ACCORD PASSE ENTRE L’ABBÉ DE CORBIE ET JEAN, SEIGNEUR
DE MAISNIÈRES.
Six ans après le jugement rendu à Sentis, les deux coseigneiirs, c’est-à-dire l’abbé de Corbie et Jean de Maisnières, firent im accord pour régler leurs droits respectifs et ceux des habitants, qui se trouvaient replacés sous le régime féodal. Voici les principales dispositions de cet accord :
COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE
Octobre.
La commune ne sera jamais rétablie; les terres et masures que Jean tenait en fief de l’abbaye de Corbie seront estimées par des experts. Ce seigneur prendra dans les deux marais de Maisnières celui de ces marais qu’il jugera convenable, et l’autre marais restera tout entier aux habitants de la commune. Les hommes de Maisnières qui payaient i 5 livres pour la commune, au seigneur, continueront à lui payer la même somme pour l’avouerie. Trois personnes honorables, nommées chaque année par l’abbé de Corbie et le seigneur, éliront six autres personnes, dont quatre seront prises parmi les vassaux de l’abbé et deux parmi ceux du seigneur, pour faire l’assise sous la foi du serment, de la même manière qu’au temps de la commune. La police, le revenu, la régie des fours d’Aigneville et d’Hocquelu, ainsi que la nomination du garde messier de la commune , appartiennent à l’abbaye et au seigneur. Les bans, c’est-à-dire la publication des actes et ordonnances, seront faits par l’église et sur la place, avec fautorisation de fabbé et du seigneur; ceux intéressant la vicomté se feront sans le consentement de fabbé.
Nous reproduisons les passages de faccord qui ont trait à fhistoire communale.
Noverint universi présentes pariter et l’uiuri, quocl, cum contentio verteretur inter ecclesiam Corbeiensem ex una parte et dominum Johannem de Manexiis ex altéra, super communia de Manei’iis et pluribus aliis querelis, de consiiio prudentum viiorum, de consensu parcium, composuerunt in hune modum, ita quod communia de Maneriîs cadit et amplius non erit; de omnibus terris et tenementis que sunt de feodo ecclesie Corbeiensis, que dominus Johannes tenet, très milites in quos ecclesia et dominus Johannes compromiserunt, inquirent valorem terral'um et tenamentorum .
De duobus autem pratis de Maneriis dominus Johannes capiet illud quod volet et aliud pratuin ad communitatein totius ville remanebit. . . . •
Homines de Maneriis, tam homines dicte ecclesie quam domini Johannis, et quidam alii homines, qui solvex’e solebant lempore communie quindecim libras domino Johanni et heredibus suis hei’editarie annuatiin in festo sancti Remigii, solummodo nomine advocationis reddere tenentur, et non nomine communie; et si nos, vel homines nostri de Maneriis, possemus invenire l'edditus vendendos
MATSNIERES.
infra comitatum Pontivensem , licebit nobis, vei hominibus nostris, emere tantum in redditu quantum homines nostri dicto Johanni tenentur reddere de dictis xv li-
bris; et de hoc homines nostri erga ipsum remanebunt immunes .
Abbas Corbeiensis eliget singulis annis duos legales homines suos, et dominus Johannes tercium de hominibus suis ; et illi très per sacramentum suum eligent quatuor de hominibus ecclesie fideles et duos de hominibus domini Johannis; et illi sex facient assisiam per sacramentum suum, eodem modo quo fieri solebat tempore communie de Maneriis. Istam vero pacem, sicut superius est expressa, dominus abbas ex una parte et dominus Johannes de Maneriis ex altéra observare
tenentur h
Bibl. imp. Cartitlaire liane de Corhie ,
' Dans une autre copie de cette pièce qui est transcrite, dans le même volume, à la suite de la phrase : «Quo fieri solebat tempore quo communia erat apud Manerias,» on lit ; « Assista vero reddetur coram preposito seu ballivo ecclesie quantum ad homines ecclesie pertinel; et tune prepositus vel ballivus precipiet hominibus ecclesie quod dictam assisiam in festo heati Remigii dicto Johanni reddant; qui nisi fecerint, prenominatus J. vel ejus bercs de rebus eorum caperepoterit , sicut superius tactum est.
