‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 150 sur 164 · LE ROURG DE POIX · texte numérisé non relu

LE ROURG DE POIX

Le 28 seplembre i6o5, le bourg de Poix fut presque entièrement détruit par un incendie; les habitants, réduits à la plus grande misère, présentèrent une requête au roi, à l’effet d’obtenir la remise des impôts pendant douze ans , et l’établissement d’un marché. Henri IV, par les lettres qu’on va lire, leur accorda, conformément à leur requête, un marché qui devait se tenir le mardi de quinzaine en quinzaine, et le jour de la fête de saint Éloy; mais il se montra moins favorable à leur demande en ce qui touchait l’impôt, et, au lieu d’une

janvier-

novembre.

remise enlière, il se borfia.à fixer, pour six années, le maximum de leur cote à la somme de six cents trente livres, en recommandant aux employés des gabelles de modérer en leur faveur les droits à percevoir sur le sel.

Sur la requeste présentée au roy en son conseil, par les habitons du bourg de Poix en Picardie, tendant affin qu’il pleust à Sa Majesté, en considération des grandes pertes par eulx souffertes par l’accident de feu advenu, le xxvnr septembre mil six cents cinq, audit bourg de Poix, qui auroit bruslé et consommé une grande partie des maisons d’icelluy bourg, avec leurs meubles, bleds et bestiaux, dont la pluspart desdits habitants sont tellement ruynés qu’ils ont esté contraincts de s’absenter dudit bourg, pour n’y avoir plus moyen de vivre, et par conséquent leurs terres demeurer en friche et sans labour, voulloir accorder auxdits habitans pour leur donner moyen de se réhabiliter audit bourg , le x-ebastir et remectre sus leurs labourages, la remise de douze années de tailles, taillon, creues etimpostdu sel à quoi ils sont imposez, à commencer en l’année présente, et outre ce ung marché tous les deux mardis des mois et jour de Saint-EUoy en l’an ;

Le roy en son conseil, veu l’advis donné à Sa Majesté par les trésoriers généraux de France en Picardie, du dernier jour de mars dernier, et ayant esgard aux grandes pertes souffertes par lesdicts habitants de Poix par l’accident du feu, a ordonné et ordonne que lesdicts habitans ne pourront estre cottizés pour les six années prochaines à plus grande somme que de six cents trente livres par chacun an, pour toutes tailles, creues et taillon, et, pour le regard de l’impost du sel, Sa Majesté enjoinct aux grenetiers, contrôleurs du grenier à sel de Gx-anvilliers de modérer lesdicts imposts pour lesdictes six années, eu esgard à la perte soufferte par eulx, et au nombre des habitants qui se sont absentés dudict bourg. Et outre ce, Sadicte Majesté, pour leur donner moyen de rebastir ieelluy bourg, leur a accordé ung marché tous les deux mardis de chaque mois, et le jour Saint-Elloy, pourveu qu’il n’y en aict point esdicts jours à quatre lieues proches dudict lieu de Poix.

Beelievre. de l’Aubespine.

Faict au conseil du roy tenu à Fontainebleau, le xvie jour de novembre 1606.

FLIXICOURT.

FLIXICOURT.

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Flixicourt, Flixecourt, Flixcourt , Frixicuriæ , Flexicurtis (1157), FJessicourt (1298), est un bourg situé dans un territoire très-fertile, à une demi-lieue de la rive droite de la Somme, à trois lieues nord-ouest d’Amiens et à quatre lieues et un quart sud-sud-ouest de Doullens. Il dépend aujourd’hui du canton de Picquigny et de l’arrondissement d’Amiens, et renferme 1640 habitants. Les coutumes particulières de Flixicourt, rédigées au mois de septembre 1607, nous apprennent que le bourg à cette époque était administré par un maire et douze échevins, élus tous les ans le lundi de Pâques, et qui prêtaient serment entre les mains du prévôt seigneurial. Les membres de l’écheyinage avaient la charge d’asseoir certaines impositions, de mettre le prix sur le vin, la bière et autres boissons, de délivrer aux marchands des poids et mesures, d’examiner les animaux destinés à la subsistance publique et le pain fait par les boulangers, de visiter l’Hôtel-Dieu, les bâtiments et l’église de la maladrerie, etc. Ils pouvaient emprisonner les malfaiteurs, et percevaient, en partie pour eux-mêmes et en partie pour le seigneur, les taxes imposées aux habitants. Le prévôt ne pouvait siéger en justice sans être assisté d’un certain nombre d’entre eux L

