cratéros (ap. Harpocration s. v. NautoBlxai) : ἐὰν δέ τις ἐξ ἀμφοῖν ξένοιν γεγονὼς φρατρίζη, διώχειν εἶναι τῷ βουλομένῳ ᾿Αθηναίων οἷς δίκαι εἶσί, λαγχάνειν δὲ τῇ ἕνῃ καὶ νέᾳ πρὸς τοὺς ναυτοδίχας. Sur la date de cette loi, nous en sommes réduits aux conjectures. Cf. Wilamowitz, Aris{oteles und Athen, I, Ὁ. 223, note 75. — P. Krech, de Craleri ψηφισμάτων συναγωγῆι, 1888, p. 14.

(3) Nous croyons utile de joindre à ce commentaire l'indication des principaux passages des orateurs attiques, qui se rapportent à la présentation des enfants soit au yévos et à la phratrie, soit à la phratrie.

Γένος et phratrie. — Andocide, sur les Mystères (1), 126-127. Présentation au γένος des Κήρυκες et en même temps à la phratrie, lors de la fête des Apatouria.

Γένος et orgéons. — Isée, Succession de Ménéclès (nu), 14. Le texte a été cité plus haut, p. 221, note 1. Il s'agit d’un fils adoptif.

Γένος et phratrie. — Isée, Succession d’Apollodoros (vu), 15-11. Cf. 27 et 43. Il s'agit d’un fils adoptif et la présentation a lieu aux Thargélia. L'inscription sur le xotvôv γραμματεῖον (cf. notre n° XXIX, I. 98) n'a lieu qu'après un vote émis, semble-t-il, par tous les phratères. — [Démosthène], c. Euboulidès,

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