‹ Recueil des inscriptions juridiques grecquesChapitre 7 sur 235 · XXI. LOI DE DRACON SUR LE MEURTRE · texte numérisé non relu

XXI. LOI DE DRACON SUR LE MEURTRE

ἀνεψιοὺς καὶ πενθεροὺς καὶ ἀνεψιαδοὺς καὶ φράτορας. Paraphrasant dans le discours contre Leptine la loi de Dracon sur le meurtre, Démosthène dit (505, 458) : ἐν τοίνυν τοῖς περὶ τούτων νόμοις ὁ Δράχων pobepèv κατασχευάζων χαὶ δεινὸν τό τινα αὐτόχειρα ἄλλον ἄλλου γίγνεσθαι, χαὶ γράφων χερνίδων εἴργεσθαι τὸν ἀνδροφόνον, σπονδῶν, χρατήρων, ἱεοῶν, ἀγορᾶς...

Il faut renoncer à restituer le $ ὅ qui remplissait 168]. 23-26. D'après Kôhler, il y serait fait allusion dans un passage du plaidoyer contre Évergos et Mnésiboulos (1161, 72) : χελεύει γὰρ ὁ vépoc.. τοὺς προσήχοντας ἐπεξιέναι μέχρι ἀνεψιαδῶν * καὶ ἐν τῷ ὅρχῳ διορίζεται ὅτι προσήχων ἐστί, ., mais rien n'est moins certain et nous retiendrons seulement de ce passage la mention d'un serment, que nous rapprocherons du serment dont il a été parlé au ὃ 2 de la loi de Dracon, 1. 46.

$ 6. Meurtre illégitime du meurtrier. — Ἐὰν δὲ τις τὸν ἀνδροφόνον χτείνῃ À αἴτιος 7 φόνου, ἀπεχόμενον ἀγορᾶς ἐφορίας χαὶ ἄθλων καὶ ἱερῶν ἀμφικτυονιχῶν, ὥσπερ τὸν ᾿Αθηναῖον χτείναντα ἐν τοῖς αὐτοῖς ἐνέχεσθαι, διαγιγνώσκειν δὲ τοὺς ἐφέτας. Cf. Démosthène, contre Aristocrate, 631, 81 et 428: l'orateur cite textuellement cet article dans les mêmes termes et le paraphrase.

8 7. Meurtre légitime du meurtrier. — Τοὺς δὲ ἀνδροφόνους ἐξεῖναι ἀποχτείνειν καὶ ἀπάγειν ἐν τῇ ἡμεδαπῇ, λυμαίνεσθαι δὲ μή, μηδὲ ἀποινᾶν, ἢ διπλοῦν ὀφείλειν ὅσον ἂν χαταδλάψῃ... Cf. Démosthène, contre Aristocrate, 629, 28 οἱ suiv. Démosthène fait lire et paraphrase ce paragraphe immédiatement avant notre ὃ 6. Le paragraphe, complet dans l'orateur, finit par les mots : εἰσφέρειν δὲ τοὺς ἄρχοντας, ὧν ἕχαστοι δικασταί εἶσι, τῷ βουλομένῳ, τὴν δ᾽ ἡλιαίαν διαγιγνώσχειν. La fin de notre 8 1 ne saurait être restituée avec certitude : il ne pouvait être question des héliastes dans la loi de Dracon.

$ 8. Meurtre en cas de légitime défense. — ᾽Εὰν δὲ τις ἄρξαντα χειρῶν ἀδίκων κτείνῃ,...... ἐὰν ἀέχων χτείνῃ, διχάζειν δὲ τοὺς βασιλέας αἰτιῶν φόνου, διαγνῶναι δὲ τοὺς ἐφέτας, La restitution des mots ἄρξαντα χειρῶν ἀδίχων, due ἃ Kôhler, et celle de la 1. 35 sont certaines. Cf. Apollodoros, Biblioth., 11, 4, 9. Héraclès, poursuivi pour meurtre après avoir tué Linos, cite une loi de Rhadamanthe ainsi conçue : ὃς ἂν ἀμύνηται τὸν χειρῶν ἀδίκων ἄρξαντα, ἀθῶον εἶναι (4).

(1) Sur l'opposition entre ὁ ἄρξας et ὃ ἀμυνόμενος, voy. Antiphon, Tétral., II, 4, Argument ; IL, 2, 1 ; 1Π|,͵ 4, 1 οἱ 8.

Bergk, se fondant sur le paragraphe suivant des lois sur le meurtre qui est cité dans le discours contre Aristocrate (637, 53 : ἐάν τις ἀποχτείνῃ ἐν ἄθλοις ἄχων...), proposait, pour notre & 8, les restitutions suivantes : ἐάν τις ἀδίχων ἄρχοντα χειρῶν ἐν ὁδῷ καθελὼν À mais il n'y pas de place en cet endroit pour cette longue phrase et nous suivrons l'exemple de Kôühler et de Dittenberger qui se sont abstenus de tout essai de restitution.

89. Meurtre d’un esclave. — Καὶ κατὰ ταὐτὰ φόνου δίκας εἶναι δοῦλον κτείναντι ἢ ἐλεύθερον. Il est impossible, comme y avait d'abord pensé Dittenberger, de retrouver aux 1. 36 et 37, les exceptions comprises dans la seconde partie de la loi sur le meurtre involontaire citée par Démosthène (contre Aristocrate, 637, 53 : À ἐπὶ παλλαχῇ ἣν ἂν ἐπ᾽ ἐλευθέροις παισὶν ἔχῃ). La lecture ε ελευθ est donnée comme certaine par Kühler et de plus la restitution de la 1. 37 ne laisse pas de place au doute : il faut donc admettre ici une opposition entre l'homme libre et l'esclave. Notre restitution est fondée sur un passage d'Antiphon (sur le meurtre d’Hérode, 48) où l'orateur, rappelant que la loi défend de mettre à mort sans jugement qui que ce soit, même un esclave qui a tué son maître, s'exprime ainsi : à ψῆφος ἔσον δύναται τῷ δοῦλον ἀποχτείναντι καὶ τῷ ἐλεύθερον. (Cf. Lycurgue, contre Léocrate, 65.)

810. Meurtre commis en se défendant. — Ἐὰν δέ τις φέροντα À ἄγοντα βίᾳ ἀδίκως εὐθὺς ἀμυνόμενος χτείνῃ, νηποινεὶ τεθνάναι, La restitution, due à Kôhler, est certaine. Cf. Démosthène, contre Aristocrate, 639, 60, où l'article est cité dans les mêmes termes (1).

C'est encore à Kôühler qu'on doit la restilution du dernier mot qu'on lise sur la stèle, μεταποέσει. Il lui est fourni par le dernier paragraphe des lois sur le meurtre citées dans le discours contre Aristocrate (640, 62) : Ὃς ἂν ἄρχων À ἰδιώτης αἴτιος ἦ τὸν θεσμὸν συγχυθῆναι τόνδε, ἢ μεταποι ἡσῃ αὐτὸν ἄτιμον εἶναι καὶ παΐδας καὶ τὰ ἐχεί-νου, Ce rapprochement n'est pas sans importance : il prouve que le dernier article des lois sur le meurtre était gravé sur la stèle et que nous avons au moins la fin de ces lois.

En résumé, le texte que nous avons admis peut être tenu pour

(1) Peut-être lisait-on dans la loi ἄτιμος τεθνάτω, au lieu de νηποινεὶ τεθνάναι. Voy. p. 49, note 2.

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