DE VILLE
Par celte transaction, dont le sommaire seul nous a été conservé, les habitants de Flixicourt permettent à ceux de Ville de faire paître leurs bestes à cornes et chevalines du cos té d’entre la grande rivière, coulant au travers du marais Soubitle et les masures du village de Ville, seulement avec la permission de scier et faucher l’herbe en ladite partie du marais Soubitte.
Arcli. départem. de la Somme, Invent, des titres de la baronnie de Picquigny, t. Ier, p. 116 v°.
LETTRES DE CHARLES IX PORTANT CONFIRMATION DE DEUX FOIRES ANNUELLES ET D’UN MARCHÉ PAR SEMAINE A FLIXICOURT.
Charles d’Ailly, seigneur de Flixicourt, avait obtenu, en 1 5 1 7, du roi François 1er, l’établissement dans ce village de deux foires annuelles et d’un marché par semaine; mais les guerres dont la Picardie fut le théâtre dans la première moitié du xvie siècle en avaient rendu pendant quelque temps la tenue impossible. En 1567, le seigneur du lieu, Louis d’Ailly, craignant que, par suite de cette interruption, ou ne lui contestât la jouissance des droits concédés à son aïeul , présenta une requête au roi, afin d’en obtenir la confirmation. Charles IX fit droit à cette requête, et, par l’acte qu’on va lire, il confirma, en faveur de Louis d’Ailly, les lettres patentes de 1 5 1 7, et autorisa à perpétuité la tenue dans le village de Flixicourt de deux foires chaque année, l’une le 18 octobre, l’autre le a3 avril, et d’un marché le lundi de chaque semaine.
Charles, par la grâce de Dieu roy de France, à tous présents et advenir, sa- 1567. lut. Savoir faisons que notre aîné et féal conseiller Louis d’Ailly, vidame iuind’Amiens, sieur de Flichecourt , nous a fait entendre que le feu roy François premier, notre très-honoré seigneur et ayeul, dès l’an 1017, à l’instante
T. III
65o AMIÉ1NOIS
prière de feu Charles d Ailly, prédécesseur dudit suppliant, créa, ordonna et établit audit lieu de Flichecourt deux foires l’an, l’une le 18 octobre, l’autre le 23 avril, et ung marché par chascune sepniaine, le jour de lundi, et sur ce lui furent expédiées les lettres et Chartres cy attachées, suivant lesquelles lettres, tant ledit Charles d’ Ailly que ses successeurs ont jouy desdictes foires et marchés depuis les guerres survenues en nostre pays de Picardie, à l’occasion de quoy ne se y sont pu tenir lesdittes foires et marchés, par quelque temps; et maintenant que ledit lieu est rétably en son bon estât, il doubte que on le voulsist empescher en la jouissance et continuation desdittes foires et marchés, par le moien de ladite interruption et discontinuation, sans sur ce avoir nos lettres de provision, lesquelles il nous a très-humblement requis et supplié luy vouloir impétrer. Pourquoy nous, ce considéré, lui désirant subvenir en cest endroit et le faire joïr des pareilles grâces que nostredit feu seigneur et ayeul, ayans pour agréable l’establissement desdittes foires et marché, lui avons iceulx continué et confirmé, continuons et confirmons, et en tant que besoin est ou seroit, avons de nouvel créé, ordonné et estably, et par la teneur de ces présentes, créons, ordonnons et establissons audit lieu de Flichecourt lesdites foires et marchés, pour y estre doresenavant tenues à toujours, ainsy que les autres foires et marchés de nostre royaulme; et que les marchands et autres y puissent aller, venir, séjourner et retourner, et illec mener, vendre, eschanger et trocquer toutes denrées et marchandises licites et non prohibées, et que en ce faisant, eulx et ledit suppliant seigneur dudit lieu joïssent et usent pendant lesdittes foires et marchés de tels et semblables droits, privilèges, franchises et libertés que ont accoustumé faire ceulx des autres foires et marchés dudit pays et environs, et que auxdits jours n’y ait autres foires et marchés à quatre lieues à la ronde, auxquelz icelles puissent préjudicier. Si donnons en mandement au bailly d’Amiens ou son lieutenant, et à tous nos autres justiciers et officiers ou leurs lieutenants présens et advenir et à chacun d’eulx, sy comme à eulx appartiendra, que de nos présentes grâce, création, ordonnance et establissement desdites foires et marchés, et de tout l’effet du contenu en ces présentes, ils fassent, souffrent et laissent ledit suppliant et ses successeurs, sieurs dudit Flichecourt, ensemble lesdits marchans et gens y affluents, joïr et user piaillement et paisiblement, sans leur faire mectre ou donner ne souffrir estre faict, mis ou donné opposition, ni pour le temps advenir aucun arrest, destourbier, en corps, biens, ny marchandises, en quelque manière que ce soit, lequel, si faict, mis ou donné estoit au contraire, mectent ou fassent mectre incontinent et sans délay à plaine et entière déli-
FLIXICOURT.
