‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 104 sur 164 · ET CELLE DES AUTRES VILLES, BOURGS ET VILLAGES · texte numérisé non relu

ET CELLE DES AUTRES VILLES, BOURGS ET VILLAGES

CORBIE

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Celte ville, dans laquelle on a cru , mais sans preuves, reconnaître le Curmiliaca de l’Itinéraire d’Antonin f, est située à quatre lieues Est d’Amiens et à trente lieues Nord de Paris. Elle faisait partie à l’époque mérovingienne du pagus Ambianensis , et on la trouve, dès le milieu du vne siècle, désignée sous le nom de Corbeia ou Corbegia villa 2. Ce nom, s’il faut en croire l’ancien auteur d’une histoire de la vie et des miracles de saint Adalliard, abbé de Corbie, vient de

1 Itiuer. Antonini Augusti, ap. script, rer. gallic. (Script, rer. gall. et franc., t. IV, p. 65a). — Monaset franc., t. I , p. 107, col. a. terium quod vocatur Corbegia, in Ambianensi par-

1 Corbeia, dans un diplôme de Cblotaire III rocbia, suo opéré construit (Vita sanctæBatthildi*,

celui d’une petite rivière appelée Corbeia , aujourd’hui la Corbie, qui se jette dans la Somme r. L’abbaye, à laquelle la ville doit son origine ou au moins ses principaux accroissements, fut dotée et construite, vers l’an 65y, par la reine Bathilde et son fils Clilotaire III, sur un domaine appartenant au fisc, et qui provenait d’un seigneur appelé Guntland 2. La charte de fondation n’est point datée; elle contient la concession au nouveau couvent d’un grand nombre de terres dans les pagi d’Amiens et d’Arras. Un autre diplôme du 23 décembre 661 ajouta d’importants privilèges à ceux qui avaient été concédés par la charte primitive3.

Nous possédons, sous le nom de statuts de saint Adalhard, des réglements et un censier rédigés vers l’an 822 pour le monastère de Corbie 4. Ce document ne fournit que très-peu de données sur ce que pouvait être à cette époque la ville de Corbie; il montre seulement comme existantes au ixe siècle, outre l’église de l’abbaye, consacrée à Saint- Pierre, les églises de Saint-Albin et de Saint-Étienne, qui ont formé plus tard deux paroisses importantes. Le monastère avec ses dépendances fut dans le même siècle plusieurs fois dévasté par les Normands, qui y mirent le feu en 85g; l’ayant menacé d’une attaque en 87g5, ils furent contraints par Louis, frère de Carloman , de se retirer sans avoirrien entrepris; deux ans plus tard, en 88 r, ils l’incendièrent de nouveau, après en avoir tué ou mis en fuite les habitants. Pour prévenir le r etour de semblables désastres, l’abbé Francon prit la résolution d’a-

ap. Acta sanctorum ord. sancti Benedicti, sæc. II, P- 779)' — Voy. aussi collect. de D. Grenier, à la Biblioth. imp. , xxne paq., art. i, f, fol. 178.

1 Corbeia fluviolus vocabulum loco tribuit (Acta sanctorum ord. sancti Benedicti , sæc. IV, pars prima , p. 358.) — Deinde veniens (sanctus Furseus, abbas Latiniacensis) in pagum ambianensein et in curtem vocabulo Antiolum super fluvium C01beiam , ibi obviavit ei vir malignus. (Ibid., sæc. II, p. 3i 1.)

2 ...In loco qui dicilur Corbeia, quem Guntlandus quondam possederat et ad fiscum nostrum pervenerat (diploma Chlotarii regis, ap. Script, rer. gallic et francic. t. IV, p. 642). — Voy. sur la fondation de Corbie par Bathilde et Chlotaire, Chron. de saint Denis (Script, rer. gall. et

fr., t. III, p. 3o4); — Sigeberti Gemblaeensis monachi Chron. (ib.,p. 343);— Vie de sainte Bathilde (ibid., p. 573). — Si l’on en croit quelques mémoires manuscrits, dit D. Grenier, les fondements de Corbie furent jetés sur ceux du château de Guntland, d’où vraisemblablement la rue du Châtelet, aujourd’hui de Notre-Dame, avait pris son nom.

