‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 108 sur 164 · LETTRE DE PHILIPPE-AUGUSTE, POUR L’OBSERVATION DE LA CHARTE · texte numérisé non relu

LETTRE DE PHILIPPE-AUGUSTE, POUR L’OBSERVATION DE LA CHARTE

DE COMMUNE

La mésintelligence ayant persisté ou éclaté de nouveau entre l’abbaye et les bourgeois de Corbie 1 postérieurement à l’octroi de la charte de commune, le roi Philippe-Auguste se rendit dans la ville, afin de concilier les deux partis; il entendit leurs raisons, se fit représenter la charte qu’il avait donnée aux bourgeois, et à laquelle l’abbé refusait soumission, et se déclara formellement pour la commune. Par la lettre qu’on va lire, il déclara que l’acte de 1 180 était bon et valable, et il ordonna aux habitants de le maintenir invariablement et de passer outre sans répondre, dans le cas où il serait, de la part des religieux, l’objet de nouvelles contestations.

In nomine, etc. Philippus, etc. Notum sit quod, propter ortam inter abbatem Corbeiensem et burgenses ejusdem ville discordiam, Corbeiam venimus et, auditis hinc inde rationibus, cognovimus cartam prefatis burgensibus a nobis traditam , quam memoratus abbas infirmare volebat, bonam esse et racionabilem et quod abbas nulla racione eam poterat in irritum revocare. Hinc est quod, racionis ductu previo, precepimus ut jamdicti burgenses abbati predicto vel successoribus ejus nullatenus respondeant de cetero super taxata quarta , immo eam firmiter et ineoncusse teneant et custodiant, et si quisquam ipsam cartam sequi noluerit, ei non respondeant. Quod utratum, etc. Actum Corbeie, anno Domini millesimo centesimo octogesimo secundo, regni nostri anno tercio.

Biblioth.~imp. , D. Grenier, xive paq.,n°4, fol. 61 r°, xxie paq. n° 2 , xxne paq. u° i,xxxe paq. n° 2. — Cartul. noir, fonds de Corbie, n° 19, 2e feuillet non coté, v° col. 2. — Cartu!. de Phlippe-Auguste, n° 9852 a, fol. 8 r«. — Collect. Decanips, vol. XXIX, fol. i5 r°. — Collect.

Duchesne , t. LXXVIII, p. 234.

1 Voy. plus haut, p. 422 et 423.

1 1 go.

juillet

LETTRE DE PHILIPPE-AUGUSTE RELATIVE AUX QUERELLES ENTRE LA COMMUNE ET L’ARBAYE DE CORBIE.

Philippe- Auguste , au moment de partir pour la Terre Sainte, donne une déclaration par laquelle sont garantis les droits de propriété de l’abbaye contre toutes les tentatives ultérieures qui pourraient être faites par la commune. Quant au jugement des anciens litiges, il promet qu’à son retour de la croisade pleine justice sera faite par lui aux religieux, et que, dans le cas où il mourrait dans son pèlerinage, il recommandera à son successeur et aux baillis de mettre fin, par une décision formelle, aux différends soulevés entre l’abbaye et les bourgeois.

Philippus, Dei gratia Francorum rex , universis ad quos littere iste pervenerint, salutem. Noveritis nos concessisse abbati et monachis Corbeie quod nullum dampnum sustineant de his que ad proprietatem abbatis et monachorum pertinent, occasione tenuiture quam communia Corbeie contra eos fecerit, vel per aliquod punctum quod communie concessimus et, cum dominus Deus a peregrinatione nostra nos reduxerit, si requisiti fuerimus, judicium inter abbatem et communiam fieri faciemus. Si vero in hac sancta peregrinatione aliquid humanitus de nobis accident, heredi nostro et ballivis nostris precipimus quod judicium fieri et firmiter observari faciant inter abbatem et communiam eandem, de his de quibus contentio inter eos vertitur et rem sine dilatione finiant, sicut ex presenti nostra concessione tenemur. Actum apud Parriciacum , anno ab Incarnatione Domini m° c° nonagesimo, mense Julio.

Biblioth. inip., cartul. blanc de Corbie, n° 20 , fol. ir5 r°. — Cartul. noir, u° 19, fol. 33 v° — D. Grenier, xxie paq. , n° 2 , et xxxe paq. , n° 2.

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