‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 31 sur 235 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Les lois athéniennes contre les tyrans nous ont été conservées pour la plupart, non par des inscriptions, mais par des auteurs ; par suite elles ne nous retiendront pas longtemps. Il importe pourtant de les rapprocher de la loi d’Ilion et de les citer toutes. L'une d'elles ne nous est connue que depuis la découverte de la Constitution d'Athènes d’Aristote ; toutes se répartissent sur un espace de deux siècles, de la fin du vue (vers 630) à la fin du γ᾽ siècle (411/0).

Kylon, le premier, tenta, vers la fin du vu‘ siècle, d’usurper le pouvoir (2). La loi athénienne regardait alors la tyrannie comme un délit de droit commun et donnait au tyran des juges comme à tout autre citoyen. Kylon put fuir, mais ceux de ses partisans qui échappèrent au massacre et tombèrent aux mains des Athéniens furent jugés au prytanée par les rois (entendez l'archonteroi et les rois des tribus) (3) et condamnés à l'exil pour crime de tyrannie (ἐπὶ τυραννίδι), Solon, au commencement du vr siècle (594), le sexclut de l'amnistie. La loi d’amnistie est citée par Plutarque

(1) Dans un décret d'Hécatonnésos de la fin du 1ve siècle (319-317), il est fait allusion à une loi : νόμος περὶ τῶ καλλύοντος τὸν Säuov{Collitz, Dialektinschr., n° 304 ὁ, 1. 55 et suiv.). — Pout la loi d'Érésos, voy. notre n° XX VII, C, 1. 31 et suiv. : ὁ νόμος ὃ περὶ τῶν τυβάννων γραμμένος ἐν τᾶ στάλλα τᾶ παλαία.

(2) Hérodote, V, 11 : οὗτος ἐπὶ τυραννίδι ἐχόμησε. Thucydide, I, 126, 2 : κατέλαδε τὴν ἀκρόπολιν ὡς ἐπὶ τυραννίδι.

(3) Pour le sens que nous donnons au pluriel βασιλεῖς, voy. plus haut, p. 12.

(Vie de Solon, 19) et c’est elle qui nous a fourni les renseignements qui précèdent. On y lit en effet :

᾿Ατίμων ὅσοι ἄτιμοι ἦσαν, πρὶν À Σόλωνα ἄρξαι, ἐπιτίμους εἶναι πλὴν boot... ἐχ πρυτανείου χκαταδικασθέντες ὑπὸ τῶν βασιλέων... ἐπὶ τυραννίδι ἔφευγον ὅτε ὁ θεσμὸς ἐφάνη δδε,

Pour tous ceux qui avaient été frappés d'atimie avant l'archontat de Solon, ils seront restitués dans leurs droits, à l'exception de ceux... qui avaient été condamnés à l'exil par les rois dans le prytanée, pour crime de tyrannie, quand cette loi a paru.

La loi de Solon lui-même contre ceux qui avaient entrepris de renverser la démocratie n’est pas plus sévère : elle 168 renvoyait

devant l’Aréopage (1).

Mais avant la fin du vr° siècle, peut-être, comme on l'a supposé (2), pendant un des exils de Pisistrate, une loi plus rigoureuse fut portée contre les tyrans. Aristote nous en a conservé le

texte (Const. d'Ath., 46, 10] :

La loi qui suit ἃ été aussi portée par les ancêtres à Athènes :

quiconque se lève pour être

tyran ou aide à établir la tyrannie, sera frappé d'atimie, lui et sa race.

(1) Aristote, Const. d'Ath., VIIL, 4 : καὶ τοὺς ἐπὶ χαταλύσει τοῦ δήμου συνισταμένους ἔχρινεν (ἡ τῶν ᾿Αρεοπαγιτῶν βουλή), Σόλωνος θεντὸς νόμον εἰσαγγελίας περὶ αὑτῶν. Hypéride, dans le plaidoyer pour Euxénippos (χχιι-χχπι), donne lecture des premiers articles d’un νόμος εἰσαγγελτικός, ainsi conçus : ἐάν τις τὸν δῆμον τὸν ᾿Αθηναίων καταλύηι À συνίηι ποι ἐπὶ καταλύσει τοῦ δήμου À ἑταιρικὸν συναγάγηι. La loi citée par Hypéride est certainement très postérieure ἃ Solon et nous en parlerons plus loin, p. 56.

Plutarque n'a pas rapporté dans sa Vie de Solon la loi de Solon sur les attentats contre la démocratie. 1] se borne à dire dans sa Comparaison de Solon et de Publicola, 2 : τὸ δὲ μισοτύραννον ἐν τῷ Ποπλιχόλᾳ σφοδρότερον. El γάρ τις ἐπιχειροίη τυραννεῖν, ὁ μὲν ἀλόντι τὴν δίχην ἐπιτίθησιν, ὃ δὲ χαὶ πρὸ τῆς χρίσεως ἀνελεῖν δίδωσι.

(2) H. Swoboda, Arthmios von Zeleia dans les Archaeologisch-epigraphische Mittheilungen aus Oesterreich-Ungarn, XNI (1893), p. 60.

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