3 Script, rer. gallic. et franc., t. IV, p. 643.

4 Statuta antiqua abbatiæ Sancti Pétri Corbeiensis , dans l’appendix du polyptique d’Irminon , publ. par M. B. Guérard, p. 3o6 et suiv.

5 Hist. reg. francorum (Script, rer. gall. et franc., t. IX, p. 42). — Chron. turon (id., p. 46). — — Chron. sithiense (id., p. 70).

CORBIE

grandir la ville en donnant à cens une partie des terrains de l’abbaye, et de protéger la population et les religieux par de fortes murailles et un fossé. Ce nouvel établissement est mentionné dans un diplôme de Charles le Simple, du g novembre 901 l. La ville de Corbie jouit alors de quelque repos à la faveur duquel elle put se développer, et elle fut soumise en certains points à l’autorité d’un châtelain vassal de l’abbaye 2.

La fin du ixe siècle vil s’étendre par des privilèges royaux la seigneurie féodale des abbés de Corbie; ils prirent le titre de comte et s’arrogèrent les droits régaliens. La monnaie de la ville se trouva placée sous leur suprématie, et vers l’an 9 12, Evrard, successeur de Francon , fit un règlement portant que cette monnaie aurait la valeur de 7 deniers d’argent et serait au titre et au poids de la monnaie d’Amiens: que les oboles pèseraient 6 deniers et que, sur 100 s. de deniers, il n’y aurait que 20 den. d’alliage; enfin, que les coins seraient confiés à la garde des officiers de la monnaie 3.

Au siècle suivant, le cours de la prospérité de Corbie fut arrêté de nouveau. La ville fut saccagée, ainsi que l’abbaye, en 923, par le comte de Vermandois, Herbert II, puis, sous le règne de Louis d’Outre-mer, par Raoul, comte de Champagne, et enfin, en gé[6 , par l’armée d'Othon, roi de Germanie. Vers l’année 1026, fut conclu entre les villes de Corbie et d’Amiens ce pacte de paix réciproque dont il a été question dans le premier volume de ce recueil A Les habitants de ces deux villes et de leur territoire promirent, si quelque différend s’élevait entre eux, de ne plus se venger l’un sur l’autre par le pillage ou par l’incendie et de s’expliquer pacifiquement devant le comte et l’évêque 5.

Henri Ier, roi de France, étant monté sur le trône en io3i, détacha de son domaine la suzeraineté de Corbie pour la donner en dot à Adèle de France, sa sœur, qui épousait Baudouin Y, dit le Vieux,

' Script, rer. gall. et franc., t. IX. , p. 493. — D. Grenier, xxiiepaq., art. 1, e, p. 179.

* Sur les châtelains de Corbie, voy. D. Grenier, loc. cit.

3 Biblioth. imp. , cartulaire noir de Corbie , n° 19, fol. 48 r°. — D. Grenier, xxie paq., n° 2. b.

4 Page i3.

5 Miracula sancti Adalhardi , abbatis Corbeiensis, auctore sancto Gerardo, abbale monast. Sylvæ majoris, ap. Script, rer. gallic. et franc., t. X, p. 379, et apud Acta sanctorum ord. S. Benedicti, sæc. IV, pars prima.

4i 6 AMIÉNOIS

comte de Flandre. Cette ville passa ensuite à Baudouin VI ; mais les enfants de ce dernier ayant été dépossédés par Robert le Frison , s’adressèrent au roi Philippe Ier, et le prièrent de les réintégrer dans l’héritage de leur aïeule. Philippe accueillit favorablement cette demande; il se rendit de sa personne à Corbie , et après avoir fait prêter aux habitants serment de fidélité , il réunit la ville et le comté au domaine de la couronne. Malgré la perte de la bataille de Cassel , où Philippe Ier fut vaincu, en 1071, par Robert le Frison, Corbie resta au roi de France.