vrance et au premier estât et deu, et avec ce facent icelles foires et marchés escripre et publier à son de trompe et cry publicq, ès lieux d’environ qu’il appartiendra ou requis seront; et pour icelles tenir, confremer et establir audit lieu de Flicliecourt en lieu convenable, où bon leur semblera, halles, bancs , estaulx et autres choses propres, etc., car tel est nostre plaisir, etc.
Donné à Saint-Maur, au moys de may l’an de grâce mil cinq cents soixantesept et de nostre règne le vne. Ainsi signé sur le reply : par le roy, à notre relacion , Le Roy. Visa contentor.
Arch. imp., Trésor des chartes, reg. cclxv, pièce 2 5o.
AM1ENOIS
VIGNACOURT.
NOTICE PRÉLIMINAIRE
Le bourg de Yignacourt , Vinacurt (1096), Vinarcurt (i 10 1), Vinardr curia, Vinardi curtis, Vinacuria, Vignaucourt, est situé dans l’arrondissement d’Amiens et dans le canton de Picquigny, sur la droite de la chaussée romaine dont les vestiges subsistent entre Amiens et Boulogne-sur-Mer; il compte aujourd’hui 3,790 habitants. Si l’on s’en rapporte à une tradition reproduite par la plupart des historiens de la Picardie, Garamon (Gormund), chef de l’armée normande qui fut vaincue à Saucourt en Vimeu par Louis 111, y fut enterré en 881 Yignacourt faisait jadis partie de l’intendance d’Amiens et de l’élection de Doullens. On y remarquait un château seigneurial, une forêt qui était très-vaste au xvie siècle, une église collégiale fondée en octobre ta 16 par Régnault d’Amiens, sieur du Bourg, et une maladrerie, dont le revenu fut réuni à l’Hôtel-Dieu de Picquigny’ par arrêt du conseil du i3 juillet i6g5. Un marché au sujet duquel on trouve de nombreux actes émanés des rois de France, depuis la première moitié du xvie siècle, se tenait à Vignacourt le mercredi de chaque semaine I.
En 1 597, Vignacourt fut brûlé par l’armée espagnole, qui se porta, sous les ordres du cardinal d’Albert, au secours d’Amiens, assiégé par
1 Lettres du roi Charles VI confirmant celles par lesquelles le roi Jean, son aïeul, à la requête du seigneur de Varennes et de Vignacourt, avait établi un marché franc à Vignacourt. (Biblioth. imp., D. Grenier, vin* paq., n° 8; et collect. de Camps,
t. XLVIII.) • — Lettre de François II, qui confirme l’existeuce de ce même marché, interrompu par les guerres. Août i56o. (Voy. Biblioth. imp., D. Grenier, xive paq., n° 5.)
VIGNACOURT. 653
Henri IV. Il fut incendié de nouveau le 25 septembre 1 636 par un détachement de Farinée de Jean de Werth.
On trouve un échevinage fonctionnant à Vignacourt dès la première moitié du xme siècle. D. Grenier nous a conservé une sentence de l’officialité d’Amiens, rendue contre les échevins qui voulaient lever la taille sur les tenanciers de l’abbaye de Bertaucourt (ia33) , et des lettres de l’official constatant la transaction faite à ce sujet entre les échevins de Vignacourt et l’abbesse de Bertaucourt (iü35). A côte et au-dessus de l’échevinage, il y avait un prévôt du seigneur. Dans un titre de i349, Jean le Greffier' s’intitule prévôt, et D. Bouel , Régnault le Sallier, Jean Maistel et Jean Godai t prennent la qualité d’échevins.