‹ Recueil des monuments inédits de l'histoire du tiers état (volume 2)Chapitre 8 sur 164 · HISTOIRE DE LA POLICE URBAINE ET DE L’ASSISTANCE PUBLIQUE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA POLICE URBAINE ET DE L’ASSISTANCE PUBLIQUE

Il est inutile d’insister sur l’intérêt que présentent les questions de police urbaine , celles qui se rapportent à l’assistance publique, aux approvisionnements et à la salubrité pendant le cours du moyen âge. Les précautions prises par nos ancêtres dans l’enceinte plus ou moins resserrée de leurs vieilles cités, pour assurer, autant que le permettait l’état des connaissances, le bien-être matériel de tous, peuvent donner lieu aux rapprochements les plus instructifs.

Le soin des malades, des lépreux, des indigents, des enfants trouvés, occupe d’une manière constante l’échevinage d’Amiens. On trouve dans cette ville, dès les époques reculées, différentes sortes d’hôpitaux : i° la maladrerie ou léproserie de la Madelaine, fondée vraisemblablement dans la première moitié du xne siècle, et dont l’administration appartient exclusivement aux magistrats municipaux 1 ; a0 i’Hôtel-Dieu, maison destinée aux malades autres que les lépreux , et dont l’administration est un objet de litiges et de partages souvent renouvelés entre l’échevinage et l’évêque2; 3° l’hôpital de Saint-Quentin 3 ; 4° 1 hôpital de Saint- Nicolas en Coquerel 4; 5° l’hôpital de Saint-Charles et Sainte- Anne, auquel fut réunie, au xvne siècle, une nouvelle fondation de charité qu’on appelait le bureau des pauvres 5.

Au nombre des mesures de bienfaisance prises dans la ville d’Amiens par le^ membres de l’échevinage, se trouvent les pensions données aux médecins pour soigner les malades pauvres

3 Tome II, page 597.

4 Tome II, pages 57 et 192.

5 Tome III, page 142.

1 Tome Ier, pages 62, 267.

2 Tome Ier, page 5o2; tome II, pages 186, 687, 945.

PREFACE

dans les temps d’épidémie, et la tutelle publique instituée pour les orphelins. Ces derniers ont, pour le soin de leuifc intérêts, un conseil formé de magistrats municipaux, et les sommes qui leur appartiennent ou qu’ils peuvent recueillir sont conservées dans la caisse communale et désignées dans les comptes de la ville sous le nom de deniers mis en warde. En i 566, la commune d’Amiens, pour éteindre la mendicité, faire cesser le vagabondage et procurer du travail aux indigents, crée un bureau des pauvres , dont l’organisation ne fut complète que plusieurs années après. En 1673, une assemblée générale des trois états de la ville arrête définitivement la formation du bureau, et décide qu’une taxe sera imposée à tous les habitants, selon leur fortune, pour fournir à son entretien \

La police et la salubrité publique sont l’objet de nombreuses délibérations municipales. L’échevinage prohibe le port des armes dans la ville, soit de jour, soit de nuit; le guet et la milice bourgeoise veillent à la sûreté des habitants, en même temps qu’à la défense des murailles. Dans la deuxième coutume citée plus haut, on trouve des dispositions importantes sur la police intérieure ; les statuts des métiers offrent aussi diverses mesures, destinées à empêcher que l’exercice de certaines professions industrielles ne nuise à la santé publique. On voit dès le xme siècle, à Amiens, un abattoir comjnun, désigné dans les anciens actes sous le nom de lieu de ï escorcherie2 .

1 Tome 1er, pages 125, 2 3y; tome II, pages 101, 186, 759, 797, 837.

2 Tome 1er, pages 55 1, 243.

PRÉFACE

HISTOIRE DE L’iNSTRUCTION PUBLIQUE; ENSEIGNEMENT MUNICIPAL.

Il y avait à Amiens, au xive siècle, un établissement d’instruction publique appelé les Grandes Écoles ou la maison de Saint- Nicolas aux pauvres clercs. Cette maison , gouvernée par un principal et des professeurs, comme les collèges de l’université de Paris, dépendait, comme ceux-ci, du chapitre de l’église cathédrale. Le revenu d’une prébende, qu’on appelait la prébende préceptorale , était spécialement affëcté âux frais du collège, et en outre trois chapelles, fondées par des particuliers, entretenaient, à ce qu’il semble, autant de professeurs à la nomination du chapitre. On ne peut dire si l’échevinage participait alors aux dépenses et à l’administration du collège d’Amiens ; mais il est prouvé qu’au milieu du xvie siècle ce collège était dirigé par un supérieur pensionné de la ville et nommé par l’évêque, sur l’avis des magistrats municipaux.

En i683, l’évêque Geoffroy de la Marthonie résolut de chan* ger la constitution de cet établissement et d’en céder la propriété et la direction à la célèbre compagnie de Jésus. L’échevinage, consulté à cet égard, consentit à la cession faite aux jésuites, et arrêta qu’ils seraient mis en possession des bâtiments et des revenus du collège, à la charge par eux d’y donner l’enseignement gratuit. Dix ans plus tard, à la suite d’obstacles survenus dans cette affaire, l’échevinage arrêta de nouveau que l’administration du collège d’Amiens serait remise aux jésuites; que ceux-ci l’exerceraient sous l’autorité de la ville, et qu’ils pourvoiraient à l’entretien des boursiers. Il fut décidé qu’on leur laisserait les deux cents écus de pension autrefois payés au principal , jusqu’à ce qu’ils eussent complété personnellement les fonds nécessaires

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