Placés sous la dépendance immédiate des abbés du monastère, les habitants de Corbie étaient primitivement serfs de corps et de biens; ils le furent jusqu’à l’année 1124. « A cette époque, dit le laborieux « D. Grenier % l’abbé Robert et sa communauté en firent des hommes « de poeté, homines potestatis, commuant leur servitude en une preste tation annuelle, qui étoit appelée caveliche dans le pays, et ailleurs

« droit de chevelage, parce qu’elle se payoit par tête . 2. Les

« Corbéiens, ainsi affranchis, reçurent de la même main la grâce de « former entre eux, pour la défense de la patrie, une association pa- « reille à celle que le roi Louis VI et différents prélats avoienl accordée « à leurs serfs, c’est-à-dire le droit de commune. »

C’est à l’an 1123 environ que l’on fait remonter l’établissement de la commune de Corbie par le roi Louis le Gros, à la sollicitation des clercs et des laïcs de la ville. Son existence, comme on le verra en détail par les documents qui vont suivre, fut constamment troublée par des débats avec l’abbaye; dès l’origine et malgré les concessions qu’ils avaient eux-mêmes consenties, les abbés s’appliquèrent à en contrarier le développement. Enfin , ruinés par les procès et ne pouvant suffire aux charges que leur imposait leur constitution municipale, les habitants de Corbie abandonnèrent, en i3io, au roi Philippe le

1 Biblioth. imp. , xxue paq.. art. i, e, p. 256.

3 Le devant dis messire li abbés a en ladite vile bien mile personnes ou plus assez, lesquels ne puent se marier sans son coDgié, et du congié donné il en a sa droiture accoustumée, et tant corne ils sont ensamle par mariage, cascune personne paie à

monsieur l’abbé deux parisis de sen kief, et apele on tele condicion en nom vulgal caveliche , pour chou que ch’est pour le kief. (D. Grenier, xxi* paq., art. 2 b, fol. 65 v°, d’après le cartul. noir de

C0RB1E.

Bel leur commune avec ious les droits qui en dépendaient. L’abbaye intervint alors; elle fit consentir le roi à un échange 1 d’après lequel les droits abandonnés par les bourgeois étaient transférés au monastère, qui, de son côté, cédait à la couronne la terre deWailly, au diocèse de Soissons, et diverses autres propriétés foncières. De la sorte, les habitants de Corbie se retrouvèrent après deux siècles hommes de fief de l’abbaye. Ce retour à l’ancienne condition ne fut point accepté sans murmure; il y eut à Corbie des protestations, des soulèvements, des tentatives de restauration communale. Mais peu à peu les souvenirs et les traditions du régime de. liberté municipale s’affaiblirent, et les luttes entre la ville et l’abbaye se réduisirent à des procès, dont la plupart n’offrent au point de vue historique qu’une importance secondaire 2. Au xvi® siècle, s’opéra une sorte de reconstitution du gouvernement municipal de Corbie, qui fut composé, par décision même du conseil de l’abbaye, d’un prévôt et de quatre échevins.

Corbie fut au moyen-âge une des localités commerçantes de la Picardie. Placée sur le cours de la même rivière que Péronne, Saint-Quentin ,

1 Voici l’histoire de la commune de Corbie, racontée dans un de ces procès par les moines :

Et au contraire, disoient iceuz religieux que madame sainte Bauthoin, en son vivant roine de Franche, etLothaire son fils, qui depuys avoit esté roy, avoient fondé ladite église et abaye de Corbie et icelle doué de la terre, conté et seigneurie de Corbie, qui lui estoit venue ou esclieue et à ses prédécesseurs parla confiscation que en avoit laite le conte Corbant , durant lequel temps ne depuis n’avoit eu en la dite ville corps, loy ne communauté, maieur, jurés ne autres officiers pour icelle gouverner ne exercer, mais appartient la justice et seigneurie aux dits religieux ou leurs prédécesseurs, et par ce estoient tous les demouraus et habitans de la dite ville nuemenl leurs subgecls; et depuis s’estoient les habitans nobles et clergie d’icelle ville, par le consentement des dits religieux, trais devers le roy noslre sire qui pour lors estoit , qui leur avoit créé loy, communauté et eschevinage, et y avoit eu maieur, jurez , eschevins, et auli'es officiers, qui par aucuns temps avoient eu le gouvernement et police de la dite ville; mais aucun temps après, ladite loy et communauté avoit par le roy lors