On voit, par un titre de la baronnie de Picquigny, dont le texte parait perdu, et dont nous donnons ie sommaire, qu’en l’année 1270,

1 La seigneurie de Flixicourt fut possédée par les châtelains d’Amiens, et passa successivement dans les maisons de Varennes, de Raineval, d’Ailly et d’Albret.

il y avait à Flixicourt un maire et des échevins : « Mars 1270. Lettre « par laquelle Dreux d’Amiens, seigneur de Flixicourt, donne à Agnès « sa fdle et à Jehan de Varennes, chevalier, son mari, par testament, « tout le vivier de Flixicourt et toute la justice qu’il a sur les mayeurs, « esclievins et communauté de ce même lieu, et la prévôté de la ville « de Flixicourt h » A part cette indication, nous manquons de renseignements positifs sur l’organisation municipale du bourg de Flixicourt aux époques anciennes.

COUTUMES LOCALES DE LA VILLE, BANLIEUE ET ÉCHEVINAGE DE FLIXICOURT, RÉDIGÉES AU MOIS DE SEPTEMBRE 1507.

Les coutumes de Flixicourt ont été publiées dans le Recueil de M. Bouthors ( Coutumes locales du bailliage d Amiens , t. 11, p. 214). Nous nous bornons à donner une analyse qui se trouve dans les manuscrits de D. Grenier.

1. Le mort saisit le vif, sans relever terres ni manoirs en roture.

2. Mari ou femme peuvent disposer de leurs acquêts par moitié, par testament, aussi bien que de leurs meubles.

3. Amende de 20 s. p. pour coup de poing ou de main donné en rixe, dont i5 s. aux maire et eschevins, 5 s. au seigneur.

4. Pour coup de poing ou de main donné au maire ou eschevins, 20 s. p. tout aux maire et eschevins.

5. Amende de 60 s. p. pour coup donné avec baston invesible (? M. Bouthors lit: injurasible ), 4° s- aux niaire et eschevins, 20 s. au seigneur.

6. La douairière ne peut engager son douaire que d’an en an, ou le vendre, si ce n’est à l’héritier de son mari.

7. Item, se aulcun got et possesse d’aucuns manoirs ou terres situées en ladite ville et banlieue à vray titre, et par le temps et espasse de sept ans con-

1 Arcli. départem. de la Somme, baronnie de Picquigny, répertoire des titres, t. Ier, p. 3o. — Voy. sur Flixicourt un arrêt du conseil, qui décharge les habitants du payement de leurs tailles

et crues durant deux années, et modère leur cotisation à l’impôt du sel de la quantité de io minots durant l’année i6o3. 22 octobre i6o3. (Arch. imp., sect. administr. e. s.)

FLIXÏCOIJRT.

tinuels et ensuians, entre présens, sa partie soit aagié et non privilégié, tel possesseur acquierre le droit de la chose par luy ainsi possessée, en tele manière que, après ledit temps passé, aulcun n’est recepvable de en former contre lui aulcune action ou poursuite.

8. Est deu au seigneur pour droit de mort herbage une obole de chaque beste à laine jusqu’au nombre de 19, la nuit de Saint- Jean-Baptiste, à peine de 60 s. p. d’amende, et pour vif herbage, quand il s’en trouve au-dessus de 19, le seigneur a le droit de prendre une beste, après que le propriétaire ou occupeur en a retiré deux,

9. L’aisné, ou au deffant de masle la fille aisnée, hérite seul des propres de père et de mère, sans que les puisnez y ayent aucune part.

10. Les maire et eschevins ont droit d’afforer et mettre le pris au vin, bierre, etc., pour quoy il leur est deu un lot et un pain blanc, à peine de 60 s. p. d’amende, dont 4° audit maire et 20 au seigneur, à qui il est deu deux lots de chaque queue, poinçon ou cocquet.

11. Il est deu pour droit de chaussée de ladite ville, du cheval 1 obole et du char 2 deniers.

12. On ne peut vendre sans avoir pois et mesures des maires et eschevins.

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