DOCUMENTS RELATIFS À LA COMMUNE D’HJERMONT
Le 5 octobre î 192 , une charte de commune fut accordée aux habitants d’Urermont par Guillaume lil, comte de Ponthieu. Cette charte, en trente-deux articles, reproduit exactement celle d’Abbeville h Le texte original n’a point été retrouvé, et nous ne la connaissons que par la traduction française qu’en a donnée le père Ignace , en i646, et d’après laquelle nous reproduisons les deux articles suivants :
. 3o. Et n’est à oublier que mes dits hommes seront tenus de me paier
tant seulement trois aydes, au prix de la valeur de vingt sols six deniers de la
* Le sceau de la commune d’Hiermont l'eprésentait un homme à cheval armé d’une épée.
5 Octobre.
COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE
monnaye de Ponthieu , à sçavoir pour faire mon fds chevalier, pour marier ma fille et pour racheter mon corps de cgiptivité.
3i. Et, en outre, j’ay accordé à mes dits hommes d’avoir leur banlieue franche et cjuitte, jusques à Manastre, jusques à la voie de la Ouatte, jusques à le Trenquie, et jusques au terroir de Conteville et de Benatre; encore, si par adventure quelque querelle se trouvait au temps advenir entre moi et mes dits sujets, qui par ce présent escrit ne peut estre mise à fin, elle sera déterminée par la communauté d’Abbeville.
Le père Ignace de Jésus Maria, Histoire des mayeurs d'Abbeville, i646, in-fol, p. 84 et suiv.
Voici quelques notes de dom Grenier concernant l’échevinage d’Hierinont au xviiU siècle.
Il n’était pas permis aux maire et échevins d’Hiermont d’ébrancher ni d’abattre des arbres sur les places publiques sans avoir au préalable fait assembler à l’échevinage les anciens officiers municipaux pour demander leur consentement; mais ils pouvaient de leur pleine autorité faire démolir les cheminées et les fours, s’ils ne les trouvaient point en bon état, et se faire accompagner dans leurs visites par des maçons et des charpentiers. — Les habitants de Villeroye pouvaient former appel devant eux des jugements de leurs échevins.
Les bourgeois d’Hiermont, qui tenaient à cens ou à rente des maisons ou ténements dans la banlieue, avaient la faculté de les rendre au seigneur quand ils voulaient, et même de le forcer judiciairement à accepter leur renonciation. Ils avaient, de plus, le droit de prendre à un étranger toutes les denrées ou marchandises qni lui auraient été vendues par un autre habitant de la commune, à condition de lui rembourser le montant de ce qu’il avait acheté. — Les magistrats municipaux pouvaient prélever, pour les besoins de leur , commune et pour le vendre à son profit, le dixième sur toutes les subsistances ou marchandises qu’on y amenait.
Histoire de la ville et châtellenie d' Hiermont , par M° Godde, prêtre, rédigée en 1 738 d'après le trésor littéral de cette ville. — Dom Grenier, Index topographique, xxiv‘ paquet, au mot ; Hiermont.
NOTICE PRÉLIMINAIRE
Chef-lieu de canton de l’arrondisseinent d’Abbeville, ce bourg, qui compte aujourd’hui 1,782 habitants, est désigné sous les noms latins de Crisciacus, Cricecus, Crisciagas , Clirisciacas, auxquels 011 ajoute ordinairement in Pontio, en Ponihieu, et sous les noms français de Cresci et Cressi, qui se montrent, le premier au xii® siècle, et le second au xiii®. Les rois mérovingiens y possédaient un palais, dans lequel Clotaire III confirma, le i'^*’ janvier 662, un échange entre l’évêque de Soissons et l’abbé de Sithiub Au mois d’avril 709, Childebert III y adjugea deux métairies, situées dans le comté de Talou, Talanciiim, qui se trouvait au delà de la Bresle, entre cette rivière et la vallée d’ Arques; et c’est dans ce même palais que Leudesius fut tué parEbroïn. La tradition a vaguement conservé le souvenir de cette habitation royale, et l’emplacement en est encore indiqué par des restes de fondations très-étendues, au milieu desquelles on a découvert une grande quantité de monnaies mérovingiennes.
En i346» Ig 26 aoiit, Crécy et les coteaux sur la pente desquels il est situé furent le théâtre de l’iin des plus grands désastres militaires de notre histoire. Le bourg, occupé par les Anglais et attaqué à diverses reprises par la chevalerie française, eut beaucoup à souffrir. Il fut ruiné de nouveau en 1872 et en i485. Enfin, il fut in-
‘ FVédégaire. Cotiection Guizot, t. If, p. 233. — Reruni (jallic. et franc, script, t. II, p. /|5o; III , p. 3o5.
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Août.
cendié en i 635, à la suite d’une attaque des Espagnols L Crécy avait, au moyen âge, des fortifications qui furent rasées en lôqo.