ENTRE LE SEIGNEUR DE FOUILLOY ET LA COMMUNE DE CORRIE
Les registres du parlement de Paris nous ont conservé le souvenir de plusieurs conflits survenus dans les années 1264 et 1265 entre le seigneur de Fouilloy, village voisin de Corbie, et les maire et jurés de cette ville. En premier lieu, un procès s’éleva au sujet des prétentions qu’avaient les magistrats municipaux de tenir dans la dépendance de leur commune, et sous la même juridiction , les habitants de Fouilloy. Une enquête fut ordonnée par le parlement, et elle eut pour résultat de prouver que le village de Fouilloy faisait partie de la commune de Corbie, et que ses habitants devaient être soumis à la même juridiction que ceux de la ville elle-même.
Cet arrêt fut rendu dans le courant de l’année 1264. Peu de temps après, il arriva qu’un homme ayant apporté du pain à vendre à Fouillov, et Simon , seigneur du lieu , ayant fait saisir ce pain , sous prétexte
CORBIE
qu’il n’avait pas été cuit à son fournies maire et jurés de Corbie le reprirent des mains des agents seigneuriaux. Alors Simon s’adressa au parlement, et la cour, malgré la production de l’arrêt de 1264, décida que les magistrats municipaux de Corbie n’avaient pas eu le droit de reprendre le pain en litige, et les condamna à en ressaisir le seigneur, et à payer une amende (ia65).
Enfin, Simon de Fouilloy se plaignit au parlement que le maire et les écbevins de Corbie avaient repris deux hommes arrêtés par ses gens dans une querelle à Fouilloy, et qu’il prétendait n’être pas de la commune de Corbie. La cour ordonna au bailli d’Amiens de s’enquérir de la vérité, et s’il reconnaissait que les hommes arrêtés n’étaient pas de la commune de Corbie, de condamner les maire et jurés à restitution (ia65).
Olim du parlera, de Paris, éd. Beugnot, t. I , p. 204 et 641.