régnant et pour certaines causes qui ad ce Pavoient meu, esté remite en la main d’iceulz religieux, ausquels parce moien avoit appartenu autelle seigneurie en la dite ville, terres, picage, pasturages, marescage et communaultez, comme ils avoient auparavant la dite réduction, et par ces moiens n’avoient les dits demandeurs onques eu en icelle ville aucun droit, justice ne seigneurie, et s’aucune chose avoient eu en pasturage, soyage ou autrement en quelque manière que ce fus! , ce ne avoit ça este que par le grâce, courtoisie et amour que les dits religieux et leurs prédécesseurs leur avoit fait , et avoit depuis la dite réduction esté ordonnés en la dite ville aucunes personnes pour entendre au gouvernement et affaires communes d’icelle, comme prevost, qui avoit congnoissance des questions qui se mouvoient entre les subjets de la dite ville, eschevins qui avoient la congnoissance des questions meues à cause d’éritages et autres officiers convenables... (Accord passé le 16 avril 1448, entre les habitants et les religieux de Corbie, et conservé aux Archives imp.)

* Bouthors, Notice historique de la commune de Corbie (Amiens, i83g, in-8, p. 65).

T. III

4 ( 8 AMIÉNOÏS

Amiens et Abbeville, elle tirait de sa position de notables avantages. Une ordonnance de Philippe-Auguste, de l’an 1599, et un réglement donné en commun par les maires et eschevins d’Amiens, d’Abbeville et de Corbie 1 , sont destinés à faciliter et à rendre plus sûres la navigation de la Somme et les relations entre les villes du littoral. Le débit des grains, du vin, des draps, était considérable à Corbie. D’après des comptes des années 1 345- 1846, cent vingt-sept pièces et demie de drap furent vendues depuis la Saint-Jean-Baptiste jusqu’à la Saint-Thomas de Fan i354 , deux cent quatre-vingt-quatre pièces de la Saint-Thomas à la Saint-Jean de l’année suivante, et deux cent cinquante-trois du 24 juin au 24 décembre 2. Une enquête du 16 mars 1202, constate l’existence à Corbie d’une fabrique d’épées, de boucliers, de piques, de cottes de mailles; il résulte d’un compte de 1 348 que cette ville possédait un molin a oliette , à than et as coutiaus , c’est-à-dire dont on se servait pour polir et pour aiguiser le fer 3.

On voit, dans le cours du xie siècle, les habitants de Corbie prendre part comme vassaux, et sous la conduite des abbés du couvent, à plusieurs expéditions militaires. En 1072, ils marchent, sous les or di es de l’abbé Foulques, au secours de la comtesse de Flandre4, et en 1096 ils concourent , sous la conduite de l’abbé Nicolas 1er, au siège de Montmorency. Il paraît que leur service consistait principalement à rendre les routes praticables, à remuer des terres, à planter les tentes, à aller au fourrage, et enfin à faire les gros travaux du camp5. Au siècle suivant, organisés en milices communales, ils figurent avec honneur dans diverses actions de guerre. En 1 1 85, Philippe d’Alsace, étant venu mettre le siège devant leur ville, s’empara des ouvrages avancés au faubourg de Fouiîloy; mais les Corbéiens coupèrent les ponts qui pouvaient donner passage à l’ennemi, et opposèrent une si vive résistance, que le roi de France eut le temps de leur envoyer des secours, et que Philippe d’Alsace fut contraint de se retirer6. En 1194, ils marchèrent contre Ses Anglais, qui, maîtres du

1 Ces deux actes ont été publiés dans le tome ï de ce recueil , p. i 19 et 217.

J D. Grenier, xxi# paq., art. a b, p. 86.

3 Ibid., p. 87.

4 Script, rer. gall. et fi-., t. XI, p. 891. â D. Grenier, xxie paq., art. 2 b, p. 65 v°.

6 Guilîeloi. Armorie., de Gestis Philippi-Au gusii (Script, rer. Gall. et Fr,,t. XVII, p, 67.) —

CORBIE. 419

Vexin, ravageaient les frontières de la Picardie; ils avaient fourni à cette occasion 200 sergents et quatre chariots \ Witchind, abbé de Corvey ou nouvelle Corbie, en Saxe, se trouvait alors dans la province. Il reconnut les bourgeois de Corbie, revenant de cette expédition, aux corbeaux qui ornaient leur bannière, et qui étaient aussi l’oiseau symbolique de Corvey 2.

