‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 12 sur 164 · NOMMÉE PREMIER ÉCHEVIN · texte numérisé non relu

NOMMÉE PREMIER ÉCHEVIN

De temps immémorial, les Amiénois avaient choisi pour maire des personnes originaires de leur ville, et cet usage avait fini par prendre en quelque sorte force de loi. Cependant, en 1 6 1 4 ? Me Jean Delierte, trésorier général de France, qui n’était point né à Amiens, ayant été nommé échevin, les magistrats municipaux firent des démarches pour la conservation de l’usage ancien, qu’ils considéraient comme formant un privilège précieux. Ils s’adressèrent d’abord au duc de Longueville, gouverneur de Picardie, et tout en reconnaissant que le droit réclamé par eux n’était appuyé sur aucune mention écrite et authentique, ils soutinrent qu’il avait pour hase une coutume suivie depuis des siècles, et toujours respectée par les gouverneurs de la province. Le duc de Longueville promit de faire ratifier ce droit par un arrêt du conseil, et l’échevinage, voulant, s’assurer toute chance de réussir, décida, dans la séance dont nous donnons le procès-verbal , qu’on en écrirait au maréchal d’Ancre, gouverneur d’Amiens1.

i Le maréchal d’Ancre, Concino-Concini , était lettre de Louis XIII aux échevins d’Amiens, pour gouverneur d’Amiens depuis l’année iôit. Voy. une leur annoncer la promotion du marquis d’Ancre

XVIIe SIÈCLE. 1 1

Le dernier jour de septembre mil six cents quatorze, en la chambre du con- 1614. seil de l’hostel commun de la ville d’Amyens, où estoient assemblés Anthoine J“br Pingre, etc., eschevins, présent Charles Delesseau, greffier.

En ceste assemblée a esté proposé que Me Jehan Deherte, trésorier général de France, nommé eschevyn de ladite ville le jour de S. Firmin dernier, dillet (diffère) de faire le serment d’eschevyn, et qu’il y a apparence qu’il ne désire pas d’estre en ceste charge, pour estre le dernier de la compagnye, ainsy qu i! seroit s’il y entroyt, mais que sy, sur la lyste envoyée au roy pour faire élection du premier eschevyn, il estoit choisy et nomé pour estre le premier, alors il pourroit accepter la charge, laquelle à présent il ne refuse pas et n’accepte pas; et d’autant que ledict sieur Deherte n’est natif de ceste ville, et que de tout temps ès charges de maieur et premier eschevyn il ne s’y est commis autres personnes que ceulx natifs de la ville, que c’est ung privilège quy est demeuré entier et conservé jusques aujourd’huy aux enfants de la ville, que messieurs les gouverneurs ont pris en affection de les y conserver, a esté advisé que monseigneur le duc de Longueville, gouverneur et lieutenant général en ceste province de Picardye, sera très-humblement supplyé d’avoir agréable que ce privilège soit conservé et qu’il luy plaise escrire au roy en faveur d’icelluy; laquelle remonstrance a esté à l’instant faiete à mondict seigneur en son hostel, où messieurs les eschevins se sont transportés en corps. Après laquelle, mondict seigneur leur a dict que, par l’édict de réduction de ceste ville en l’obéissance du roy, il n’est faict aucune mention de ce privilège, et sur ce qu’il a esté remonstré à mondict seigneur que par tous les anciens privilèges de ladite ville il n’en est rien dict, mais que c’est ung privilège de sy longtemps observé qu’il faisoit loy, joinct que, par ledict édict, il est porté que les eschevins sont créés ad instar de la ville de Paris, et qu’il est certain que le prévost des marchans et les eschevins de Paris sont toujours pris de personnes natives de la ville, mondit seigneur leur a prornys faire donner ung arrest du conseil pour ledict privilège pour l’avenir, et estans messieurs les eschevins retournés dans l’hostel de ville, i!z ont advisé que sur le mesme subject il en sera escript à monsieur le mareschal d’Ancre, gouverneur de la province.

Aich. de l’hôtel de ville d’Amiens, Lixe reg. aux délibérations de l’échevinage coté t, fol. 193.

aux états de bailli , gouverneur et capitaine d’A- sens (août 1611). Arch. de l’hôtel de ville d’Amiens, miens, et leur mander de le bien recevoir (6 août originaux en parchemin, liasse dij, pièces i5 1611), et une de Marie deMédieis, dans le même et 16.

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