. De furnis autem de Agnivilla et de
Hokeuliu, sciendum est quod ecclesia Corbeie in omnibus habet medietatem et dictus Johannes aliam medietatem , ita quod utei'que debet ponere medietatem in omnibus sumptibus et custibus, et ibi lurnarium uterque communiter debet ponere; similiter et in villa de Maneriis et in appenditiis, de suo communi assensu, custodes segetum ponere qui commimitati ville deservianl. Banni autem qui fient pro communitate ville, in ecclesia et platea fient de con-
° 20, fol. 82 r“.
sensu ecclesie et dicti Johannis communiter. Alii vero banni pertinentes ad vicecomitatum fient absque licentia ecclesie .
Facta est autem bec compositio, salvo jure in omnibus majoris ecclesie Corbeie de Maneriis et vicecomitis domini Johannis. In cujus rei testimoniuin veritatis et munimen , presens scriptum sigillis dictorum abbatis et conventus ex una parte, et dicti Johannis de Maneriis , militis, ex altéra, suo communi assensu roboratur. Actum Corbeie, in crastino beati Luce evangeliste , anno gratie .M® cc° vicesimo quinto , mense octobri. » — Bibl. imp. ihid. fol. 84 v°.
Le terrier de Ponthieu contient diverses pièces qui se rattachent plus ou moins directement à l’histoire de la commune de Maisnières ; ces pièces sont : un texte français de f accord ci-dessus reproduit, et trois actes intitulés : Lettres de Corhie contre Maujmercs , datées de décembre 1280, avril 1244, et mai 1288. — Bibl. imp. fonds des cartulaires, n° 65, fol. 65 et 7 I .
COMMUNES DE LA BASSE PICARDIE
GAMACHES
NOTICE PRÉLIMINAIRE
Chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Abbeville, le bourg de Gamaches, qui compte aujourd’hui 1,989 habitants, est mentionné pour la première fois sous le nom de Gualimacjo , dans la Vie de saint Valéry, qui fut écrite au viii® siècle; il prit, à la fin du xi® siècle, un accroissement rapide, lorsque le sire de Saint-Valéry, Bernard II, y eut fait construire un château et une église collégiale, défendus par des fortifications importantes dont il restait encore des vestiges au dernier siècleL Gamaches eut à soutenir plusieurs sièges, enire autres en i420 contre les Anglais, en 1472 contre les Bourguignons, ainsi qu’à l’époque de la Ligue. Le duc de Mayenne s’y retira après la bataille cl’ Arques, mais il fut contraint de l’évacuer devant l’armée de Henri IV. Ce prince, après en avoir pris possession en personne, y laissa une garnison qui fut peu après attaquée par les ligueurs d’Abbe-
‘ Gamaches est une des rares localités du Ponthieu qui ont conservé quelques-uns de leurs titres. Voici, d’aprfes les renseignements fournis en 1869 par M. Bui'bée, faisant fonctions de maire de cette ville, les principales pièces de ses archives qui se rapportent à l’histoire de la commune :
Traduction en français de la charte de commune -,
Deux copies des coutumes locales envoyée > au hailiy d’Amiens pour la rédaction des coutumes, le 20 septembre 1607 ;
Une autre copie authentique délivrée par le grefiier en 1 779 ;
Un extrait des coutumes de Saint-Quentin qui ont servi de base à celles de Gamaches;
Diverses pièces concernant lesbiens communaux et les droits de travers, de 1618 à 1782;
Comptes de la ville de Gamaches, de 1875 à 1791;
Inventaires des titres de la commune en
Registres de i’échevinage de i.'iôS à 1777.
GAMACHES
ville. A dater de ces derniers temps, nous ne rencontrons aucun l'ait qui mérite d’être mentionné.
Les armoiries de Gamaches, qui prenait et prend encore le nom de ville, étaient d’argent aa chef d’azur, à la bande de gueules sur le [out\