‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 119 sur 164 · ACCORD ENTRE LA COMMUNE ET L’ABBAYE DE CORBIE · texte numérisé non relu

ACCORD ENTRE LA COMMUNE ET L’ABBAYE DE CORBIE

En 1255, dit D. Grenier1, le maire et les jurés de Corbie avaient prêté serment à l’abbé de ne prononcer aucune sentence de bannissement sans avoir au préalable demandé et obtenu son autorisation. L’année suivante, un habitant du village d’ignaucourt ayant encouru cette peine, ils en informèrent l’abbé; mais, comme l’autorisation qu’ils sollicitaient se faisait attendre, ils passèrent, outre et prononcèrent le jugement L’abbé porta plainte au roi, qui délégua, pour résoudre la difficulté, son chapelain, Gautier de Cbambîi , chanoine de Senlis, et Gautier Bardin , bailli d’Amiens. Les commissaires royaux cassèrent le jugement de l’autorité municipale, et le maire et les jurés durent s’engager de nouveau à ne prononcer des arrêts de bannissement qu’après en avoir reçu l’autorisation de l’abbé ou de son prévôt, ou d’un officier tenant la place de ce dernier, il fut décidé, en outre, que la publication de la sentence aurait lieu au nom de l’abbaye et de la commune.

1 Biblioth. imp., xxn* paq. , art. :e, p. 2 5g r® et v*.

AMIENOIS

mars.

Umversis présentes litteras inspeeturis , major, jurati, totaque communitas ville Corbevensis, salutem in Domino. Noveritis quod, cum inter nos ex una parte, et viros religiosos Petrum, Dei gratia abbatem monasterii Corbeyensis, ejusdemque loci conventum ex altéra, orta fuisset contentio, super hoc quod dicti abbas et conventus dicebant se fuisse in possessione vel quasi talis juris, scilieet quod , quando in villa Corbeyensi alicujus hominis vel aliquorum eminebat bannitio facienda, major et jurati predicti ante bannitionem requirebant licentiam banniendi a dicto abbate vel ejus mandato , et de licentia dicti abbatis et assensu aut ejusdem mandati, nec non et ex parte ecelesie seu monasterii Corbeyensis fieri consueverat bannitio memorata , nichilominus tamen predicti major et jurati quemdam hominem de Ynaucourt, dicti abbatis banniendi eum licentia requisita, et ejusdem abbatis qui aliquantulum super hoc deliherare volebat non obtento responso , absque ejusdem abbatis licentia et assensu , nulla in dicta bannitione facta de ecclesia seu monasterio Corbeyensi mentione, a villa Corbeyensi banniverunt, predictos abbatem et conventum possessione sua vel quasi taliter spoliando, ut predicti abbas et conventus dicebant; tandem, mediantibus viris venerabilibus et discretis magistro Galtero de Chambli, canonico Silvanectensi et domini regis capellano, et Galtero dicto Bardin , baillivo Ambianensi, de mandato excellentissimi domini nostri Ludovici , Dei gratia regis Francorum , ad hoc specialiter missis , de consensu nostro et dictorum abbatis et conventus, pro bono pacis super hoc perpetuo retinende, a nobis et ab antedictis abbate et conventu concorditer extitit ordinatum in hune modum : quod, adnichilato et penitus adnullato facto bannitionis hominis predicti de quo contendebatur, quociens de cetero alicujus vel aliquorum bannitio in villa Corbeyensi fuerit facienda, nos major et jurati predicti, aut nostrum aliqui, tenebimur adiré in abbatia dominum abbatem, si presens fuerit, vel, eo absente, prepositum aut aliquem eorumdem abbatis vel prepositi vices gerentem et eju&dem abbatis vel prepositi aut alicujus alterius eorumdem vices gerentis, licentiam banniendi requirere et demum bannire de ejusdem abbatis aut prepositi vel predicti alterius vices eorumdem gerentis licentia et assensu; et fiet hujusmodi bannitio publice ex parte ecelesie seu monasterii memorati et ville Corbeyensis antedicte. In cujus rei testimonium et munimen, nos major et jurati predicti presentibus litteris sigillum commune ville Corbeyensis dignum duximus apponendum. Datum anno Domini m° cc° lx° vi°, mense martio.

Biblioth. imp., cartul. noir, fonds de Corbie, n° 19, fol. 44 r°. — Ms. de D. Grenier, Picardie, vin* paq., n°4, fol. 200 r°, et xxx*paq.n°4. — Cartul. blanc, fonds de Corbie, n" 1, partie non foliotée. — Cabinet des chartes, carton 210.

CORBIE

ARRÊT DU PARLEMENT, AU SUJET D’UNE MAISON ABATTUE PAR DÉCRET DES MAIRE ET JURÉS DE CORBIE.

Pierre, dit Cousin , habitant de Corbie, avait été cité par les maire et jurés de cette ville à comparaître devant eux. Prétendant qu’il était clerc, il se constitua prisonnier sous la justice de l’abbaye, et offrit de répondre devant cette justice aux accusations portées contre lui. Les magistrats municipaux ordonnèrent alors que, suivant la coutume de la ville, la maison de l’accusé fut abattue, et, quoique l’affaire eût été mise entre les mains du roi par deux sergents délégués du bailli d’Amiens , ils firent procéder à l’exécution de leur décret. Le parlement, attendu que cette exécution avait eu lieu après la remise du litige à la justice royale, condamna les maire et jurés de Corbie à reconstruire la maison démolie et à payer une amende de cent livres parisis (1270).

Olim du parlem. de Paris, éd. Beugnot, 1. 1, p. 820.

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