‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 155 sur 164 · SENTENCE DE L’OFFICIAL D’AMIENS, RENDUE CONTRE LES ÉCHEVINS · texte numérisé non relu

SENTENCE DE L’OFFICIAL D’AMIENS, RENDUE CONTRE LES ÉCHEVINS

DE VIGNACOURT.

D’après l’acte que nous publions ici, les échevins de Vignacourt exigeaient des redevances sur les tenanciers de l’abbaye de Bertaucourt, pour les terres qu’ils tenaient de cette maison. Les religieuses de Bertaucourt portèrent plainte devant l’official d’Amiens, qui les déclara exemptes des tailles indues qu’on prétendait faire payer à leurs tenanciers.

Magister Ricardus, de Sancta Fide dictus, Ambianensis canonieus et officialis, omnibus present.es litteras inspecturis, in Domino salutem. Noverit universités vestra , quod , cum eeclesia de Bertodicurte traxisset in eau sam coram nobis scabinos de Vinacort, super hoc quod ipsi petebant, ut dicebatur, tallias et exactiones indebitas a tenentibus ejusdem ecclesie, pro terris quas de ipsa ecclesia tenebant, unde petebat dicta eeclesia ut nos dictos scabinos compelleremus ad eura quod tenentes sui ab hujusmodi talliis et exactionibus immunes remanerent; lite super hoc solemniter contestata, recep to a partibus de calompnia juramento, testibus quos dicta eeclesia produeere voîuit coram nobis ad in tendon em suam proban dam diligenter examinatis , post prestitum juramentuin , depositionibus eorum publicatis , factaque partibus copia earumdem,

février

ia35.

novembre.

et omnibus rite actis, nos attenclentes procuratorem dictomim scabinorum confessum fuisse, terras pro quibus ipsi scabini a tenentibus dicte ecclesie tallias hujusmodi exigebant , nec Joanni de Ambianis, domino ejusdem ville, nec ipsis scabinis in aliquo esse subjectas, cum ecclesia, tam per confessionem partis adverse quam per testes quos produxerat , intentionem suam sufficienter probavisset, de bonorum virorum et juris peritorum consilio, tenentes dicte ecclesie, ab hujusmodi talliis et exactionibus per sententiam definitivam immunes esse decernentes, dicto's scabinos, ne a predictis tenentibus tallias seu exactiones indebitas exigent pro terris quas de dicta ecclesia tenent , eadem sententia duximus condemnandos , questionem expensarum penes nos réservantes. In cujus rei testimonium, présentes litteras confici fecimus, et sigillo curie Ambianensis roborari. Actum anno Domini 1233, mense februario.

Biblloth. imp. , collect. de D. Grenier, xive paq. , n° 5 , fol. 5g r° ; — et une trad. de l’acfe, ibid. , p. 166.

TRANSACTION ENTRE LE COUVENT DE RERTAUCOURT ET LES ÉCHEVINS DE VIGNACOURT.

Cette transaction , qui a pour objet les tailles exigées des tenanciers de Bertaucourt, fut faite devant l’official d’Amiens. Elle contient, comme la précédente, une mention des échevins de Vignacourt, mais sans qu’on y trouve plus de lumières sur le nombre et les attributions de ces officiers. Nous ne possédons point le texte primitif de l’acte; nous nous bornons à en donner une traduction moderne, qui a été- conservée dans les manuscrits de D. Grenier.

Maître Ricard de Sainte-Foy, chanoine official d’Amiens, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Sachez que l’abbesse et le couvent de Bertaucourt, ayant mis en cause devant nous les échevins de Vignacourt, en disant contre eux qu’injustement ils exigeoient tailles de certaines terres que quelques particuliers demeurants à Vignacourt tenoient desdites abbesse et couvent; enfin, après plusieurs débats, l’abbesse et couvent d’une part et lesdits échevins de l’autre sont convenus devant nous en cette sorte : que lesdits échevins, lorsqu’ils lèveront lesdites tailles de ces particuliers qui occupent lesdites terres, ne feront aucune mention des terres devant dites ; et il est assavoir que, si lesdites

VIGNACOURT.

terres ou parties d’icelles sont venues au domaine desdites abbesse et couvent, Jean d’Amiens, seigneur de Vignacourt, ny lesdits escbevins, ne pourront à l’avenir demander aucunes tailles pour raison desdites terres ; mais s’il arrivoit que ceux qui occupent ces terres habitassent hors le village de Vignacourt et la seigneurie dudit Jean d’Amiens, ledit Jean ni les eschevins ne pourroient prétendre aucunes tailles des détenteurs d’icelles terres; et Jean d’ Autan, éche- » vin de Vignacourt, et les autres échevins pour le temps présent, ont juré devant nous dans le même village que doresenavant ils garderoient inviolablement cet accord. En témoignage de laquelle chose, nous avons délivré ces présentes lettres, qui ont été faites avec le scel de l’officialité d’Amiens, auxdites abbesse et couvent. Fait l’an du Seigneur 1235, au mois de novembre.

Biblioth. imp. , D. Grenier, xive paq. , art. 5, p. io5 v°.

VILLERS-BRETONNEUX.

NOTICE PRÉLIMINAIRE

Villers-Bretonneux, Villaris le Bretonex (na3), Villers le Bretonnenx (1221), Villare Belonis (vers 1225), Villarium de Br étonné ux , bourg de la Picardie situé à une lieue sud de Corbie, sur la chaussée romaine d’Amiens à Saint-Quentin, faisait autrefois partie du parlement de Paris, du diocèse, de l’intendance et de l’élection d’Amiens. Les habitants fabriquaient des serges à la fin du xvne et au xvme siècle. Villers-Bretonneux est aujourd’hui compris dans le canton de Corbie et dans l’arrondissement d’Amiens et possède 2,1 63 habitants.

Les coutumes de Villers-Bretonneux, adoptées en septembre 1607, sont parvenues jusqu’à nous; elles nous font connaître la constitution intérieure du bourg au xvie siècle, et à des époques antérieures.

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