Les Corbéiens se signalèrent en 1214, avec les milices des autres communes picardes, sur le champ de bataille de Bouvines 3; en 1254, ils fournirent au roi quatre cents hommes d’armes, contingent plus considérable que celui d’Amiens; en 1273, ils fournirent encore 200 sergents et quatre chariots pour l’armée de Flandre, et autant pour les troupes envoyées à la conquête de l’Aragon 4. Hugues, abbé de Corbie, prit part à la bataille de Crécy avec 5oo hommes, bien que son abbaye n’eût été tenue de fournir que deux sommiers estoffés de sommes , sacs et bahuts 5.

Les fortifications de Corbie reçurent, vers l’année i3i3, un accroissement considérable. L’abbé Hugues le Vert fit élever dix-huit tours, et les frais de construction furent pris sur le tonlieu et sur un impôt accordé par le roi. En 1 4 1 7? Corbie était tombée entre les mains des partisans du duc de Bourgogne; l’année suivante, elle rentra sous l’obéissance du roi. Attaquée par les Bourguignons en i43i, elle fut vigoureusement défendue par les habitants, obéissant au seigneur d’Humières , et encouragés dans leur résistance par l’abbé Jean de Lyon. Les Bourguignons furent forcés de se retirer, mais ils revinrent à la charge en 1 435 ; cette fois ils emportèrent la place, et la gardè-

Rigord. de Gest. P/ûl. Aug. (Id., ibid., p. i3.) — Guill. Britonis-Armorici , Philippidos. (Id., ibid., p. i37.).

1 Bibliotb. imp., cartul. de Corbie, fol. 635 v°.

» Gall. christ., t. IX , instr., col. 332. — D. Grenier, xxne paq., art. i , e , fol. 25 7 v°.

3 D. Grenier, xxne paq., art. i e, fol. 257 v°, et xxie paq., n° 2 b, fol. 68 r° et v° ; — Guill. Armorie, de Gest. P/iil. Aug. (Script, rer. Gall., t. XVII, p. 97). — Cet écrivain (p. 101), donne les noms de plusieurs Corbéiens faits prisonniers à Bouvines. — Voy. aussi Chron. de Saint-Denys, id., ibid., p. 409. — On lit dans le poème de Guil¬

laume Guiart, intitulé : Branche des royaux lignages. (Collectiori'des chron. nationales françaises, publiées par M. Buchon , t. VII, p. 292.) :

Après venoient les communes Où genz avoit blanches et brunes,

Pour aidier au roi léaument.

Comme Amiens espéciaument,

Qui désire qu’à l'estour viengne ,

Corbie, Arraz, Biauvez, Compiengne-..

Entre le roi et les Tyois,

Se met Amiens et Corbiois...

4 D. Grenier, xxie paq., art. 2 b, fol. 72.

5 Louandre, Hist. d’ Abbeville, t. I, p. a33,

4ao AMIÉNOIS

rent en vertu du traité d’Arras. Rachetée par Louis XI en i463, elle fut de nouveau cédée au duc de Bourgogne en i /j65. Louis la reprit le i r niai 1 4-7 5 , et malgré la capitulation qui garantissait les propriétés des habitants, les soldats français, réunis aux milices d’Amiens, la ruinèrent complètement et ne laissèrent que six maisons debout.

Dans le cours du xvie siècle, la ville de Corbie eut à traverser de nouvelles vicissitudes. En j524? elle fut ravagée par la famine et la contagion , et la population se trouva considérablement diminuée. Ayant adhéré à la Ligue en i588, Cobie fut prise en 1090 par Charles d’Humières, commandant pour le roi en Picardie, tonfba, cinq ans plus tard, aux mains des Espagnols, et ne tarda point à être reconquise par Henri IV. Enfin, en 161 5, les princes ligués contre le maréchal d’Àncre en avaient fait leur place d’armes ; mais ils ne purent la défendre, et le maréchal les en chassa cette même année.

Corbie eut à subir un nouveau siège en i636, lors de l’invasion de la France par les Hispano-impériaux , sous les ordres de Jean de Werth et de Piccolomini. Attaquée le 7 août, elle se rendit le i5 du même mois. L’armée française la reprit le 1 4 novembre, et, en punition de la faiblesse de leur défense, Louis X III déclara les habitants criminels de lèze majesté et les priva de leurs privilèges. En 1673, Corbie fut démantelée par ordre de Louis XIV l.

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